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Tome 2.
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GABA. GABE.

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GABELLE.

Septième Lettre de t 1 Alpha-bet. Cette Lettre mise touteseule signifie un Gros , soitde poids , soit de monnoie,dans les registres, journaux,& dans les comptes des Mar-chands , des Banquiers & Te-neurs de livres.

GABAN , ou CABAN.Manteau de feutre ou d’é-íoffe de drap grossier & a longs poils, qu’on portecontre la pluye. Les Turcs s 1 en servent beaucoup;& les Marchands d’Europe, particulièrement lesProvençaux, en mettent assez souvent dans leurscargaisons pour les Echelles du Levant. Ils les ti-rent de quelques endroits de Barbarie ; les plus esti-més font ceux de Mequinez, sur-tout lorsqu’ils fontmarqués d’une espèce de croix rouge & jaune.

GABARE, ou GABARRE. Espèce de bateauplat & large qui va a la voile & a la rame. LesGtbares fervent a transporter les cargaisons des vais-seaux k bord, quand on en fait le chargement, ous en décharger les marchandises quand les naviresfont arrivés.

Ces fortes de bâtimens, qu’on peut proprementappeller des Aleges , font fort ordinaires dans la ri-vière de Nantes. .

Par l’Ordonnance de la Marine du mois d’Aoutï68i. le payement du fret des vaisseaux est préfé-rable a toutes dettes fur le prix des marchandises,tant quelles font fur les Gabares.

Les fraix des Gabares entrent en Avaries ordi-naires.

Gabare. C’est aussi une patache ou petit bâti-ment ancré dans un Port de Mer ou dans une ri-vière , fur lequel il y a des Commis des Fermes duRoi établis pour visiter les bâtimens qui entrent ouqui sortent, afin d’assurer les droits d’entrée & desortie.

Les Conducteurs des bâtimens font obligés de«'approcher de la Gabare pour faire leurs déclara-tions , & font tenus de souffrir la visite du Commis.

GABARIER, ou GABRIER. Celui qui conduitune Gabare. II se dit aussi des hommes de journée& porte-faix qui aident a charger & décharger lesvaisseaux, & a mettre dedans ou sortir les mar-chandises de la Gabare.

GABARRAS. Voyez. Mumie.

GABELLAGE. Tems que demeure le sel dansun Grenier. Les Ordonnances défendent d’entamerles masses des Greniers quelles n’ayent tout leurGabellage, c’est-a-dire, que le sel n’y ait été appor-té depuis 2 ou z ans au moins.

Gabellage. Signifie aussi certaines marques queles Commis des Greniers mettent parmi le sel pourdécouvrir dans leurs visites si le sel qu’ils trouventchez les Particuliers est du sel de Gabelle, oû du selde Faussaunage. Ils se servent ordinairement pourcela de paille ou autres herbes hachées qu’ils ontBillion-, de Commerce. Tom, 11.

coutume de changer très souvent.

GABELLE. Signifioit autrefois toutes fortesd’irnpositions qui se mettoient sur diverses espècesde marchandises & denrées ; la Gabelle n’étoit pasalors seulement un droit Royal, les Seigneurs par-ticuliers se l’étoierít en quelque sorte appropriée , &l’on a vû long-tems fous la troisième Race des Roisde France, de simples Seigneurs hauts Justiciersl’exercer fur leurs vassaux.

L’étymologie de ce terme est assez équivoque &assez inconnue, & l’on a peine a croire qu’on puisserester parfaitement satisfait de celles qu’en apportentMrs. du Cange & Ménage , ces hommes célèbresdans tout genre de littérature, & particulièrementdans les premières racines des termes : celle de Mr.du Cange , qui le tire de Gabella, nouveau mot La-tin , seroit la plus convenable , si l’on étoit sûr quece Gabella ne fût point iui-même un mot Françoislatinisé.

L’impôt sur le sel est enfin resté seul en possessiondu titre de Gabelle; & quand on dit ô la Ferme desGabelles * cela ne s’entend plus que d’un droit Royalde vendre le sel dans la plupart des Provinces deFrance que le Roi cède a un seul adjudicataire ; ala charge d’en rendre a S. M. un certain nombre demillions de livres par an, & fous d’autres conditionsportées dans l’Arrêt & le contrat d’adjudication ourésultat du Conseil.

Avant le régne de Philippe le Long, le trafic dusel étoit libre en France,. & ce fut lui qui le premiery mit un impôt, mais pour un tems seulement. Cetimpôt fut d’un double par livre de sel ; impôt consi-dérable alors par raport k la valeur intrinsèque desmonnoies. Ce Prince tint parole , ou peuí-Stremourut avant que d’y pouvoir manquer , n’ayanírégne que cinq ans ; mais enfin , les guerres finies ,l’impôt fut levé : exemple rare, mais qu’on a néan-moins vû se renouvelles dans la seconde année durégne de Louis XV, fous la Régence de PhilippeDuc d’Orléans, le prix du sel ayant été diminué duquart en sus dont il avoit été augmenté' pendant laguerre pour la succession d’Espagne, finie seulementsur la fin du régne de Louis XIV.

Plusieurs Rois successeurs de Philippe se servirentde lá même ressource dans les besoins de 1 Etat, enaugmentant toujours l’impôt de quelques deniers.Enfin tout le commerce du sel pour l’intérieur duRoyaume est resté entre les mains du Roi qui enfait faire la régie, la vente & la distribution par sesFermiers, & fous la Jurisdiction d’Officiers créésuniquement pour le fait des Gabelles.

On appelle Grenier a sella Jurisdiction où se por-tent en première instance les contraventions k l’Or-donnance , & les autres différons qui surviennentíur le fait du sel.

Cette Jurisdiction est composée de Présidons , deLieutenans , de Grenetiers, de Controlleurs, d’A-vocats & Procureurs du Roi, de Greffiers, d’Huissiers& de Sergens. Toutes ces charges font doubles

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