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savon, qui est une drogue qui coute, qu’il paroîtdifficile de réduire les Foulons à y renoncer.
Le Sr. Calinet , qui entreprit il y a quelques an-nées 7 une manufacture de savon dans Paris, fit a-lors imprimer un Mémoire très curieux, où il en-feignoit la véritable manière de bien faire ia fouledes draps avec le savon. Comme ce Mémoire fut ,dressé sur les épreuves qui en furent faites dans lesManufactures Françoises de draperies les plus consi-dérables par ordre de M. le Marquis de Louvois, quiétoit alors Sur-Intendant des Arts & Manufactures deFrance, on a cru que les Lecteurs, particulièrementceux qui fe mêlent de manufactures de lainages , neferoient pas fâchés d’en voir ici un extrait.
Maniéré de faire la foule des draps & autres étoffesde laine avec le savon-
Un drap de couleur de iy marques ou enseignes,c’est-a-dire , de 4^ aunes ou environ , doit êtremis en la maniéré ordinaire dans les pots ou pilesdes moulins a fouler, fans le faire auparavant trem-per dans l’eau, comme on a coutume de faire enplusieurs endroits.
Pour fouler cette pilée de drap, il faut 15; livresde savon, dont d’abord il n’en faut faire fondre que8 livres dans deux seaux d’eau de rivière ou de fon-taine bien chaude ; ensorte pourtant qu’on y puissesoussiir ia main y puis la jetter peu a peu fur le drapen te mettant dans la pile, & le faire ainsi foulerpendant deux heures ; après quoi il faut l’en tirerpour le lizer. Voyez. Lizer.
li faut auffi-tôt après remettre ce drap dans la mê-me pile, fans pourtant y mettre de nouveau savon ,
6 l’y laisser encore fouler deux heures ; ensuite dequoi il le faut retirer pour le faire bien tordre ala cheville, afin d’en exprimer, & faire sortir toutela graisse & l’ordure qui pourroit être dedans.
Après cette seconde foule, il faut faire fondre les
7 livres de savon qui restent dans deux seaux d’eauchaude, ainsi qu’il a déja été dit, qu’on jettera-à
? pâtre différentes fois fur le drap petit à petit ; ayantoin de le retirer de ia pile de deux en deux heurespour le lizer de nouveau ; ák quand on s’apercevraque le drap fera suffisamment foulé, & qu’il aura ac-quis assez de force suivant sa quasité, il le faudrafaire dégorger tout-a-fait à l’eau chaude, en le lais-sant dans la pile jusqu’a ce qu’il soit entièrement net.
A l’égard des draps blancs, comme ils foulentplus facilement & en moins de tems que ceux decouleur, il faudra retrancher un tiers de savon.
Les draps préparés avec le savon de la maniè-re qu’il vient d’être dit, foulent mieux & en beau-coup moins de tems que ceux qui font foulés avecl'urine & la terre, font moins sujets à se trouer& à se casser dans la pile, & font plus doux a lamain, plus moelleux & plus faciles a apprêter. Ilsprennent même les couleurs plus vives a la teinture.
11 faut remarquer que lorsque les laines ont étédégraissées comme il faut avec le savon, avant qued’être filées, & qu’on n’y a point employé d’urine,il faut un tiers moins de savon pour fouler & dé-graisser les étoffes.
La foule des autres étoffes de laine qui se fait ausavon, se pratique à proportion comme celle desdraps.
II n’est pas permis aux Foulons d’étoffes de rece-voir dans leurs moulins aucuns ouvrages de bon-neterie pour les fouler; y ayant d’autres Ouvriersdestinés uniquement k fouler & a apprêter ces for-tes de marchandises.
An raport de Pline , Liv. 7 chap. 16. ce fut unNicias fils àé Hermias-, qui fut le premier inventeur dumétier de Foulon : & il paroît par une inscriptiondont le S. Wheler fait mention dans son Voyage de
t VAuteur écrivoit en 1713.
FOÙL. FOUR. 54 s
Dalmatie, que ce même Nicias gcuvernoit en Grè-ce du tems des Romains.
O11 appelle Chardon à Foulon, une forte dechardon dont fe fervent les Foulons pour lannerleurs étoffes, après qu’elles ont été foulées. Voyez.Chardon.
Foulon. Outre les Foulons dont on vient de par-ler , il y a d’autres Ouvriers auxquels on donne aussile nom de Foulons ou Reniqueurs, dont l’emploiest de fouler aux pies les petites étoffes fines, soitpour les dégorger de l’empois ou colle qu’on y amis en les fabriquant, soit aussi pour les dégorgerde la teinture.
Ces sortes de Foulons travaillent particùliérementdans les Manufactures d’Amiens. Voyez. Vaisseaux.
11 y a a Paris une Communauté de Maîtres Fou-lons & Pareurs de draps, dont les premiers Statutssòntdu 18 Mai 1443. comme il paroît par les Let-tres Patentes du Roi Louis XII du 24 Juin 1467.où ils font rappelles, reformés. & confirmés quantaux articles qui n’y ont point été changés.
Les Maîtres Foulons 11’ayant depuis ce tems-l'aobtenu aucunes Lettres Patentes de confirmationdes Rois Successeurs de Louis XII jusqu’k i’année1606. en obtinrent du Roi Henri IV en date du 22Février de la même année, par lesquelles lesditsStatuts furent continués & confirmés malgré le lapsde tems , dont entant que besoin seroit, S. M. les arelevés.
Ces dernières Lettres Patentes, aussi-bien quècelles de Louis XII, furent enregistrées le 22 Juin en-suivant au neuvième Régistre des Bannières du Châ-telet.
Par ces Statuts là Communauté est conduite &gouvernée par quatre Jurés & Gardes, dont deuxlbnt élus chaque année ; & il est permis k chaqueMaître de tenir deux Aprentifs obligés pour trois ans,sauf k eux, s’ils le veulent, d’en prendre encore undans ia dernière année des trois de l’apprentissagedes deux autres.
Foulon, ou Fouleur. Se dit encore chez. lesMarchands Bonnetiers, de l’Ouvrier qui foule ôcqui apprête les bas, les bonnets , &c. Voyez. F'ou-
LER.
A Paris les Fouleurs de bas font reçus par lesMaîtres & Gardes du Corps de la Bonneterie , aprèsqu’ils ont donné devant eux des marques de leur ca-pacité par des expériences.
Ces Ouvriers doivent donner au moins deux eauxvives aux ouvrages faits fur le métier, après qu’ilsles ont dégraissés : & ils ne peuvent fe servir de po-melíes ni de cardes de fer, pour apprêter , appareil-ler & draper les ouvrages de bonneterie ; le char-don étant ia feule choie qui convienne pour donnerces sortes d’apprêts, en observant cependant de nés’en point servir pour les bas d’estame.
FOULONIER. Voyez. Foulon.
FOULURE. Action par laquelle on foule. Il sedit aussi de la façon que le Foulon donne aux étoffesen les foulant.
Foulure. Les Courroyeurs ont deux sortes deFoulure, la Foulure aíec, & la Foulure avec mouil-lage. L’une & l’autre se fait avec les piés nuds. Voy.Courroyeur.
FOUR. Construction de tuileaux, quelquefoisde briques , liées avec de la chaux , du plâtre ou dela terre , faite en formé de voûte surbaissée par en-haut, avec un aire ou âtre plat par en-bas, & une feu-le ouverture par-devant. C’est dans la cavité de cet-te construction, qui n’a guéres qu’un pié ou 18pouces de haut, & fur son âtre qui est de terre fran-che batue, que les Boulangers & les Pâtissiers fontcuire leurs pains & pâtisseries , après savoir échauféavec du feu de gros bois fendu , qu ils allument endedans, & qu’ils poussent k un degré de chaieur ;qu’il n’y a que l’expérience qui puisse bien appren-dre j