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FONDEUR.
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de la hauteur prescrite par T article LIX, il est or-donné que celles qui viendront des Pays étrangers& des Provinces, feront portées directement a laDouane, & ensuite a la Chambre Syndicale, poury être visitées & vérifiées si elles font fondues furladite hauteur j & en cas qu’elles n’y soient pas con-formes , elles seront, pour la première fois, ren-voyées fur les lieux, a la diligence des Syndic &Adjoints, au fraix de qui il appartiendra; & en casde récidive, elles seront refondues, & la matièreconfisquée au profit de la Communauté.
U Art. 65. défend a tout Fondeur, sous peine de$00 livres d’amende & de punition exemplaire , dedélivrer leurs fontes a d’autres qu’aux Imprimeursou à leurs Veuves en exercice ; & k l’égard de cellesqui seront envoyées dans les Provinces & dans lesPays étrangers, il ordonne qu’elles seront déclarées,par les Fondeurs & Imprimeurs qui les envoyeur,fur le Livre de la Communauté, & conduites au lieude leur destination, fous acquit a caution, a peinede la même amende.
Par le 66 article , il est permis a tous ceux quiexercent f Art de Fondeur, de prendre & avoir tel-les personnes qu’ils voudront dans leurs Fonderies ,pour être élevées & devenir Ouvriers, k conditiond’en faire leur déclaration aux Syndic & Adjoints ;laquelle déclaration fera inscrite sans fraix fur un Re-gistre particulier.
L’^rt. 67 ordonne que les Ouvriers Fondeurssoient tenus d’achever les Fontes par eux commen-cées, & fur lesquelles ils auront travaillé, & qu’iis nepuissent quitter leurs Maîtres qu’en les avertissant unmois avant que les Fontes par eux commencéessoient achevées : & régie la Police & Disciplina des-dits Ouvriers Fondeurs fur le pie de celle des Com-pagnons & Ouvriers Imprimeurs.
Enfin par l’^rt. 68, il est défendu aux Fondeurs,aleurs Veuves & Héritiers , de vendre, céder , outransporter leurs Poinçons , Frappes & Matrices,en tout ou en partie, k d’autres qu’aux Imprimeurs „aux Libraires , ou aux Fondeurs, & seront tenusd’en donner la préférence k ceux de Paris, & d’enfaire leurs Déclarations fur le Registre de la Com-munauté : leur défend S. M. de les vendre pour êtretransportés dans les Pays étrangers fous quelqueprétexte que ce soit, a peine d’amende arbitraire, deconfiscation &c.
Ce sont donc les 12 articles qui composent ce Rè-glement, qui font présentement toute la police deces Ouvriers , & pour ainsi dire, tous leurs Sta-tuts. On peut y avoir recours , mais fans en sépa-rer les renvois qu’on a mis a quelques uns, particuliè-rement a l’Art. 60.
Les outils & instrumens dont fe servent les Fon-deurs de Caractères, font, le Fourneau avec la sel-le : les Creusets pour la première fonte & le mé-lange des matières : le B asm pour fondre la matiè-re préparée ; ( on le nomme aussi la cuillère) : uneÇuïllière a prendre le métal, pour en remplir lesmoules : VEcumoir : les Moules ôc les Matrices detoutes fortes de caractères , qui en font la principa-le partie : l ’Etabli pour mettre les lettres à mesurequ’elles se fondent : le Couteau a ébarber : VEcre-noir : le Grès , qu’on nomme aussi Meule , avec sonesçabellonle Compofitoire : le Jetton : la Ju/lifica-tion : le Marbre pour justifier l’épaisseur des caractè-res : le Justificateur , le Rabot du justificateur , leCoupoir , & la table du Coupoir. On va donner dansla fuite de cet Article la description & l’usage de tousces outils & instrumens.
Fonte de Caractères.
On parle ailleurs de l’invention & des Inven-teurs des Caractères d’Imprimerie ; on expliqueraseulement ici la maniéré de les fondre. Voyez Im-primerie.
Les deux choses les phis importantes pour la fon-te des lettres, font la matière & les matrices.
La matière est un métal composé, partie de cui-vre, & partie de plomb, mêlés en certaine pro-portion, que chaque Fondeur régie a son gré, &auxquels il ajoute , suivant son expérience , quel-que autre métal ou minerai, pour rendre cette es-pèce de fonte plus forte, ou , comme ils disent,plus cassante; ce qui est la bonne qualité , tk la plusrecommandée par les Réglemens.
La proportion la plus ordinaire de ces métaux estde 100 livres de plomb íur 20 a 2 J livres de cuivre.Si au lieu de cuivre on y employé du fer, ( ce quife fait quelquefois , mais non par les habiles Fon-deurs) la proportion est aussi de 100 livres de plomb,mais fur 30 ou 35 livres de fer. Cette dernière ma-tière est peu estimée.
Ces métaux se fondent séparément dans de grandscreusets, le cuivre ou le fer avec de l’antimoine, ôcle plomb tout seul ; mais quand ils font en fusion »on les mêle ensemble. Cette fonte Ôc ce mélangefont les plus pénibles ouvrages de l’art des Fondeur»de Caractères.
Les matrices des Caractères font des morceaux decuivre, fur lesquels avec des poinçons & des frapeson a fait en creux l’empreinte des caractères qu’ilsdoivent représenter. Chaque lettre a sa propre ma-trice. II y en a aussi de particulières pour les points ,les virgules, les guillemets , les chiffres ou Romainsou Arabes, les réglets , les vignettes ; enfin, pourtous les ornemens, ou autres telles choses, qui sefont de fonte , & qui entrent dans la compositiondes formes d’Imprimerie.
II en faut néanmoins excepter les quadrats & qua»dratins, qui n’étant que de plomb, & ne devantpoint laisser d’empreinte dans les ouvrages d’Impri-merie , fe fondent fans matrices , & seulement danades moules.
Ce font les Tailleurs & Graveurs fur métaux ,qui gravent & taillent en relief les poinçons , quiservent a fraper les matrices. Les Fondeurs de Ca-ractères les gravent aussi. Chaque matrice a son poin-çon d’acier, ou d’un fer bien acéré A bien trempé.Ces poinçonss’appellent quelquefois des Frapes : &les Réglemens , pour dire, Fraper des matrices avecdes poinçons, pour en composer des corps de ca-ractères , disent ordinairement, Fraper sur un corpsde caractères ; parceque ces poinçons ne laissent leurempreinte fur la matrice de cuivre,qu’en les y frapantfortement avec une masse.
Les matrices frapées ; rengrainées, & bien ré-parées , si elles en ont besoin , se mettent chacunau bout d’un moule de fer, renfermé dans deux pe-tits ais de bois de quelques lignes d’épaiflêur, & de2 ou 3 pouces en quarte, dont néanmoins les deuxangles d’en-haut font coupés; ce qui compose uneespèce d’hexagone irrégulier.
Les principales pièces de ces moules, qui, com-me on le vient de dire , font cachés au dedans desdeux ais, consistent, i°. en deux platines d’acier,avec chacune leur vis , qui les tiennent attachées ,mais séparément, k l'un & l’autre ais ; 2 0 . en deuxpièces, qu’on nomme les Pièces longues ; 3 0 . k lapièce qui s’appelle le Blanc , qui est proprement cequi forme le corps du caractère, & k l’extrémité du-quel fe met la matrice ; 4 0 . au jet, qui est une espè-ce de petit entonnoir, pour recevoir & porter la pia-tiére fondue jufqu’a la matrice ; f°. au registre, quisert a rejoindre juste les deux parties du moule, quandon les a ouvertes, pour en retirer la lettre fondue avecson jet.
Au déhors des moules font trois autres pièces; uneau bas, qu’on appelle l’Archet; & deux en-haut ,qu’on nomme les Crochets.
L’archet est un gros fil d’acier tiré k Targue pafle trou d’une filière : il a 2 k 3 lignes de diamét re r
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