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Tome 2.
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6zz GAU. GAY.

GAUFREUR. Ouvrier qui travaille à gaufrer lescamelots & autres étoffes.

A Paris les Gaufreurs font auíTi appellés par leursLettres de Maîtrise, Maîtres Découpeurs - Egrati-gneurs ; parce qu’outre la gaufrure, ils fe mêlent dedécouper, piquer & moucheter les taffetas, les satins& autres étoffes avec des fers ou instrumens dessinésà cet usage. Ce font aussi eux qui font les mouchesdont la plupart des femmes aiment tant a fe chargerle visage.

GAUFRIER. Instrument de Pâtissier qui sert àfaire cette efpéce de pâtisserie légére composée de.fleur de farine & d’œufs, que l'on sert fur les tablesen façon d’entremêts.

Le Gaufrier est de fer en forme de longues te-nailles , au bout defquelles font deux pièces de ferplat, fur lesquelles font gravés en creux des espècesde treillis ou petits quartes : c’est entre ces deux piè-ces raisonnablement chaudes que fe cuit la pâte donton fait les gaufres.

GAUFRURE. II fe dit de la maniéré & façon degaufrer. La Gaufrure est de ces modes qui fe re-nouvellent de teins en tems, l’ufage n'en étant pasbon, & fe dissipant aisément 'a Pair & au porter.

GAVITEAU. Terme de Marine. On s’en sert furla Méditerranée pour signifier ce qu on appelle uneBouée fur l’Océan. Voyez. Boue’e.

GAULE. Grande perche de bois, longue & me-nue , dont on fe sert a plusieurs ouvrages dans lesManufactures: les Teinturiers particulièrement s’enfervent pour étendre & mettre dessus les foies, lesfils & les laines au sortir de la teinture, afin de les'essorer & sécher.

Gaule. S'cher a la Gaule. Terme .de Nattier :c’est étendre sur une perche les cordons de nattede paille à mesure qu’ils font tracés, afin de lesmettre en état d’être ourdis à la tringle. Voyez.Natte.

GAULETTES. Petites gaules. On nomme ainsiâux Isles Antilles Françoifes, les perches où l'on at-tache le tabac lorfqu’ou veut le faire sécher a la pen-te. Voyez VArticle du Tabac.

GAUS. Sorte de tambours de cuivre qui fe fonta la Chine : ils entrent dans les cargaisons des vais-seaux qui vont de Canton a Siam. Ils s’aehétent 12taels a Canton & fe vendent 15 a Siam.

GAUTE. Efpéce de boisseau dont les Mauresfe fervent en quelques endroits des Côtes de Bar-barie, particulièrement les Anleddalis, Tribus deMaures qui ne sont pas éloignées du Bastion deFrance.

II faut 30 Gantes pour faire une mesure , qui estd’un cinquième plus grande que celle de Gènes,

GAUZA. Voyez GanzA.

GAY. On nomme ainsi- le hareng qui n’a ni lai-te, ni œufs. Voyez Hareng,

* GAYAC. Gayacan, Bois saint, Bois Indien,Legno santo , Lignum sanctum , Guayacum.Ce sont tous les noms Latins, François & Espa-gnols que l’on donne a un bois qui sert en Francek plusieurs ouvrages de tour & de marqueterie ;mais qui y est encore plus connu a cause de l’usagequ’il a dans la Médecine pour la guérison des mala-dies vénériennes.

Le Gayac croît également dans les Indes Orien-tales & dans les Occidentales : le bois de Gayac del’Amerique vient en grosses & longues bûches, dontil V en a qui pèsent jusques a J 00 livres , ce qui ledistingue de celui d’Orient.

* Le Gayac est un bois solide, compacte , pe-sant , résineux, presque d’un verd noirâtre, ou en-tremêlé de pâle, de verd, de brun & de noir, dansfa partie interne que l’on appelle la matrice ou lamoelle : Sa partie extérieure ou l’aubier est de cou-leur de buis, ou d’un jaune pâle, d’un goût un peuamer & un peu aromatique, qui pique la langue &

Diftiori. de Commerce. Tom, II.

GAYAC. *34

lé gosier par une douce acrimonie ; d’une odeurpénétrante, non désagréable quand il est chaud oùqu’on le brûle : couvert d’une écorce ligneuse , min-ce , compacte, luisante, brillante, un peu résineu-se, & comme formée de plusieurs petites lamestrès minces ; k í’extérieur de couleur de cendre,verdâtre & noirâtre, ou , diversifiée par des tachesplus ou moins vertes, & par une couleur livide &plombée : au dedans la couleur est pâle ; son goûtest acre, amer & désagréable.

Le P. Plumier, très habile Botaniste,n’établit qu’u-ne sorte de Gayac, qu’il définit ainsi: C’est un gen-re de plante a fleur polypétale & rosacée, savoirqui est composé de plusieurs pétales disposées enrose. Du milieu du calyce s’éle've un pistil , quife change ensuite en un fruit charnu & arrondi ,plein d’un ou de plusieurs osselets en forme d’œufs,& envelopés d’une pulpe très tendre.

II en rapporte deux espèces : La première s’ap-pelle Gayac à fleurs bleues dont le fruit efi arrondi .Cette efpéce devient quelquefois un très grand ar-bre , quelquefois aussi il n’est que médiocre : diffé-rence qui vient de la fertilité du tenoir où il croît.■Son tronc est le plus souvent cylindrique: maisceux qui se trouvent dans i’Isle de S. Domingue,du côté du Port de Paix, ne sont pas tout-a-fait cy-lindriques; car si on les coupe transversalement,leur section représente la figure d’une poire. Lors-qu’on regarde ces arbres de loin, ils ressemblenttrès bien a nos chênes. Les jeunes sont couvertsd’une écorce un peu ridée : ceux qui sont vieux ontl’écorce lisse, un peu épaisse, & fe séparant en deslames minces ; elle est variée ou de couleur pâle *parsemée de taches verdâtres, & un peu grises. Lètronc de ces arbre a peu d’aubier, qui est pâle ; lecœur est de couleur verte d’osives, foncée & bru-ne; & son bois est très solide, huileux , pesant, d’u-ne odeur qui n’est pas désagréable, d'uti goût amer& un peu acre : chaque feuille est arrondie , lon-gue d’environ vin demi pouce, large presque d’unpouce, lisse, ferme, compacte coînme du parche-min, d’un verd pale. Ses fleurs sont en grand nom-bre & entièrement semblables a celles du citron-nier : le fruit est de la grandeur de l’ongle; char-nu , qui a la figure d’un cœur, & un peu creuséen manière de cuiiliére, d’une couleur de vermil-lon ou de cire rouge ; lequel renferme une feulégraine dure, de la tonne d une olive , qui contientune amande plus petite que celle de solive, & en-velopée d’une pulpe tort tendre. On trouve cet ar-bre dans presque toutes les Isles Antilles, & sor-tout.dans celles de 8. Domingue & de Sainte-Croix.

La seconde efpéce de Gayac íe nomme Gayac àfleurs bleues dentelées dont le fruit ejl quadrangulaire.Gette efpéce est moins haute que la précédente : sonbois est aussi solide & aussi pesant, mais de couleurde buis ; son écorce, qui est un peu plus épaisse, estnoirâtre en déhors, paríèmée de plusieurs tachesgrises, & sillonnée de rides réticulaires & transver-sales : elle est pâle en dedans & d’un goût légère-ment amer. Les feuilles sont plus petites, plus min-ces & plus pointues, sur-tout les jeunes ; les fleursparfaitement semblables, mais un peu dentelées.Les fruits sont quadrangulaires, comme ceux dénotre fusain ordinaire, de couleur de cire; parta-gés intérieurement en quatre loges, dans chacunedefquelles est contenue une feule graine osseuse ;rouge, qui a presque la figure d’une petite olive.

Mr. Miller y grand Botaniste de Londres, dit^dans fa Botanique officinale , que les fleurs de cet ar-bre sont jaunes, composées de six pétales, & dis-posées en ombelles. II faut que ce soit d’une espécédifférente que celle du Père Plumier , dont il parle.On a parlé de deux espèces dans les Auteurs, quiont les fleurs bleues; mais iln’y a que Monarâes ;Médecin Espagnol, qui les ait dites jaunes , d’où

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