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de Versailles ; & chaque Sculpteur fondoit son ou-vrage dans son attelier. Mais Mr. de Louvois ayantété pourvu de la Sur-Intendance des Bâtimens ,établit en 16S4. les Fonderies de i’Arsenal, & endonna l’inspection aux Srs. Kellers de Zurich , Com-missaires ordinaires des fontes de France; & c’estde la que font sortis depuis tant d'excellons ouvra-ges, qui embellissent le séjour délicieux de Ver-sailles.
Pour la fonte des canons, elle est tout-a-faitmoderne, & il seroit à íouhaiter qu’on ignorâtencore l’art de fabriquer des machines si meur-trières.
Tous les Auteurs conviennent que les premierrscanons n ont été fondus que dans le XIV e siécle;mais quelques-uns en avancent l’invention devantTannée 1338. & d’autres la reculent jufqu’aprèssaunée 1380. Quoi qu’il en soit de ces deux opi-nions , il faut convenir .qu’on n’est que trop tôtdevenu habile a les perfectionner , & qu’il n’y apas d’apparence qu’on fasse rien de plus parfait ence genre que ce qui a été fondu, depuis le milieudu XVII e siécle, dans la plupart des fonderies deFrance.
Les principales de ces Fonderies étoient cellesde Douay, Pignerol & Besançon pour les arme-mens de terre, avant que deux Traités de paixeussent enlevé quelques-unes de ces places a laFrance : mais elles ont été depuis établies avec lamême réputation dans d’autres places frontières.
A Pégard des armemens de mer , les plus con-sidérables Fonderies ont toujours été & font en-core v celles de Brest, de Toulon, & du Port-Louïs.
Les Fonderies de l’Arsenal de Paris bâties en1Ï49. fous le régne d’Henri II, ont long-tems four-ni d’excelientes pièces d’artiíierie ; mais les frontiè-res du Royaume s’étant beaucoup éloignées de laCapitale par les conquêtes de Louis XIV, & laconduite du canon engageant â de trop grandes dé-penses, on n’y a plus travaillé depuis 1670; & com-me on l’a dit ci-dessus, elles ont été destinées à uneFonderie Royale des statues, & autres ouvrages poufles bâtimens du Roi.
La fonte des cloches tient pour ainsi dire ie mi-lieu pour f antiquité , entre celle des statues & cel-le de l'artillerie, étant de bien des siécles plus nou-velle que la première , & ayant été pratiquée 11ou 1200 ans plutôt que la seconde.
L’usagé des cloches est ancien dans PEglife d’Oc-cident pour appeller les fidèles au service divin : ons’en est aussi servi dans l’Eglife d’Orient; mais pré-sentement qu’eile est presque toute sous l’Empire duTurc, le Père Wanjleb assure dans fa seconde rela-tion d Egypte, qu’il n’a trouvé de cloche qu’en unseul Monastère de la haute Egypte, où elle avoitété transportée d’Europe.
Comme il y a de la mode dans toutes choses, oria poussé si loin celle des cloches en Occident, qu’ony en volt, & particulièrement dans quelques Egli-ses de France, qui font d’un poids qui paroîtroiténorme, si celles de la Chine ne les furpassoientbeaucoup.
Le cloche qu’on nomme a Rouen George d’Am-boife, fondue fous le régne de Louis XII passe 36milliers, & celle de Paris appellée Emmanuelle, quil’a été en 1682. sous celui de Louis XIV eírdupoids de 31 milliers : ce qui pourtant comparé avecles cloches de Nankin & de Pékin, dont le Pèrele Comte Jésuite nous a donné la dimension & la pe-santeur dans ses Mémoires, doit paroître peu dechose, la cloche de Nankin étant de Ço milliers , &la cloche de Pékin de plus de 120 milliers.
II ne faut pas non plus oublier la cloche de Mos-cou , qui pèse 66000 livres , que quelques Auteurs,ct même très modernes , estiment ia plus groslè clo-ici ion. de Commerce. Tom, II.
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chedu monde, & qui la seroit-en effet, si l’on pou-voit douter de la bonne soi du célébré Auteur desMémoires de la Chine.
II y a quelques Fonderies de cloches dans Pa-ris ; mais les ouvrages qu’on y fond sont peu con-sidérables, soit pour la fabrique, soit pour le'poids. C’est ordinairement fur les lieux, & prochedes clochers où elles sont destinées, qu’on établit lesFonderies , & qu’on travaille au moule des cloches,où il doit entrer une grande quantité de métal, acause de la difficulté du transport. U Emmanuelle dëParis, dont on vient de parler, fut fondue fur le Ter-rain, lieu alors vague fur la rivière de Seine pro-che le Cloître de Notre-Dame, mâis où depuis ona planté un agréable jardin.
Fonderie. C’est le premier & principal atte-lier des blanchisseurs de cire. On y en fond de troissortes ; la jaune, qui fe grelotte pour la première fois;la demi-blanche,qui passe pour la seconde fois; & lagreloire & ia blanche, qu’on met en pain. Voyez l’Ar-ticle de la CiRE , â /’endroit où l’on parle de la Manu-fallure dAntony.
FONDEUR. Celui qui fond les métaux.
On a traité très au long a l’Article de chaque mé-tal, de la pratique observée dans les mines pour yfondre le minerai ou pierre minérale. Ici l’on vaparler de la fonte de divers ouvrages de cuivre &de bronze que font les ouvriers qu’on nomme plusproprement Fondeurs.
On doit distinguer deux sortes de Fondeurs; lesuns qui fondent les grands ouvrages, comme les sta-tues, les cloches, les canons, les mortiers a jetterdes bombes, & autres semblables : les autres , quine fondent que de legers ouvrages, tels que sontdes croix d’Eglifes, des chandeliers , des ciboires ìdes encensoirs, des lampes, des bossettes, &c.
Ces derniers Fondeurs composent une des Com-munautés des Arts & Métiers de la Ville & Faux-bourgs de Paris, de laquelle on va d’abord parler ;après quoi l’on dira quelque chose des Fondeurs dëgrands ouvrages, & de lëurs fonderies.
Fondeurs , Mouleurs en terre & en fable .
La Communauté des Fondeurs avoit des Statutsdès l’an 1281. ils furent renouvelles, augmentés,coïrigés & approuvés en 15:73. par des Lettres pa-tentes de Charles IX du 12 Janvier, enregistrées auParlement & au Châtelet les mêmes mois ct an. Ilne s’y étoit depuis fait aucun changement ; & ce n’a.été qu’en 1691. que les Chargés de Jurés créées en ti-tre d’Offices par la Déclaration du Roi Louis XIVde la même année, ayant été incorporées & réuniesa cette Communauté par Lettres patentes du 9 No-vembre, il fut ajouté à leurs Statuts quelques arti-cles , dont les principaux concernent les droits de ré-ception des Aprentifs & des Maîtres.
Les Maîtres de cette Communauté sont qualifiés.Maîtres Fondeurs, Mouleurs en terre & fable, Bof-fetiers , Sonnetiers, Ciseleurs, & Faiseurs d’instru-méns de Mathématique de la Ville & Fauxbourgs déParis. •
Les ouvrages de cuivre qu’ils peuvent fondre ,commencer , parachever & reparèr , font des croixgarnies de leur Crucifix, des ciboires , encensoirs &chandeliers pour le service & décoration des Eglises;tous les ouvrages de cuivre & leton íervans aux har-nois de chevaux & mulets, comme bossettes, bou-cles , &c. ceux propres aux carosses, berlines, litiè-res , tant du dedans que du dehors ; des clous defonte de toutes sortes ; des mortiers, cloches , son-nettes , timbres d’horloges ; enfin tout ce qui fe peutmouler ct fondre en fable avec le cuivre, le letonct l’airain.
La Communauté est conduite par quatre Jurés ,dont deux sont élûs chaque année ; c’est k eux âfaire les visites, & ils doivent avoir un poinçon
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