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que la peinture d’une carte soit achevée. Voyez Car-tes A JOUER.
FRISSER , ou FRISER. Terme d’Imprimerie.II se dit lorlque les caractères, faute d’être assez ser-rés dans la forme , vacillent & marquent les lettresdoubles.
FRISURE. Façon qu’on donne dans les Manu-factures aux draps, aux ratines & autres étoffes delaine, pour y former des petits boutons ou a l’en-drcit ou k l’envers. Voyez Friser.
FRITTE. Terme de Verrerie. C’est l’écume quife léve de dessus les pots ou creusets, dans lesquelson met en fusion les matières propres a faire le verre.Voyez Verre.
FRIZE. 11 ledit k Smyrne d’une mauvaise quali-té de soie qui se trouve assez souvent parmi les soiesardasses. 11 faut observer dans le choix des ardasses,qu’il n’y ait point de fourscures, c’est-k-dire, qu’el-les ne soient point fourrées, & qu’il n’y ait ni fina-ítre, ni Frize.
FROC. Espèce d’étoffe de laine croisée, assezgrossière, qui se fabrique en quelques Villes de Fran-ce , particulièrement a Lizieux, Bernay, Tardouet,Fer vaques, & aux environs.
Suivant l’article 23 du Règlement général desManufactures du mois d’Août, 1669. les Frocs doi-vent avoir demi-aune de large étant foulés, fur 24k 2f aunes de longueur, mesure de Paris.
Plusieurs abus s’étant depuis glissés dans la fabri-que de ces fortes d’étoffes, qui les rendoient de trèsmauvaise qualité, il y a été pourvu par un Arrêt duConseil d’Etat du q Février 1716. en forme de Rè-glement , qui fixe en huit articles les espèces de Frocsqu’il est déformais permis de fabriquer; la portéedes fils en chaîne , tant de ceux qui s’appellent Frocsen fort, que de ceux qu’on nomme Frocs en fossile;les laines & couleurs qui doivent en faire les liteauxou lisières; & enfin les matières qui font permisesou défendues dans la fabrique de ces étoffes : re-nouvelant en outre les Réglemens généraux desManufactures de l’année 1669. & l’Arrêt du Con-seils du 7 Avril 1693. qui ordonnent aux Fabri-quans de mettre fans abréviation leur nom & celuide leur demeure, faits k l’aiguille ou fur le métierau chef & premier bout de chaque pièce desditesétoffes, avant d’être portées au Foulon. Voyez t Ar-ticle général des Réglemens pour les étoffes de laine,année ljl 6 .
Les Frocs de Rouen payent les droits de la Douanede Lyon à raison de 2 liv. du quintal.
FROID. Ón dit, en termes de Teinturier, Don-ner une couleur k froid, Teindre k froid; pour di-re , teindre fans feu & fans chaleur , ne point fai-re passer les étoffes par un bain chaud. Le noir kfroid est défendu par les Réglemens. Voyez Noir ,& Teinture.
Froid. Battre k froid. Se dit des métaux, parti-culièrement du fer qu’on travaille fur l’enclume fansle chaufer au feu de la forge.
FROMAGE. Lait pris & caillé , séché, durci &salé, propre pour manger.
Ménage , cité par Furetiére , veut que ce termesoit tiré de Formaticum ou Formago , dérivé de For-ma, qui est la forme ou l’écliíse où son fait le Fro-mage. O11 disoit autrefois Fourjnage & Formage,
11 y a de tant de fortes de Fromages, & dont lesnoms font si différons, qu’il seroit assez difficile deles pouvoir rapporter toutes. On fe contentera deparler ici de ceux qui font de quelque considérationdans le négoce des Marchands Epiciers , & qu’ilstirent, ou des Pays étrangers, ou de quelques Pro-vinces de France.
FROMAGES ETRANGERS.
Italie.
De toutes les espèces de Fromages celui d’Itahe
F R O M AGE.
o
est le plus estimé. II vient en grosses meules ou painsronds, épais de <; a 6 pouces, que quelques-unsnomment des Pièces. Ils font du poids depuis 50jusqu’k 90 livres.
Cette forte de Fromage fe vend en France fous letitre de Fromage de Milan ou de Parmesan. 11 n’estnéanmoins connu en Italie que fous le nom de Fro-mage de Lodi, Capitale du Lodefan, petite Provincede l’Etat de Milan, dont le territoire est fort féconden pâturages, & où il se fabrique quantité de cessortes de Fromages. II s’en fait toutefois ailleurs;mais parce que ceux de Lodi font les meilleurs, cet-te Ville leur a donné son nom.
II fe fait un négoce considérable de cette eípécede Fromage dans toute l’Europe, & fur-tout enFrance, où la consommation en est assez grande.Quelques-uns prétendent que les François lui ontdonné le nom de Parmesan, a cause d’une Princessede Parme qui l’avoit fait connoître en France.
Les bonnes qualités de cette forte de Fromagefont d’être nouveau, d’une pâte jaune, ferrée, Ôzfans yeux. On a voulu contrefaire le Parmesan enNormandie ; mais l’on n’y a pas réussi.
Suisse,
La Suisse fournit a la France quantité de grogFromages, qui fe tirent de Gruyères, petite Villedans le Canton de Fribourg; & de Berne Capitaled’un autre Canton du même nom.
Quoique les Fromages de Suiste soient d’une mê-me forme & d’une même pâte, cependant il est cer-tain que le véritable Gruyères l’emporte toujours furle Berne, soit pour la qualité, soit aussi pour le prix ;ce qui fait que le dernier fe débite pour l’ordinairefous le nom du premier.
Ces sortes de Fromages s’envoyent dans des ton-neaux par meules ou pains, que plusieurs appellentaussi Pièces, de même que les Fromages d’Italie. Lespièces font du poids de 35 jufqu’k 60 liv. Les mar-ques de leur bonté font d’être nouveaux, un peuélevés vers le milieu de leur forme, que la pâte ensoit jaune, qu’ils ayent de grands yeux, & qu’ilssoient d’un bon sel.
11 y a peu d’Epiciers en France, pour ne pas direpoint du tout, qui tirent leurs Fromages directementde Suisse ; ce font des Marchands de cette Nationétablis k Lyon, qui y en font des magasins considéra-bles , pour les vendre ensuite aux CommissionnairesLyonnois, qui lesenvoyent aux Marchands de Pa-ris , & des autres Villes du Royaume, qui en fontla demande.
-j- On dit dans l’article du Commerce de Suis-se, qu’il en passe k Genève environ 30 mille quin-taux par année pour la France seule.
En Franche-Comté, en Lorraine, en Savoie,& en Dauphiné, l’on contrefait les Fromages deSuisse : mais ces sortes de Fromages contrefaits,quoique pour l’ordinaire fabriqués par des Suissesmême, ne fe trouvent jamais si bons que ceux deGruyères & de Berne; ce qui provient peut-être dudéfaut des pâturages.
Maniéré de fabriquer les Fromages de Gruyères.
Les Fromages de Gruyères fe font tout de laitde vache, & non d’autre, comme quelques-uns leprétendent. Du même lait on compose de deuxsortes de Fromages l’un après l’autré , qui fontssiíendifférons, soit pour la qualité , soit pour la figure,soit aussi pour la manière de le fabriquer.
Le Fromage du premier lait est le plus gros &le plus estimé. II fe fait tout de lait caillé, par grospains plats & ronds ; & c’est de celui-lk dont il fefait'des envois considérables k Lyon pour la con-sommation de France.
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