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Tome 2.
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FOU L.

des ouvrages au tricot, on peut se servir de savon

& de terre.

Fouler le Cuir. C’est un des apprêts qui estle plus souvent repeté dans la préparation des cuirscourroyés.

La première fois qu’on le foule, ce qui se faitavec les piés, après qu’il a resté quelque tems dansun tonneau d’eau, fe nomme Fouler pour amollir :la seconde fois, c’est fouler pour retenir : la troisiè-me fois, c’est fouler pour appointer : enfin on lefoule après qu’il a été mis en suif, 6c c’est fouler pourcrespir.

Fouler le Cuir. C’est aussi chez les Hon-grieurs, agiter & presser le cuir en marchant dessusdans un long cuvier en forme de baignoire, où l’ona versé de seau chaude, dans laquelle auparavanton a fait dissoudre dusel & de l’alun. Voyez. Cuir,oìi il est parlé de la maniéré de fabriquer les Cuirs deHongrie.

FOULERIE. Lieu où l’on foule.

En terme de Manufacture de lainage , il s’en-tend du moulin a foulon. Ainsi lorfqu’on dit : IIfaut porter un drap, une ratine, une serge a la Fou-lene,,on veut dire qu’il faut les envoyer au mou-lin , pour y être dégraissées, foulées 6c dégorgées.Voyez Foulon.

Foui.er'e, ou Fouloire. C’est aussi chez lesChapeliers l’attelier où font dressées les fouloires, 6coù font placés le fourneau & la chaudière a fouler.

Au miueu de la Foulerie est la chaudière, quipeut contenir jusqu’a 4 ou î seaux d’eau : autoursont les fouloires, plus ou moins selon le nombredes Compagnons : fous la chaudière est le fourneau.

Ces atteliers Rappellent plus ordinairement Bat-teries que Fouleries. Ainsi l’on dit : Une batterie a4, a 6, a 8, pour exprimer qu’autant de Compa-gnons y peuvent travailler a la fois. Voyez Cha-

peau.

FOULEUR. Celui qui foule. On le dit dans quel-ques moulins a foulon, de l’Ouvrier qui en a l’in-fpection. Le Maître s’appelle le Foulonnier, & lesCompagnons, des Foulons.

Fouleur 6c Fouleuse. Celui ou celle qui faitle foulage du Hareng.

FOULI. Les Chinois nomment ainsi le piment(oupoivre de Guinée. ) Ils en tirent en quantité desHollandois. U s’achéte 5 pataquès le pic à Batavia ,& fe revend 4 taels deux mas à Canton.

FOULOIR. Instrument avec lequel on foule.

Les Fouloirs des moulins a foulon Rappellent desPilons ; & les vaisseaux où l’on met les étoffes pourles fouler , des piles ou des pots. Voyez Foulon.

Le Vouloir des Chaisiers fe nomme un Roulet.U est de bois , ordinairement de buis, de 18 pou-ces de long, d’un pouce 6c demi de diamètre dansle milieu, allant toujours en diminuant jusques auxdeux bouts. Ce qui lui donne la figure d’un grandfuseau.

FOULOIRE. Les Chapeliers appellent ainsi latable fur laquelle ils foulent les chapeaux. Elle esten forme d’étau a Boucher, c’est-a-dire, arrondiepar-dessus ; mais avec cette différence qu’elle est éle-vée du côté de l’Ouvrier qui foule, 6c que fa pen-te est du côté de la chaudière où elle est fcêlée,afin que la lie liquide qui sert a la foule des cha-peaux , y puisse retomber. Voyez Chapeau.

Fouloire. La Fouloire des Bonnetiers est legrand cuvier garni de ses râteliers , ou ils font lafoule des bas & autres ouvrages de bonneterie. VoyezFouler.

Fouloire. Se dit encore dans les Manufacturesde lainage, d’une planche ou pièce de bois faite ex-près , fur laquelle on foule avec les bras les étoffesde laine qu’on veut blanchir avec le savon. VoyezJBlanchir.

F O U L.

Fouloire. Voyez Foulerie.

FOULON. Ouvrier qui prépare les étoffes de lai-ne, en les faisant fouler au moulin. On le nommeaussi Fouleur , Foulonnier 6c Moulinier.

II y a des endroits, particulièrement du côté d’A-miens, où les Foulons s’appellent Meuniers Fou-lons ; parce que pour l’ordinaire ils font moudre dublé en même tems qu’ils font fouler les étoffes delaine.

Les Foulons, conformément aux Réglemens desManufactures, font obligés de marquer les étoffesd’un plomb qui leur soit particulier, après qu’ellesont été foulées. Voyez Plomb.

II leur est défendu p ar les mêmes Réglemens deles tirer, allonger ni arramer , de telle forte qu’eilesfe puissent racourcir de la longueur, 6c étrécir de lalargeur. Voyez Rame & Ramer.

La foule des draps & autres étoffes de laine fe faitdans des moulins a eau, que de leur usage on nom-me Moulins à Foulon. Ces moulins, a la réserve desmeule« 6c de la trémie , sont peu différons de ceuxqui servent a la mouture des grains. II y en a même,comme on l’a déja remarqué, où les grains fontmoulus, ôc les étoffes font foulées par le mouvementde la même roue.

Les principales parties d’un moulin a Foulon, fontla Roue avec ses pignons ou lanternes, l’Arbre avecses dents de rencontre , les Pilons ou Maillets, &les Piles, qu’on nomme autrement des Pots, & quel-»,quefois simplement des vaisseaux à fouler.

C’est la roue qui donne le mouvement à l’arbre #& l’arbre qui par le moyen de ses dents le commu-nique aux pilons qu’il fait hausser 6c baisser alterna-tivement , suivant que quelqu’une des dents rencon-tre ou quitte le mantonnet qui est au milieu de cha-que pilon.

Les pilons & les piles font de bois. Chaque pile 3deux pilons au moins , assez souvent trois. Le nom-bre des piles n’est pas réglé, les moulins en ayant plusou moins, suivant la volonté du Foulon, ou la for-ce du còurant d’eau qui fait mouvoir la roue.

C’est dans les piles qu’on met les draps & étoffesde laine qu’on veut fouler, óc les pilons en tombantdessus les foulent, c’est-a-dire, les frapent & lesbattent fortement j ce qui les rend plus fortes, plusserrées, plus unies, & d’un meilleur usé.

La foule fe fait avec de seau chaude où l’on a saitdissoudre du savon.

La plupart des Foulons fe fervent d’abord d’uri-ne, ensuite de terre grasse, ou terre a Potier , 6cen dernier lieu de savon qu’on a fait dissoudre dansl’eau chaude. Ces ingrédiens fe mettent pour dé-graisser, 6c tout ensemble fouler les étoffes de laine.

f On trouve dans les Tranfafiions Philos. An.iyiq.Num. 379. une description des lits de Craye ou deTerre a Foulons, qu’on creuse dans la Comté deBetford.

Le meilleur seroit de ne se servir uniquement quede Savons cependant la terre peut être d’un bonusage, quand on prend la précaution de la préparercomme il faut, c’est-a- dire, de la délayer dans del’eau, 6c de la bien manier avec les mains, afin d’enôter jusques aux plus petites pierres ; la moindredureté qui fe rencontre dans le vaisseau où l’on fou-le une étoffe étant capable de la trouer, 6c par con-séquent de la dégrader considérablement.

A l’égard de l’usage de l’urine dans la foule desétoffes de laine, les Manufacturiers habiles 6c debonne foi conviennent qu’il peut être préjudiciableaux étoffes, soit a cause de la trop grande acreté del’urine, qui les rend sèches 6c rudes, soit parce quefa mauvaise odeur les peut infecter. Le plus íûr se-roit donc de ne jamais s’en servir : maissusageenest devenu si ordinaire , a cause qu’elle ménage le

savon ,