Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

6zy GENE.

Genest des Teinturiers. Voye z F Article sui-vant.

GENESTROLE. Herbe qui vient fans culturedans plùlieurs endroits de France, dont les Teintu-riers fe íervent pour teindre en jaune les étoffesde peu de conséquence. On la nomme autrementHerbe de pâturage.

Cette herbe ne se peut garder que quand elle aété cueillie en maturité : si l'on veut s'eh servir aussi-tôt après l’avoir cueillie, il n’importe pas qu’elle soitsi meure. Elle est assez semblable au genest ordi-naire , d’où vient qu’on l’appelle aufli Genest desTeinturiers j ses verges néanmoins font plus minces& plus courtes , aussi-bien que ses feuilles, ses fleurs& ses gousses. Voyez. Jaune.

GENET D’ESPAGNE. Voyez Cheval.

GENETIN. Sorte de vin blanc qui vient d’Or-léans. Voyez Vin.

* GENEVRE, & GENEVRIER. Est un petit ar-brisseau toujours verd, & dont les feuilles font étroi-tes , fermes ik terminées chacune par leur pointe,comme une épine fort piquante. Ce genre de planteapurtient a la XIX e classe de Tourne for t , laquellecomprend les arbres qui ont leurs fleurs en chatons ;ce font des fleurs mâles ou a étamines, séparéesdes rieurs femelles fur les mêmes rameaux de la plan-te. Ces dernières fleurs dans le Genévre font à troispétales, dont le pistil dans chacune devient uneb.ye charnue , ronde , qui renferme trois petitsosselets ou noyaux. Il est fort commun.

Cet arbrisseau est deux ans a meurir ; au commen-cement il est verd, il rougit en meuriffant, & ilnoircit a la fin. Le fruit est rempli d’un suc doux ,aromatique & acre , auquel on trouve a la fin une, amertume assez considérable, lorsqu’en le goûtanton vient a l’écraser tout-'a-fait. En examinant avecsoin d’où proviennent ces différentes saveurs, dansun même fruit, M. Geofroy le cadet, dans un Me m. del’Acad. Royale des Sciences A. 1721. attribue cetteâpreté a la qualité de Pécorce, & quelquefois au dé-faut de maturité, parce que souvent il n’a pas eu assezde chaleur pour bien meurir. Pour la saveur douce,elle vient du fruit, qui est véritablement une sub-stance mielleuse j enfin le goût aromatique dépenddes vésicules huileuses répandues dans la substancedu fruit. Elles y sont si bien marquées, que Mr.Geoffroy a trouvé le moyen de les séparer ; mais cene sont pas les seules qu’on remarque dans la bayede Genévre : chacun des petits noyaux qu’elle ren-ferme porte outre cela 4 ou j vésicules toutesassez sensibles, logées chacune dans une fossette oucanelure pratiquée a la surface du noyau. On lesdétache aisément, & l'on en dépouille le noyau , sur-tout quand le Genévre èst bien fiché, que l’hui-le contenue dans ces vésicules s’est durcie en résiné.Toutes ces vésicules étant d une couleur obscure,n’avoient point encore été distinguées du reste dufruit. En les déchirant, on en sépare une petite lar-me resineuse, ovale & bien transparente, telle apeu près que le Sandarac qui se tire de la mêmeefpéce d’arbre. C’est cette grande abondance d’hui-le ou de résiné, dont les bayes de Genévre sont rem-plies , qui leur donne ce goût amer.

Ces observations ont fait tenir deux chemins op-posés a Mr. Geoffroy , dans les préparations qu’onfait du Genévre, l’une pour avoir son extrait, &l’autre pour tirer sb n huile essentielle ; quand onveut faire l’extrait, il ne faut point piler le Genévre,il suffit de dissoudre le suc qu’on veut exprimer, sansaller plus loin, autrement l’extrait seroit trop acre ;mais lorfqu’on veut en avoir l’huile essentielle , ilfaut l’aller chercher jusques dans les réservoirs lesplus profonds , en écrasant entièrement la graine.

Les bayes de Genévre sont très en usage dans laMédecine ; car on leur attribue d’excellentes vertus,de me me qu’h son bois.

GENE.- GENT. 640

Il y en a huit eípéces de connues, dont la plupartcroissent en arbres.

II y en a un grand, qui s’eléve fort haut dansles Pays chauds , & en Afrique fur-tout, lequel rendpar incision & au moyen des grandes chaleurs uneefpéce de gomme en forme de larme luisante, qu’onnomme Sandaraque , ou vernix, parce qu’on s’ensert pour faire du vernis. Voyez Sandaraque.Voyez auffì Cedre de Phenicie.

- -f Vécorce de Genevrier paye à la Douane de Lyon,fous le nom de Cortex Juniperi savoir 12/. d ancien-ne taxation , I J. de nouvelle réapréciation ; 13/5de n. pour les anciens 4 pour cent 5 & 2. f pour leurnouvelle réapréciation.

1 J huile de Genevre paye en France les droits d en-trée fur le pié de z liv. du cent pesant.

GENISSE, ou TAURE. Jeune vache qui n’apoint encore été présentée au taureau. VoyezVACììE.

Les Geniffes de deux ans payent en France les droitsde sortie à raison de 18 s. la pièce , conformément auTarif de 1664. & dentrée 8 s.

GENOISE, ou GENÒUINE. Monnoie qui a coursa Gênes &c. Voyez Croisât.

GENTES. Voyez Jantes.

* GENTIANE. Racine médicinale , qui porte lenom de la plante qu’elle produit. Les Anciens, pourla rendre plus considérable, lui ont donné le nom deGentius Roi dTllyrie, qu’ils prétendent avoir le pre-mier fait l’expérience des qualités admirables qu’onlui attribue.

J- Cette racine fait partie du Commerce des Mar-chands Droguistes dans les pays les plus chauds &les plus froids de PEurope. Les Alpes voisines d'I»tade sont les montagnes qui en fournissent le plus.Les Pyrénées en fournissent l’Efpagne & le Portu-gal

La Gentiane est jaunâtre , & d’une amertume in-supportable ; elle est quelquefois grosse comme lebras , mais diviiée en divers rameaux de la grosseurdu pouce : fa tige s’éléve plusieurs piés de haut ;elle est creuse , lissée, polie & coupée par quantitéde nœuds, d’où sortent 2 a 2 , & toujours en dimi-nuant de grandeur , des feuilles larges & d’un verdrougeâtre, allez semblables k celles du plantin: lesfleurs qui suivent aussi la division des nœuds, sontjaunes, & la graine est plate , ronde , lissée & lé-gère.,

■f Ce genre de plante porte une fleur monopétaleen forme de cloche allongée j c’est pourquoi Mr.Toumefort Pa rangé , selon son système, dans faI ere classe, où il a renfermé toutes les Fleurs encloche. Le pistil devient, ensuite de la fleur, une.capsule a une loge, qui s’ouvre en deux parties , &qui contient plusieurs semences assez petites.

-j- On connoit 19 espèces de ce genre , dont il n’ya que deux qui soient en usage dans la Médeci-ne, savoir la première de Toumefort , qui est lagrande Gentiane a fleur jaune, & sa douzième ,surnommée Cruciata , qui est a fleur bleue. On at-tribue a ces deux espèces, a peu près les mêmesvertus.

f Les feuilles de la grande n’ont point de côtes,contre l’ordinaire des autres feuilles ; elles sontlarges & fort nerveuses , k la maniéré de celles duplantin. Les Paifanes de Suisse & de Savoie s’enfervent fréquemment pour enveloper leurs pièces deBeurre qu’eiles portent vendre dans les Marchés.

Cette racine est estimée souveraine contre les poi-sons, & même contre la peste: elle est fudorifique,& se prend avec succès dans les fièvres intermitten-tes , ce qui lui a fait donner le nom de Quinquinad’Europe. Elle entre aussi dans la composition de lathériaque.

La Gentiane aime les lieux humides ; elle croîtabondamment en Bourgogne , & l’on en trouveaussi en quelques endroits des Pyrénées, des Alpes ,

Sr