FR A. FRE. .
épitéte-de Banqueroutier frauduleux. (
Frauder, eu fait de Manufacture. C’eltnepasmettre, en fabriquant une étoffe , les portées ou lesfils nécessaires, suivant les Réglemens : ainsi l’on dit :Cet ouvrier ne fait que frauder, il ne met jamaisdans ses serges les portées convenables.
FRAUDEUR. Celui qui fraude. Ce terme n’esten usage que parmi les Commis des Fermes. CeMarchand est un Fraudeur de profession ; pour dire,il fait tous les jours passer des marchandises en frau-de. Prenez-y garde , c’est un Fraudeur ; pour fai-re entendre , qu’il n’épargne rien pour ne pas décla-rer fes marchandises aux Bureaux , ou pour n’y paspayer les droits.
FRAUDULEUSEMENT. D’une maniéré scan-daleuse. II n’y a pas moyen de se fier a ce Mar-chand , de négocier avec lui, il fait tout Fraudu-leusement.
FRAUDULEUX, FUSE. Celui qui trompe &qui fraude ; ou la chose qui est faite avec fraude &tromperie. Un débiteur, un banqueroutier Frau-duleux ; un acte Frauduleux ; une déclaration Frau-duleuse.
FRAXINELLE, autrement Ditlame blanc. Voyez.
DlCTAME.
FRAY. Terme de Monnoyeur. C’est l’altérationou diminution qui arrive au poids des monnoies parsuccession de tems, & pour avoir été trop maniées.II y a des Ordonnances qui règlent fur quel piéles espèces doivent être reçues quand leur diminu-tion vient du Fray & maniement : celle de LouisXIV fixe le Fray a six grains.
Fray. Ce font les œufs du poisson, ce qui sertà la propagation de leur espèce ; on le dit aussi dumême poisson dans les premiers tems qu’il en est pro-duit.
FRAYE. Tems destiné par la nature a la géné-ration des poissons ; saison où le mâle passe sur lafemelle & la fraye, òí que la femelle vuide sonfray.
Le tems de la Fraye des truites, est depuis le pre-mier Fevrier jufqu’a la mi-Mars; les autres poissonsfrayent depuis le ir Avril jusqu’au ir Juin.
II est défendu par les Ordonnances fous peined’amende & de prison, & même sous celle du car-can , du fouet & du bannissement, de pêcher dansle tems de la Fraye. Voyez. íArticle des Pescheursen eau. douce.
FRAYEMENT. C’est la même chose que fraye,mais il est moins d’ufage.
FRAYER. Terme de Fourbisseur. C’est froterune lame avec de Pémeril pour la polir & lui ôterles traits qu’y laisse la meule fur laquelle on l’a pas-sée; c’est proprement la fourbir. Voyez. Fourbis-seur.
Frayer. II se dit de la jonction des poissonspour la génération. Les poissons font moins fermes& moins bons dans le tems qu’ils frayent ensembleque dans les autres saisons.
FREGATAIRE. Ce terme n’est en usage qu’auBastion de France situé a l’extrémité du Royaumed’Alger, & sur les frontières de celui de Tunis.
Ce font des Porte-faix ou Chargeurs qui serventla Compagnie Françoise qui y est établie, & quiportent a bord des barques ou /régates , d’où ils ontpris leur nom, les grains, légumes & autres mar-chandises que les Commis des magasins ont traitéavec les Maures. Les gages des Fregataires, outrela nourriture, font de 9 livres monnoie de Francepar mois.
FRELAMPE. Sorte de menue monnoie qui vaut12 a iç deniers.
FRELANDE, ou FERLANDE. On nommeainsi en Anjou cette monnoie de billon qu’on ap-
FREL. FRËN.
pelle ailleurs Sou, ou Sou marqué. Ne seroit-ce pointla même chose que la Frelampe. Voyez Sou.
FRELATER. Mêler & sophistiquer une liqueur»
11 se dit particulièrement du vin.
Du vin Frelaté est du vin mêlé d’ingrédiens pres-que toujours nuisibles a la santé, pour lui donnerde la force. Quand on ne mêle que du vin avec duvin, on dit du vin coupé.
FRENE, en Latin Fraxinus. Grand arbre dontle tronc devient très gros & très haut. Cet arbrefournit trois choses principales pour le Commerce ,le bois, l’écorce, & la manne purgative.
-j- Il ne réussit point dans les terres dures, froi-des , argilleuses, crayonneuses ; mais il viendra v!te„& s’élevera prodigieusement en plaine, dans uneterre légère, & peu profonde.
Le bois de Frêne est blanc, & rempli de veines :il s’employè à divers ouvrages de charronnage ; cequi fait qu’on le débite ordinairement dans les forêts,en timons & moutons.
II s’en amène aussi beaucoup en grume ou bûchesgarnies de leur écorce, qui sont de plusieurs lon-gueurs & grosseurs, mais ordinairement de 10, 12,14, 1? & 18 piás de long fur 8 a 9 pouces de dia-mètre. Le Frêne en grume sert à faire des baquetspour charier les vins & autres semblables marchan-dises.
Les vieux Frênes loupeux & nouai lieux, lors-qu'ils font bien sains, font très estimés des Armu-riers & des Ebénistes : les premiers s’en serventpour monter leurs armes, & les autres a faire debeaux ouvrages de tabletterie.
Ces fortes de Frênes se débitent en cartelles , quisont des planches de 3,4 & 5 pouces d’épaisseur.Il en vient aussi en grume, qui se coupent &, sescient par morceaux, suivant l’usage que les Ou-vriers en veulent faire.
Les piques sont ordinairement faites de bois deFrêne, parce que l’arbre jette dès le pié des bran-ches très longues & très droites. On se sert ausside Frêne pour faire des bois de raquettes, &pour les clôtures des bayes. Voyez. Bois de Ra-quette.
La manne purgative est une liqueur ou sucblanc qui coule des branches des Frênes. VoyezManne.
On prétend que les feuilles du Frêne mises en dé-coction dans du vin, sont capables de désopiler lefoie & la rate. On attribue aussi quelques vertusmédicinales à son bois, mais encore davantageà fa racine cuite dans l’eau commune avec de lapetite centaurée , le scordium & l’absynthe, qu’oncroit un remède souverain contre la morsure desserpens.
•f Le bois, outre l’usage qu’on en fait, com-me on vient de le dire, sert aussi en Médeci-ne dans certains Pays, suivant l’estime qu’en ontfait divers Auteurs, touchant les vertus qu’ils luiont attribué. Ils l’ont regardé & employé commeun sudorifique aussi excellent que le Gayac, dansles maladies honteuses, mêlé avec les autres boisdans les décoctions. Cesalpin , & Label è toient dece sentiment, & le fameux Ettmuller dit qu’onRappelle le Gayac de t Allemagne , parce que quel-ques-uns l’estiment plus efficace que le Gayac desIndes.
II y a plus d’un siécle qu’on faisoit un usage su-perstitieux du bois de cet arbre ; le secret étoit dif-ficile ; il faloit en couper un bâton d’un seul coup,dans un certain jour de l’année, a une certaine heu-re , & sous une certaine constellation, en le fai-sant faire par un garçon vierge, & avec unecoignée qui n’eût jamais servi. II y avoit alorsplusieurs sentimens différens fur la manière de fa-
A a 4 briques