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Tome 2.
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623 GARANCE.

le mois de Septembre , qui est aussi le tems qu’onrecueille la graine de la Garance, & qu’on cou-pe la feuille, qui peut servir de fourage aux ani-maux.

Chaque Garancie're peut durer dix ans entiers,fans qu’il soit nécessaire de semer de nouvelle grai-ne ; toute la culture pendant ces dix ans ne con-sistant qu’k un labour chaque année, & h leverau mois de Septembre les racines qui ont le plusprofité.

Quand les racines ont été arrachées, on les metsécher au soleil, ou a sombre, si c’est dans unPays chaud, pour être après réduites en poudreavec un moulin, & ensuite bien soigneusement ser-rées dans de doubles sacs, pour empêcher qu’ellesne s’éventent, ce qui rendroit la couleur moinsvive.

-j- On trie les plus belles racines pour la premièreforte , on les fait sécher avec de certaines précau-tions , on les moud , on en sépare l’écorce au mou-lin , & l’on conserve le milieu de la racine moulue-dans des tonneaux, où on la laisse 2 ou 3 ans, par-ce qu’après ce tems elle est meilleure pour la tein-ture , qu’elie ne l’auroit été en sortant du moulin. Ilfaut, pour l’usage de la teinture, la choisir d’unecouleur de safran, en mottes les plus fermes , &d’une odeur forte, qui cependant ne soit pas désa-gréable.

La Garance qui est fraîche, donne une couleurplus vive ; celle qui est faite d’un an, donne plusde couleur ; mais celle qui vieillit trop, perd de favivacité ót de fa qualité.

La Garance vient ou en pipe, qui est la plusgrossière ; ou en balle, qui est la plus estimée, &qu’on nomme Garance de grape.

II y a aussi une espèce de Garance, qu’on appelleBillon de Garance , qui n’est autre choie que de laterre rougeâtre mêlée avec quelque poussière de laGarance, ou de la grape de ceìio qui a déja étéemployée ; a quoi iì faut prendre garde, cette Ga-rance ne valant rien.

Quelques Marchands Droguistes & Epiciers di-visent la Garance, en Garance en branches , Garan-ce grape ou robée , & òarance non robée. La Garan-ce en branches est la racine , fans autre prépara-tion que d’être séchée; la Garance grape ou ro-bée est celle dont 011 a ôté la première écorce &le cœur, & qu’on a ensuite réduite en poudre gros-sière ; la Garance non robée est la Garance enbranches pulvérisée. La meilleure est la Garancegrape ou robée.

La petite Garance est une Garance sauvage quicroît d’elle-même & sans être cultivée.

-j- Mr. Belchier en Angleterre, & Mr. Du Hamelen France , ont expérimenté que la racine de Ga-rence, mêlée avec la nourriture des Cochons, desPoulets & des Pigeons, teint les os & autres par-ties de ces animaux en rouge. Voyez, les Mém. deÏAcad. Roy. des Sciences, ann. 1739.

La Garance paye en France les droits d’entrée àraison de 16 s. du cent pesant , & ceux de sortie sur lepiê de 26 s. conformément au Taris de 1664.

A t égard des droits de la Douane de Lyon , ils fontde ijs.ód. du quintal, tant pour s ancienne que pourla nouvelle taxation ; Û encore 28 s. pour les anciens& nouveaux quatre pour cent.

Commerce de la Garance a Amsterdam.

L’on vend a Amsterdam de quatre sortes de Ga-rance; savoir, la Garance fine de Zélande, la Ga-rance fine non robée, la Garance courte qu’onnomme autrement Garance mulle, & la Garance in-férieure. Toutes ces Garances se tarent sur les fu-tailles ; leur déduction pour le bon poids est de

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deux pour cent ; & celle pour le promt payementest d’un pour cent.

Leurs prix ordinaires font de 25 332 florins lescent livres de Garance fine de Zélande , 20 k 29 flo-rins pour la fine non robée, 8 a 16 florins pour laGarance inférieure, & 2 a 8 florins pour la Garan-ce mulle.

Outre ces quatre fortes de Garance, il se trouveaussi en Hollande de la Garance de Breílaw, d’Al-lemagne , de Flandre, & du pays.

Par les tarifs de 16^2. toutes ces Garan-

ces font appréciées, & payent les droits d’entrée &de sortie , savoir ;

Les Garances non robées, du crû du pays, les centlivres payent 12 fols de sortie, & 14 sols si c’èstpar l’Orisont.

Les Garances communes & courtes font appréciées

9 florins les 100 1., & payent 8 f. pour la sortie , ôc

10 f. par l’Orisont.

La Garance nommée Ecorce de Garance, les 100livres valant 6 florins, paye 4 f. de sortie, 6c 4 s.8. pennins par l’Orisont.

La Garance de Brestaw est appréciée a 12 florinsles 100 livres , st paye 3 f. d’entrée & 8 f. de sor-tie : l’entrée par l’Orisont est de ; f. sc la sortie de10 s.

Les Garances d’Allemagne payent 5 fols d’entréeles 100 livres, & 12 fols de sortie ; si c’est parl’Orisont, l’entrée est de 7 s. & la sortie de 14 s.

La Garance de Flandre fine paye les 100 livres icrf. d’entrée sc 12 de sortie, sc si c’est par l’Orisont12 s. d’entrée sc 14 s. de sortie.

Enfin les Garances communes de Flandre payentles 100 livres 7 f. 8. pen. d’entrée, sc 8 f. de sortie.Voyez Bois.

Garance. Rouge de Garance. C’est un des septbons rouges des Teinturiers. Voyez Rouge.

GARANCE'. Drap garance', c’est un drap teintavec la garance.

GARANCER. C’est teindre avec de la garance.

GARANCEURS. Ouvriers qui avec les Gues-drons sc les Noircisseurs composent le Corps desTeinturiers de Rouen. Les Garanceurs donnent auxlaines sc étoffes le pié de garance.

GARANCIERE. Lieu où l’on sème & où l’on re-cueille la garance.

GARANÇAGE. C’est la teinte ou bouillon faitavec la garance.

GARANT, &c. Voyez Garent scc.

GARAS. Voyez Gueras.

GARBELAGE. Terme fort usité a Marseille, scautres ports, pour les marchandises qu’on garbelle,comme Indigo , Cochenille , scc. C’est une espècede petit droit de 14 s. par quintal , qui se compteparmi les fraix qui se font pour les marchandises quis’envoyent dans les Echelles du Levant. Les autresfraix font , le poids du Roi, sc courtoisie au poseur;la caisse ; l’emballage & façon ; la censerie a tantpour 100 ; le port en Marine , sc la provision, aussia tant pour 100.

GARÇON. On appelle chez les Marchands, Gar-çons de boutique , ou Garçons de magasin, ou mê-me simplement Garçons, des Aprentifs, qui ayant faitleur tems d’aprentissage, servent encore chez lesMarchands le nombre d’années marqué par • le s Sta-tuts de chaque Corps, avant que de pouvoir être re-çus a la Maîtrise , sc faire le commerce pour eux-mêmes.

II y a des Aprentifs qui quoique reçus Maîtres, sefixent a la qualité de Garçons ; sc c’est de ces Maî-tres Garçons, comme on les nomme assez souvent,que dépend en partie l’heureux succès du commer-ce d’un Marchand.

Ce font les Garçons qui aident à ranger , k plier,a remuer sc a vendre les marchandises dans la bouti-que