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peut-être Miller a tiré ce qu’il en a dit, & de mê-me Lemery dans son Diílionn aire des Drogues.
Le nom de Gayac est tiré, par corruption, deHiacan , qui est le nom que des nations Américai-nes donnent à une espèce de ce genre. Une autreespèce porte chez les mêmes nations celui de Hoa-xecan. II ne croît dans les Indes Orientales aucu-ne espèce de Gayac, ainsi que l’avoit crû Mr. Sa-yary , de même que Lemery.
II découle des troncs de ces deux espèces d’arbreune résine brune, luisante & un peu acre. La se-conde est très fréquente dans l’Ifle de 8. Domingueaux environs du Port de Paix. Ces arbres fleurissentau mois d'Avril, & ils portent des fruits murs aumois de Juin.
Le bois du Gayac est extrêmement dur, & si pe-sant qu’il est un des bois que les Statuts des MaîtresBoutonniers de Paris défendent que l’on mette dansles boutons en forme de moule.
Les Médecins s’en fervent dans diverses décoc-tions & pour différens remèdes, l’estimant propreà échaufer, raréfier, atténuer, attirer & provo-quer les sueurs & les urines, II faut le choisir engrosses pièces de couleur tannée, tirant fur le noir ,récent, résineux, pesant & de bonne odeur, avec unefaveur acre & tin peu mordicante, une écorce fortadhérente au bois, & qui s’enflamme aisément.
L’écorce de Gayac n’est pas moins souveraineque le bois même : il faut la choisir unie , pesante,difficile a rompre, grise par dessus, blanchâtre audedans, d’un goût amer & assez désagréable.
A l’égard du bois , quand on veut l’employer enremèdes & en faire des décoctions ou tisanes íudo-rifiques, il faut en ôter le blanc qui en est propre-ment l’aubier , & n’en faire hacher ou râper que lasubstance la plus dure & la plus solide qui est noire,pesante & fort resineuse.
La plupart des Charlatans qui promettent la guéri-son des maux vénériens, n’y font pas tant de façon.Pour épargner quelque chose fur i’ac.hat du bois deGayac , qui n’est pourtant pas extrêmement cher,aux risques du mauvais succès des cures qu’ils entre-prennent , ils se contentent de prendre chez les Tour-neurs & Ebenistes, les copeaux & rapures que cesOuvriers laissent pourrir au coin de leurs boutiques ;ce qui n étant qu’un rebut & un aubier tout-â-faitfans vertu, fait toujours plus de mal que de bien.Ce mauvais Gayac se vend ordinairement un fol lalivre.
Depuis quelque tems les Chirurgiens se font ba-zardés de substituer le Louis au Gayac, & rappellentGayac de France ; s’ils font bien ou mal, une assezlongue expérience ne l’a point encore pû découvrir.
Òn tire du Gayac un flegme, un esprit, une hui-le noire, épaiílè & puante , un sel, un extrait & unerésine.
-f On peut voir le Mémoire de Mr. Bourdelin,sur le Sel lixiviel du Gayac , dans les Mem. de íAcad.Royale des Sciences , an. 1730.
Le bois Ù écorce de Gayac , conformément au Tarifde 166q. paye en France les droits d?entrée à raisonde y fols du cent pesant , & 6 s sous Lignurn sanctum.
A t égard des droits de la Douane de Lyon , ils fepayent fur le pié de q. f. 6 den . du quintal pour P ancien-ne & nouvelle taxation ; & encore y fols pour les anciens& nouveaux quatre pour cent.
* Gayac. La résine qui découle des arbres qu’ona décrits a l’article Gayac , & que l’on appelle im-proprement dans les boutiques Gomme de Gayac ,est brune en déhors, blanche en dedans, tantôt rous-íâtre, & tantôt verdâtre, friable, d’un goût un peuacre, d’une odeur agréable de résine quand on la brû-le, & qui approche de celle du bois de Gayac.
La gomme de Gayac paye en France les droits den-tree à raison de cinq pour cent de fa valeur , attenduquelle rCejl point employée dans les Tarifs .
GAZA. GAZE. 630
GAZANA, ou CASAVA. Monnoie d’argemdes Indes Orientales ; c’est une des roupies qui ontcours dans les Etats du Grand Mogol, particulière-ment a Amadabath : elle vaut y o f. monnoie deFrance.
GAZE. Petite monnoie de cuivre qui se fabrique& qui a cours en Perse ; elle vaut environ 3 liards deFrance. Quelques-uns la confondent avec le Kabef-quì ; d’autres estiment que ce n’est que le demi-Ka-besqui, c’est-'a-dire, le liard Persan. Voyez Kabes-qui , & Carbequi.
Gaze. Etoffe de soie, tjtès claire & très légé-re : il y a auffi des Gazes de pur fil ; les unes & lesautres font ou unies, ou brochées , ou rayées, &fervent ordinairement aux ornemens & habillemensdes femmes ; celles de fil pour leurs coëffures, toursde gorge, manchettes & engageantes ; & celles defoie, a leurs fichus , à leurs écharpes, & même enété à des habillemens tout complets. On en faitauffi quelques meubles pour cette saison, comme deslitsd’ange, des pavillons pour les bains & des couii-niéres, où l’on employé particulièrement les Gazes,qui font brochées d’or, d’argent ou de foie de di-verses couleurs.
Ceux qui fabriquent à Paris les Gazes de soie,font du nombre des Ferandiniers, qui depuis quel-que tems prennent le nouveau nom de MarchandsFabriquans, & qui sont, ' pour ainsi dire , divisés endeux Sociétés, quoique dans un même corps : lesuns qui ne font que des ferandines & des grisettes,ont retenu le nom de Ferandiniers ; & les autres , acause qu’ils ne travaillent que des Gazes, se fontappeller Gaziers, ou comme disent d’autres,, Gaze-tiers. Voyez Ferandinier.
On n’employe aux Gazes que des soies Sina, &seulement du Clochepié. Ces termes sont expliqués al’Article des Soies. Voyez auffi Clochepied.
Les Gazes suivant le Règlement de 1667. doiventêtre, tant en chaîne qu’en trame , de bonne & puresoie , à peine de confiscation & de 24 livres d’a-mende.
Pour ourdir la soie, qui doit y servir, on sc sertd’une espèce de moulin qu’on appelle Ourdissoir,sur lequel se dévide la soie de la chaîne. Ce mou-lin est une machine de bois de six piés environ dehauteur; au milieu est posé perpendiculairement unaxe, qui a six grandes ailes : c’est fur les ailes quese roulent les soies montées auparavant fur des bo-bines , ce qui se fait a mesure que l’axe tourne parle moyen d’une large roue couchée de champ au piéde l’axe.
Quand toute la soie est chargée sur. les ailes dumoulin plus ou moins , suivant le plus ou le moinsdes portées qu’on veut donner à la Gaze,.on se sertd’un autre instrument nommé la Lanterne ou le Pi-loir, pour la redévider fur les deux Ensubîes du hautdu métier qu’on veut monter : l’une des deux En-sables est pour la Gaze , & l’autrepour le fond. En-suite on passe la soie par autant de petites perles d’é-mail qu’il y a de brins de soie, & on la roule furune troisième Enfuble,qui est la seule qui soit du côtédu Fabriquant. Il faut remarquer que de toutes lesétoffes de soie il n’y a que la Gaze qui se fasse k laperle.
Description d un métier monté pour une Gaze brochée dedemi - aune de large.
Le métier a Gaze est quarté & assez semblable kcelui des Tisserans : il a seulement trois marches ;l’une pour la Gaze, l’autre pour le fond, & la troi-sième pour le pas dur. Les autres parties du métiersont, le peigne & le battant qui le tient, deux têtesou lisses de soie, auxquelles sont attachées lesperles au nombre de 2000, mille k chaque lisse ;les lisserons qui portent les lisses, le caffin & ses200 poulies , qui fervent k faire le dessein de la
^ brochure ;