Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

S 2 7

fondeur.

La justification pour l’épaisseur se fait fur une piécede marbre, & celle pour la hauteur sur un petit com-pofitoir de fer, que de-là on appelle Justification ;nom que l’on donne aussi a Faction par laquelle on•justifie les lettres.

La justification de la hauteur en ligne se faitsur F m de chaque corps de caractères déja justi-fiés. On dit que des lettres font de hauteur en li-gne , lorsque la partie du jetton qui sert de niveau,appuyé également sur i’wz matrice dressée sur sonpié dans le petit compositoir, & fur les yeux desdeux autres lettres nouvellement fondues, qu’onv a mises a ses côtés pour les justifier.

A l’égard de l’épaisseur, on en fait la justificationen couchant aplat fur le petit marbre la lettre d’é-chantillon, & à ses côtés deux nouvelles lettres,& en les nivellant, pour ainfi dire, toutes trois avecle jetton.

Enfin, les lettres justifiées font apprêtées , pourles rendre parfaites a rïmprímeur.

Ce que les Fondeurs de caractères appellent Ap-prêter une lettre, & qui est la derniere façon qu’onleur donne, c’est en couper le pié, ou plutôt lecreuser, avec le rabot, & y faire cette espèce derainure que chaque lettre a par dessous, & qui estprécisément opposée à l’œil, c’est-à-dire, à la partiesupérieure où est l’empreinte.

Pour apurêter les lettres, on les renverse à lon-gue ligne dans le justificateur, qui est un instrumentde fer ou d’aeier poli, comnosé de deux longues piè-ces jointes ensemble par des vis, aumilieu desquel-les nièces on enferme autant de lettres qu’il en peuttenir, posées les unes contre les autres dans la situa-tion où elles font, quand on compose les lignes d’u-ne forme d’Imprimerie ; a la réserve que dans lejustificateur elles ont l’œil en-bas, & le pié en-haut.Lorsque ce justificateur est tout rempli de lettres,on le met fur la table du coupoir entre deux jumel-les de bois , qui le pressant fortement, donnent lafacilité a FOuvrïer de pousser le rabot le long de laligne que forment les lettres renversées.

Ce rabot a trois parties, dont deux font d’acier,& une de bois. Des deux d’acier, celle d’en-bas estcomposée de deux platines d'acier, latérales & mo-biles ; enforte qu’eìles peuvent -.'approcher ou s’é-loigner par le moyen de deux vis. C’est dans l’ef-pace vuide qui les sépare, que passe le pié de la lon-gue ligne des lettres enfermées dans le justificateur ;ce qui empêche le rabot de varier, & assure le droitfil de la canelure.

La seconde partie de cet outil, qui est aussi d’a-cier, est proprement ce qu’on appelle le Fer dansles rabots ordinaires des Menuisiers. Elle a deuxbranches & deux vis, qui servent à descendre ouremonter le fer, suivant que la canelure doit êtreprofonde. La position de ce fer, qui est fort étroit,arrondi par le bas, & de 4 ou J pouces de lon-gueur , est presque perpendiculaire.

Enfin, la troisième partie de ce rabot qui est debois, sert a joindre les deux autres. Elle a la for-me d’une portion d’are, & tient d’un bout a l’ex-trémité postérieure des platines, & de l’autre auxbranches qui portent le fer ; enforte que ces troisparties font ensemble une espèce de triangle irrégu-Iier évidé par le milieu.

On appelle le Coupoir, un instrument d’acier amanche de bois, en forme de ciseau, dont le tran-chant est rabatu en chanfrain. Il sert a ôter. le mor-fil des lettres, quand elles font apprêtées.

La perfection des lettres bien fondues & bien ré-parées consiste, en ce qu’elles soient toutes en par-ticulier fondues droites & d’équerre en tout sens; &en général, qu’elles soient d’une égale hauteur, bienen ligne, sans panchement ni renversement, ni for-tes en pié, ni fortes en tête ; coupées au rabot, demanière que les deux extrémités du pié contiennent

FOND. 528

'ensemble la moitié du corps ; bien ébarbées, dou-ces au frotter & au ratisser; d’un cran apparent, bienmarqué , & a l’ordinaire , qu’on appelle Cran des-sous ; enfin, d’une égale distance pour l’épaisseurdes corps ordinaires. Voyez, n l’Article des Carac-tères , ce qui efl dit de cette épaisseur.

On appelle Police dans les fonderies de caractè-res, une espèce de catalogue, ou fi l’on veut, detarif, qui sert a régler chaque fonte, c’est-a-dire ,a marquer combien il faut de chaque sorte de let-tres , pour qu’un corps de caractères soit complet.

La police a été inventée, parce qu’y ayant deslettres d’un plus grand usage, & qui se repèrentplus souvent que les autres dans la composition desformes d’Imprimerie, il faut par conséquent queleurs cassetins soient plus remplis & mieux fournisque ceux des lettres qui reviennent moins fréquem-ment. Ve & Fi, par exemple, font toujours enplus grande quantité que le k ou le z. On va mieuxfaire sentir cette différence par la comparaison pro-portionnelle de ces lettres ensemble, & avec quel-ques autres.

Supposez une fonte de 100000 caractères, ( c’estune de celles qui se font le plus ordinairement) F«sdoit avoir 5:000 lettres, le c 5000, l’e r 1000, Fi óooo,F m 3000, le k seulement 30, l’x 600, & l’jy & le z.300. Ceci s’entend des caractères de bas de casse;ceux du-haut de casse ayant d’autres proportions qu’iïseroit trop long de raporter.

Au reste, une fonte complette ne comprend passeulement la lettre courante, mais encore les majus-cules, les grandes & petites capitales, les lettressimples, les doubles, celles à accens, les diverspoints, les virgules, les guillemets, les réglets , lesvignettes, les culs de lampe, les chiffres ou Ara-bes ou Romains ; enfin, tout ce qui peut entrerdans les ouvrages d’Imprimerie, suivant les différenscorps qu’on y employé, soyez. Caractère , Im-primerie, éf Librairie.

-j- On va mettre ici les différentes fortes de Carac-tères d’Imprimerie, qu’on nous a prié de faire con-noître de cette manière, en commençant par la plusgrosse ; Romaine & Italique : savoir :

Romain.

Italique.

Gros - Canon.

Petit - - - - Canon.

Parangon. Parangon .Gros — — Romain.

SaintCicero.Petit -Petit -

Mígnonnr.

KompareiUe.

- - AugufUn.

Cicero.

- - Romain ,

- - - Texte

Hompurúílt»

Tels font les Caractères les plus usités, il y a en-core la Palestine , la Philosophie , la Gaillarde, & laSédanoise ou la Parisienne , dont on ne se sert pres-que plus.

FONDIQUE. Maison commune où les Mar-chands s’assemblent pour leur commerce, & où ilsdéposent l’argent & les marchandises de leur Compa-gnie.

Les Auteurs du Diflionnaife de Trévoux disentque ce mot vient de fundus , qui a signifié autrefoisune bourse, & que c’est de-Fa qu’on dit encore àprésent la Bourse d’Anvers, la Bourse d’Amster-dam. Cette