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Tome 2.
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5 25 FONDEUR. --fté

& 8 ou io pouces de longueur. On rappelle l’Archet,parce qu en effet il a la figure d’un petit arc , dontla partie inférieure des ais du moule seroit comme lacorde. 11 est attaché d’un bout a Tua des ais; &del’autre, -qui n’est point engagé, ií sert, k cause du res-sort naturel k l’acter , k presser & arrêter la matricedu caractère k l’extre'mìré du blanc, où h fonte, eny coulant, en doit prendre l’empreinte. Enfin, pourque cette matrice soit toujours a la main de l’Ou-vrier, & près de l’ouverture qu’elle doit occuper,elle a au pié un morceau de cuir léger, étroit &court, qu’on fait tenir a ì’un des ais du moule avecde la salive.

Les crochets qui font au haut du moule, font auíïìde fil de fer, de même grosseur que l’archet, maischacun feulement d’uti pouce & demi de longueur ,attachés l’un a un ais, & sautrc k sature ais. Ilsfervent, après qu’on a ouvert les deux parties dumoule, a en retirer le caractère fondu & son jet; ayantété inventés , afin epe lç Fondeur ne soit point in-commodé de la chaleur du métal ; ce qui arriveroit,s’il les retiroitavec la main.

Tout étant ainsi dispose du côté des moules , oncommence a préparer la matière.

Le fourneau fur lequel est posé le bassin dansquoi on la fond , est fait de la terre dont les Four-nalistes fe fervent pour la fabrique des creusets ;c'est-à-dire , de ciment fait de pots k beurre cassés,& de terre glaise ordinaire, mêlés & courroyés en-semble. II est ordinairement de 18 a 2o pouces dehauteur, & de io a 12 de diamètre , k le prendredu limbe, ou bord extérieur. Une grille de ferposée horizontalement le sépare en deux dans fa hau-teur. La partie inférieure sert de cendrier, & a faventouse pour lui donner de l’air. On met le boisdans la partie supérieure , par une ouverture ména-gée au dessus de la grille. Un tuyau de terre, oude tôle, sert de passage k la fumée, qui fe perdhors de l’attelier, ordinairement par la fenêtre prèsde laquelle , pour la commodité de i’ouvrage, on acoutume de mettre cette forte de petits fourneaux.Enfin , une pierre , ou une forte selle de bois , sou-tient le fourneau , & i’éléve a une hauteur convena-ble k l’Ouvrier, qui travaille debout. .

Sur le fourneau fe met le bassin a fondre, qu’enterme de fart oh appelle la Cuilliére. U n’aguéresque 8 k 9 pouces de diamètre , & en occupe toutel’ouvertifre supérieure , óù il est même lutté tout au-tour avec de la terre glaise. Sa matière est de fon-te ; fa forme, comme d’une grande cuilliére a Plom-bier fans queue : & pour y- pouvoir fondre tout kla fois de la matière forte & de la foible, il y a uneséparation aussi de fonte, qui partage le bassin per-pendiculairement en deux parties égales.

On ne fond dans cette cuilliére que de la matièretoute préparée , c’est-a-dire , dont le mélange a étéauparavant fait dans des creusets, ainsi qu’on l’a ditci-dessus.

Une petite écumoire dé fer sert a ôter de la super-ficie du métal fondu , les scories ou crasses qui s’yforment. Ces crasses , comme on les appelle, nes’ôtent pas néanmoins k pure perte ; elles fe repas-sent , ou, pour parler plus intelligiblement , ellesfe refondent.

Deux Fondeurs travaillent ordinairement a cha-que fourneau. Chacun d’eux a fa portion de la cuil-liére pour puiser le métal ; & ils ont une table, ou é-tabli commun, où ils mettent, mais séparément,les caractères a mesure qu’ils les fondent.

Le Fondeur, lors qu’il veut couler le métal dansle moule, le tient de la main gauche , & de la droitea une petite cuilliére de fér a manche de bois , qui«e contient précisément de matière, que ce qu’il enfaut pour chaque lettre. Ayant rempli cette cuil-liére de métal liquide , il le verse dans le jet, dontCouverture est au milieu des deux crochets du mou-

le ; & poussant promtemeht & vivement en avantla main dont il tient le moule , il fait couler la fon-te fur la matrice du caractère , qui fans ce mouve-ment pourroit se refroidir avant que d’y arriver.

II détend ensuite l’archet, ouvre le moule, d’oùavec un des crochets il tire le caractère qui vientd’etre fondu ; &-sans perdre de tems , le referme ,replace la matrice, & fond une nouvelle lettre. IIest difficile de comprendre , ni de bien expliquer ì’a-dresse & la vitesse avec lesquelles tout cela íè fait;k peine même en croit-on ses yeux quand on le voit.

Lorsque la lettre est fondue, on la visite avantque d’en rompre le jet, pour voir si elle est parfaite ,& la mettre au rebut de la refonte, en cas qu’elle néle soit pas. Si le visiteur en est content, il en fait larompure, c’est-à-dire, qu’il sépare le jet de la lettre ,qui n’y tient que par un petit lien k peine d’une de-mi-ligne.

Après que la lettre est rompue, elle s’émonde &s’ébarbe. Ebarber signifie ôter avec un canif les ba-vures qui s’échapent, quand le moule n’est pas ex-actement fermé : ensuite la lettre s’écréne, si elleest de qualité a être écrenée. On n’écréné que leslettres longues , comme les / & les s ; ce qui faitqu’il y a davantage de lettres k écrener dans le ca-caractére italique que dans le caractère rond. E~crcner , c’est évider le dessous de ces lettres du cô-té de l’oeil, avec un canif, ou un autre petit ins-trument d’acier bien tranchant, avec un petit man-che de bois, qu’on nomme Ecrenoir ; enforte quéle massif des lettres voisines puisse fe placer des-sous.

C’est encore avec le canif que l’on ratisse la let-tre j pour l’unir par ces deux faces les plus larges,& les mettre en état d’être frotées fur le grès. Onobserve de ne les froter que de ces deux côtés, afinde ne point préjudicier au cran , qui fe met fur l’undes deux autres côtés. On entend par le cran unerainure ou entaille qui fe fait au pic de la lettre dansla fonte, & qui en indique le sens au Composi-teur , quand il dresse ses formes.

Le grès fur lequel on frote les lettres vientd’Angletesre, d’un grain assez gros & très dur. IIest en forme de la meule a aiguiser de Gagne-pe-tit ; ce qui fait qu’on l’appeile quelquefois la Meule.Cette meule estpoíée horizontalement fur un esca-bellon de bois, devant lequel f Ouvrière qui travail-le est assise.

Pour n’être point incommodée par la vitesse du frô-lement , celle qui travaille a deux doigtiers faits ducuir de quelque vieille balle d’Imprimerie , qu’ellemet aux deux doigts de la main droite qui suiventle pouce. Elle donne l’alier & le venir k chaquecôté de la lettre quelle a fous fes deux doigts ; &pour la changer dé côté, elle fe sert du pouce ,mais fans interrompre ie frotement ; ce qui trom-pe la vue , & fait presque croire qu’on ne frote leslettres que d’un côté, bien qu’elies le soient desdeux.

Les lettres ainsi frotées fe placent fur le compo-sitoir pour leur donner hauteur , c’est-k-dire , pourles ratisser & les rendre d’épaisseur , tant du côté ducran que de celui qui lui est opposé ; ce qui Rappel-le Composer, & faction Composition.

Le compositoir est une régie de bois avec un petitrebord par le bas , fur lequel réarrangent les lettres.C’est aussi fur cet instrument que l’on donne hauteuraux quadrats, vignettes, régiets , & autres tels ou-vrages de plomb ou de fonte, dont on fe sert pourPlmprimerie.

Quand les lettres font composées, on les-justifietant pour l’épaisseur que pour la hauteur en ligne.Une petite lame de cuivre , qu’on nomme le Jctton,-, quoiqu’elle ne soit pas ronde comme les jetions-/mais k peu près carrée, du moins par en bas, serf.al’une & f autre justification, & tient lira.de niveau'.-