Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

5i i F O N C. F O N D.

monter la Seine; & c’est sur des Foncets.qu’onamène a Paris de Rouen, & des Villes de Nor-mandie situées fur cette rivière, les bois, les épi-ceries , & autres marchandises & denrées pour laprovision de cette Capitale. II y a auffi les Foncetsd’Qise, qui sont avec Paris le commerce de la Pi-cardie.

Les Foncets de Seine font les plus grands, &

11 y en a qui ont jusqu'a 27 toises entre chef &quille, c’est-à-dire, 4 a ? toiles & plfis de longueur,que n’out les plus grands vaisseaux qui navigent furrOcéan, & qu’on appelle vaisseaux du premierrang.

II entre dans la fabrique d’un Fonces de la plusforte jauge , jusqu’a 2200 pièces de bois réduites aucompte des Charpentiers. Les Foncets se tirent avecdes Chevaux, & il y en a où l’on met dessus jusqu’à

12 courbes, c’est-a-dire, 24 Chevaux.

FONCIERE. Terme de marchandise d’ardoise.

C’est le lit de l’ardoise, ce qu’òn nomme un bancdans les carrières de pierres de taille. Les Ordon-nances de la Ville de Paris de 1672. règlent de quel-le Foncière doit être tirée l’ardoise destinée pourcette Ville. Voyez Ardoise.

Foncière. Rente Foncière. C’est celle qui estdue par un bail à rente, provenant de i'aliénationd’un fond, auquel elle est spécialement hypotèquéeÒc non rachetable.

FOND, en terme de manufacture. C’est le champ,ou pour ainsi dire, la partie inférieure des étoffessur laquelle paroissent comme peintes ou attachées,les fleurs arabesques, compartimens, feuillages, &autres ornemens dont on les enrichit en les travail-lant fur le métier.

On dit, Un brocard a Fond d’or, ou a Fond d’ar-gent, parce que c’est fur l’or ou íùr Pargent, queles fleurs font travaillées. On dit au contraire , une 'étoffe Fond cramoisi, à fleurs d’or, ou à fleurs na-turelles , lorsque c’est fur un champ de soie cramoi-sie , qu’on a employé l’or ou des soies de diversescouleurs, pour y représenter des fleurs.

Fond. Est aussi la couleur qui domine le plusdans les draps qu’on appelle Draps mélangés. VoyezFeutre, à rendrait où Von y parle du mélange deslaines.

On dit, que le Fond d’un drap de laine est tropdécouvert ; pour faire entendre, qu’il a été tondude trop près, & qu’il n’a pas assez de poil du côtéde l’endroit.

Fond , en terme de Sellier-Lormier-Faiseur decaroffes. Se dit de Pendroit du. dedans de caroise ,où les personnes qui y entrent peuvent s’asseoir.

Les grands caroffes & les berlines font a deuxFonds, l’un devant, l’autre derrière : les caroffescoupés & les calèches n’en ont qu’un ; mais souventau lieu du Fond de devant, ils ont ce qu’on nommeun strapontin ; le Fond de derrière est la place ho-norable du carosse. Voyez Carosse.

Fond de cale. Terme de Marine, qui se ditde la partie la plus basse d’un vaisseau.

C’est proprement le magasin d’un navire mar-chand ; le lieu où l’on met les marchandises, dumoins celles qui font les plus pesantes & les plussujettes à se gâter. Les autres se placent & s’arran-gent entre deux ponts , sur-tout dans les naviresmarchands des Hollandois , dont le Fond de cale estpeu profond , & les entreponts fort élevés.

Pour connoître le port & la capacité d’un vaisseau& en régler la-jauge, le Fond décalé, qui est lelieu de fa charge„ doit être mesuré à raison de 42piés cubes pour tonneau de mer. Voyez Jauge.

Fond. Se dit aussi des douves qui bouchent ouqui ferment les deux bouts, ou extrémités des ton-neaux ou futailles servant a mettre des liqueurs &autres marchandises.

Dans les tonneaux qui se défoncent d’un côté pour

FOND. 5ï2

les emplir’, comme dans ceux où viennent les dro-gues & les épiceries, on les appelle des Enfonçures.

Fond , ou Fonds. Signifie toutes les marchandi-ses d’un Marchand. Ce Marchand s’est retiré , il avendu son Fonds. II se dit pareillement des machi-nes , métiers, inslrumens, & ùtenciles serrans k uneManufacture.

Fond, ou Fonds. C’est encore l’argent que lesMarchands & Négocians mettent dans leur Com-merce, dans leur négoce.

On appelle Fonds capital, le total du montant deseffets d’un Marchand , d’un Négociant.

11 a la même signification dans les Sociétés ; dansles Compagnies de Commerce, & dans les cargai-sons des vaisseaux Marchands. Le Fonds de nôtre So-ciété est de 50 mille écus : la Déclaration du Roi aréglé le Fonds de la Compagnie d’Occident k 100millions : Ces Armateurs on fait un Fonds de jooooslivres pour la cargaison du navire qu’ils font partircette année pour la Chine. Et ainsi de toutes lesentreprises de Commerce.

FONDER. Ce terme a quelque usage dans leCommerce, mais feulement dans certaines Provin-ces de France. 11 signifie établir des fonds pour unnégoce.

FONDERIE. Se dit en général de l’art de fon-dre toutes fortes de métaux : il se dit auffi du lieuoù il y a des fourneaux destinés a cette fonte. Effi-lage cependant semble avoir réservé ce terme a l’artde fondre, & aux lieux où l’on fond les ouvragesde bronze, comme les statues, les canons, les clo-ches & autres semblables.

On le dit pourtant aussi de l’attelier, où se fondentles caractères d’Imprimerie.

J)e t art de fondre les Statues , les Canons & lesCloches.

L’art de fondre des Statues, ou, comme on ditprésentement, de les jetter en bronze , est très an-cien ; & d’une si grande antiquité, qu’il semble queson origine soit échapée k Pline , cet Auteur si ha-bile a découvrir les inventeurs des autres arts.

Tout ce qui paroît de certain, c’est que les Grecs,& depuis eux les Romains, Pont poussé k fa der-nière perfection ; & que le nombre des Statuesconsacrées ou aux Dieux, ou aux Héros, devint sigrand en Grèce & en Italie, qu’on a quelque peinea croire tout ce qu’en ont écrit les Auteurs Grecs& Latins.

En effet, si on lit dans les uns qu’on ne comptoirpas moins de 3000 Statues dans chacune des Vil-les d’Athènes , de Delphes, d’Olympe & Rhodes ;on trouve aussi dans les autres que Marcus Scau-rus , bien que simple Edile, orna de 3000 Statuesde bronze le cirque, où il fit représenter les jeuxqu il donna au peuple Romain pendant son Edilité,quoique ce superbe appareil dût a peine durer sixsemaines.

Ce fut ce goût, ou plutôt cet entêtement des Ro-mains pour les Statues, qui donna lieu a ce bonmot; pue dans leur Ville le peuple d’airain n était pasmoins nombreux que le peuple Romain.

Avant le XVII e siécle c’étoit peu de chose que lesFonderies Françoises pour les Statues : les ouvra-ges même qu’on entreprit en France jufqu’au milieudu même siécle, furent assez souvent fondus dansles Pays étrangers , ou du moins des étrangers fo-rent appellés a Paris pour les fondre : & l’on nepeut compter l’époque du goût & de i’habileté denos Sculpteurs & de nos Fondeurs en cet art, quede la Sur - Intendance des Bâtimens de Mr. Col-bert.

Tant que ce Ministre vécut, il n’y eut point kParis de Fonderie fixe pour les Statues, & les au-tres ornemens qu’on fondoit fans cesse pour embel-lir les superbes bâtimens & les magnifiques jardins

de