FOIRE.
FOIRE.
tomber tout-à-fait leur crédit & leurs franchises, el-les avoient enfin été íl négligées, que fur la fin duXVII® siécle à peine restoit-il quelque souvenir deleur premier éclat, df des richesses que le com-pterce qui. ‘s’y íaiso,it, avoit autrefois apportées aXroyes, * ;& .de -la Capitale répandues dans tout iercíìe de la Province.
Ce íùt dans- le dessein de les rétablir, que lesMaire,A Echevins, & les Marchands 6c Habitansde,Xroyes, présentèrent a Louis XIV les titres dela concession & Confirmation de leurs anciennes Foi-res, & des privilèges qui y étoient attribués, &qu’ris en. ; deiuandérent lê rétablissement. Sur leurrequête j ils .obisinreitt; un Arrê t du .27 Août 1697*portant la permission de rétablir dans: leur, Ville deuxFoires franches dé huit jours coníëcritifs chacune jnon-compris les Fêtes ,6c Dimanches.
L’une de ces Foires est fixée au lundi d’après lefecpnd Dimanche sie Carême, 6c l’autre au ir Sep-tembre ; pendant lesquelles, comme porte ce pre-mier Arrêt , toutes l.e% marchandises manufactu-rées ,.pu apprêtées dans; la Ville 6c Fauxbourgs dé■Tí oyes , qui y feroient vendues , après avoir été dé-baçées &■ exposées , en vente , pourroient sortir def étendue des cinq grosses Fermes, 6c du Royaume,fans payer aucun droit de sortie, a la réserve desdroits.locaux; pourvu néanmoins qu’elies sortissentdebout, 6c sans aucun entrepôt: lavoir, celles quiferoient destinées pour les Provinces d’Alíace, Lor-raine, Franche-Comté, 6c pour l’Alìemagne , dansle tems & espace de 12 jours , a compter de la daredu certificat de ia sortie de la Ville ; 6c dans ? espacede 20 jours, pour les autres Pais étrangers , 6c Pro-vinces réputées étrangères.
Cette restriction de la franchise de la Foire , auXseules marchandises manufacturées ou apprêtées dansla Ville 6c F uxbourgs de Xroyes , 6c quelquesautres conditions onéreuses ; comme, entfautres ,celle , que ieídites marchandises seròient plombéespar les Commis de la Ferme , avant d’être mises al’apprêt* rendant presque inutile ie rétablissement deces deux Foires,les Maire, Echevins 6c Habitans lepourvurent de nouveau au Conseil, où fur leurs re-montrances le Roi leur accorda la franchise entière ,par un nouvel Arrêt du 13 Décembre 1701. à lacharge néanmoins quai n’auroit son exécution, qu’acommencer au i r Octobre 1703.
Par ce second Arrêt, ií eit ordonné, Que toutesmarchandises, de quelque qualité qu elles soient ,tant celles qui auroient été iabriquées & apprêtéesdans ia Ville de Xroyes, & ses Fauxbourgs , qu’au-tres, qui feroient vendues le tems des deux Foiresrétablies par f Arrêt de 1697. après y avoir été dé-bahées, 6c exposées en vente, pourroient sortir ,soit de l’étendue des cinq grosses Fermes, soit duRoyaume, sans payer aucun droit : à la charge parles Marchands, ou Commissionnaires, qui les au-roient achetées, d’en faire leur déclaration au Bu-reau des Fermes de ladite Ville , par quantité, qua-lité, poids & nombre de pièces, balles ou ballots ,ensemble du lieu de, leur destination , & du Bureaupar lequel elles doivent sortir; en conséquence dequoi, les Commis des Fermes donneroient des cer-tificats gratis de la sortie des marchandises de la Vil-le de Xroyes, visés par les Maire & Echevins, &par un des G irdes établis aux portes de ladite Ville :ordonnant quant au reste l’entiére exécution de l’Ar-rêt de 1697.
II est aussi porté par P Arrêt de 1701. qtiepourfaciliter l’achat 6r vente des marchandises dans les-dites Foires, le Sr. de Pommereu, alors Intendantde Champagne, choisiroit une place convenable,pour servir de champ de Foire dans l’endroít de laVille, qui seroit troyvé le plus commode ; aprèsavoir fur ce entendu les Maire & Echevins , les Offi-Diclion. de Commerce. Xom. I I.
eìers de Police, les Marchands, 6c les Habitans de laVille.
FOIRES DE S. DENIS.
L’une des deux Foires qui se tiennent tous lesans a 8. Denis, petite Ville de l’Ifle de France , dansle voisinage de Paris , la rendoit autrefois encoreplus fameuse , que la richesse 6c les privilèges de sonAbbaye.
. Cette Foire se nommoit, & se nomme encore leLandy , nom, de I’étymologie duquei les Auteursne conviennent pas, mais dont on ne s’arrêterapoint ici à concilier les opinions. On ne rapporterapas non plus ce qu ils racontent d’extraordinaire delès privilèges, & de cette célèbre Procession duRecteur de i’Université de Paris , qui y a lloit cha-que année à la tête de ses Facultés, qui éroit si nom-breuse , qu'on prétend que les premières bandes deses Suppôts & de ses Ecoliers , étoient déja entréesdans 8. Denis, que les derniersffétòient pas encoresortis des Mathurins , lieu ordinaire des Assembléesde i’Université.
On ne parlera donc ici dé la Foiré du Landy, quefur lepié qu'elle est présentement pour le commercequi s’y fait 3 se réservant d’en dire ailleurs quelquesautres particularités. VòyeZ Landy.
La Foire du Landy est la première des deux Foi-res franches , qui sc tiennent a 8. Denis. Elie com-mence le lundi d’après la S. Barnabé, Fête qui arrivéle 11 e du mois de Juin , & dure quinze jours. L’au-tre se tient au mois d’Octobre, le lendemain de laFête de S. Denis ; celle-ci ne dure que huit jours.
L’une & l’autre Foire a les mêmes franchises &les mêmes privilèges-, que la Foire de S. Germain,qui sc tient a Paris, qui, comme on l’a dit, neconsistent en aucune diminution ni remise de droitsRoyaux, ou de dyoits locaux ; mais en la seule li-berté qu’ont les Marchands Forains, d’yapporter,vendre, troquer 6c échanger toutes sortes de mar-chandises pendant tout le tems de leur durée.
Le principal commerce qui s’y fait, est de draps& étoffes de laine, ou mêlées de foie & de laine ,qui y arrivent de plusieurs Provinces du Royaume ,particulièrement de Champagne, de Picardie , dePoitou, &c.
Iin’y a guéres que celles de Poitou, ou des Ma-nufactures établies fur cette route, qui passent parParis ; les autres étant transportées en droiture à S.Denis : où font pareillement renvoyées toutes cel-les qui viennent a la Douane de Paris, mais fans queles balles en soient ouvertes, ni visitées , dont ellesfont exemtées, en représentant par les Voituriers ,aux Visiteurs & a l’Inspecteur des Manufactures,leurs Lettres de voiture, ou leurs factures, portantdestination pour lesdites Foires.
Xoutes ces marchandises entrant en Foire font te-nues à deux visites; l’une gratuite, qui est celledes Inspecteurs ; l’autre aéec le payement de droitsplus ou moins forts, selon la qualité des étoffes. Cel-le-ci est la visite des Maîtres & Gardes de la Dra-parie & de la Mercerie de Paris, dont on a parléau paragraphe de la Foire de S. Germain.
Les Inspecteurs des Foires de S. Denis, font lesmêmes que ceux établis pour cette autre Foire, c’est-a-dire, celui de la Halle aux draps dè Paris, & ce-lui de Beauvais.
Les droits des Maîtres & Gardes font aussi les.mêmes, & se payent, comme on l’a dit, fur le piede 20 f. rc f. ï si ou 3 f. par pièce , suivant qu’il estarrêté par le Tarif dressé au Conseil le 30 Décembre1704. Voyez ci-dejfus la F'oire de S. Germain.
Si l’on en croit les Lettres Patentes de Louis XIaccordées aux Abbé & Religieux de Saint Denis,pour le rétablissement de cette, Foire , elle n’est guére
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