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Tome 2.
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5 2 9 FOND. FONT.

Cette étymologie paroît plus que vrai-semblable ;mais il certain que Fondique n’a plus dans l’usa-ge d’aujourd’hui la même signification, & qu’il veutdire simplement un magasin ou un dépôt pour lesmarchandises étrangères ; encore ne fe dit-il guéresque des dépôts des Douanes d’Espagne & de Por-tugal , ou de celles que les Espagnols ont dans l’A-mérique, & les Portugais dans l’Orient.

FONDOIR. Lieu dans les boucheries, où lesBouchers fondent leurs graisses pour en faire du fuis.

Les Chandéliers appellent aussi Fondoir, í’endroítoù ils font la fonte de leurs suifs, pour en fabriquerde la chandéle.

FONDRE. Se dit des métaux, soit qu’on lesmette a la fonderie loríqu’ils font encore renfermésdans la pierre de mine o'u glèbe minérale, pour lesen séparer par le moyen du feu j soit qu’en ayant étéséparés, purifiés & réduits en barres, en lingots,en saumons, en navettes, suivant la différence desmétaux, on les veuille de nouveau liquéfier dansdes creusets, pour les employer a divers ouvrages.Voyez, aux Articles de chaque métal la maniéré de lesfondre.

Fondre. Se dit aussi dans lés Manufacturés , del’adresse & de la perfection avec lesquelles un ou-vrier mêle ensemble les couleurs des foies ou deslaines dont il fabrique ses étoffes : savoir habilementfondre ensemble les couleurs est un grand ârt dansun ouvrier ; pour dire, qu’un ouvrier doit passerpour habile, quand il fait parfaitement mélanger lescouleurs. II fe dit aussi du mélange qu’on fait deslaines de diverses couleurs qu’on prépare pour don-ner aux Fileuses, qui en font les fils destinés k lafabrique des draps mélangés. Voyez. Feutre.

Fondre en abîme. Terme de Chandélier. C’estfaire de la chandéle plongée dans le vaisseau qu’ilappelle abîme. Voyez. Chandele plonge’e.

Fondre des Actions. Fondre des Billets.Nouvelle expression introduite dans le commerce dupapier presque en même tems que la Compagnie desIndes & la Banque Royale ont été établies en Fran-ce. Elle signifie fe défaire de ses billets , vendreses Actions pour de l’argent comptant. Il faut que jefonde quelques-unes de mes Actions pour nourrir lesautres. Je n’ai plus d’argent, je vai fondre desbillets. II fe dit ordinairement plus en mauvaise qu’enbonne part, c’est-a-dire, se défaire de ses billets oùde ses Actions avec perte.

FONDS. On auroit dû mettre ici quelques Ar-ticles qu’on a placés après le mot de Fond, qui si-gnifie , ou une profondeur, ou le champ d’une étof-fe k fleurs : mais dans un Dictionnaire de Commer-ce on n’a pû se dispenser, mêmè contre Pautoritéd« P Académie Françoise, de suivre l’ortographemercantille, étant certain qu’il n’y a point ou peude Marchands, qui sentent la différence qu’il y aentre Fonds écrit avec une S A Fond écrit fans S.

Fonds de Marchandise.

Fonds de Boutique.

Fonds d’une Societe’.

Fonds d’une Compagnie.

FONDU, FONDUE. II se dit des couleurs bienmélangées dans les étoffes de foie & de laine.

-f- FONDUE. C’est le nom d’une mesure dont ohse sert pour la mine des Forges de l’Angoumois &du Perigord. Voyez, t Article général du Commerce.

FONTE. Espèce de cuivre mélangé d’autres mé-taux , dont la plus grande partie doit être de cuivrerouge.

11 n’y a proprement point de différence entre lebronze & la Fonte, ou du moins ce n’est que leplus ou le moins de l’alliage qui en puisse mettre.

L’alliage ordinaire de Pun & de l’autre est l’étain,& quelquefois le plomb : il est vrai pourtant qu’ilne doit entrer ni de Pun ni de l’autre dans le meil-leur bronze dont on fait les statues, & qu’il doitDiiïion. de Commerce. Toni. II.

Voyez. Fond.

FONTE. 5.50

être composé de moitié de cuivre rouge ou de roset-te , & moitié de cuivre jaune ou leton.

L’alliage d’étain dans la Fonte fe met suivant lesdifférens ouvrages auxquels elle est destinée. Pourles canons de Fonte on met 10 ou 12 livres d’étainfur 100 livres de cuivre rouge ou airain : pour lescloches 20, ou 24 livres, k quoi l’on ajoute 2 livresd’antimoine pour rendre le son plus doux ; & l’on enmet seulement 3 ou 4 livres pour les utenciles decuisine.

La Fonte verte fe fait avec le cuivre tel qu’il vientde la mine, & peu d’étain. Ce cuivre fe nomme Po-lofum.

La Fonte paye les droits de la Douane de Lyon à rai-son de 10 f. du quintal, tant pour P ancienne que pourla nouvelle taxation : il semble que le Tarif entende icipar le mot de Fonte ce qu on nomme du Potin.

La Fonte de fer, c ejl-ct-dire, les utenciles de cuisi-ne faits de fer fondu, payent à. la même Douane 3 fdu quintal

Fonte. Ce que les Fondeurs de caractères d’Im-primerie appellent de la forte, est un mélange demétaux & de minéraux, différens suivant Pexpérien-ce ou le génie du Fondeur. 11 ne s’en compose né-áhmoins pour l’ordinaire que de deux fortes, Punequ’on nomme de la Fonte forte, & l’autre qu’on ap-pelle Fonte faible : la forte fe fait de plomb & décuivre ; la foible, de fer & de plomb : l’antimoineest le minerai qu’on employé pour mettre égalementou le fer ou le cuivre en fusion. Voyez Fondeurde Caractères : on y explique la proportion de ceminerai & de ces métaux.

Fonte haute. Les Fondeurs de caractères &les Imprimeurs appellent Fontes hautes , celles quiexcédent la hauteur en papier commune aux carac-tères d’Imprimerie, k qui l’on doit donner dix lignes& demie.

Les lettres pour imprimer en rouge font ordinai-rement du nombre des Fontes hautes, étant permisde leur donner un tiers de ligne ou environ plusqu’aux autres, k cause de la garniture de la frisquet-te. Voyez Fondeur de Caractères. Voyez aujji

CARACTERE.

Fonte. En terme d’Imprimerie s’entend d’unëcertaine quantité de caractères assortis que fait leFondeur : ainsi l’on dit, qu’un Fondeur a fait uneFonte du grand ou petit Cicero, du S. Augustin,&c. pour faire entendre, qu’il a fondu tout rassor-timent de l’une ou de l’autre de ces sortes de ca-ractères.

Fonte. Action par laquelle on liquéfie au feudiverses matières, entr’autres les métaux, le verre ,quelques minéraux, &c.

Pour faire la fonte de for & de l’argent dans lesHôtels des Monnoies, on fe sert de creusets deterre pour l’or, & de fer pour l’argent : on y em-ployé aussi de deux fortes de fourneaux, dont l’uns’appelle Fourneau à vent , & l’autre Fourneau à souf-flet. Voyez t Article des Monnoies , ou ceux de Creu-set & Fourneau : Voyez pareillement les Articlesdes Métaux & du VerRe.

Fonte generale des Monnoies. Se dit déla Fonte de toutes les espèces qui ont cours dansun Etat, lesquelles le Prince décrie, & qú’il ordon-ne être portées k l’Hôtel des Monnoies, pour ê-tres fondues & fabriquées en de nouvelles espècesqui doivent seules être reçùes dans le public, après letems & le délai portés par les Edits & Déclarations.

La Fonte générale des Monnoies est différentede la conversion générale des espèces, étant feule-ment reformées & marquées de nouvelles emprein-tes dans la conversion, & non pas fondues commedans la Fonte.

Fonte , en terme de manufacture de laiíierie. Sédit du mélange des laines de différentes couleurs ,qui doivent entrer dans la tiflure des draps ou autres

Z étoffes.-