/
64 ? v GIB. GIN.
cuir couvert d’étoffe.
Cette dernière sorte de Gibecière ne sert guéresqu’aux Charlatans & Joueurs de gobelets pour lestours d’adreííe dont ils amusent le public.
A l’égard des Gibecières de cuir, les unes fontrondes Òc propres aux chasseurs qui les tiennent at-tachées avec une ceinture aussi de cuir ; les autresfont quarre'es & servent aux Grenadiers soit a che-val , toit a piè , pour y mettre leurs grenades, & leurpendent en bandoulières. Le reste de l’Infanterie sesert ausst de Gibecières attachées au ceinturon; ce quileur tient lieu de l’ancienne bandoulière où pendoientleurs fournimens.
Les Gibecières & bandoulières font du nombre desmarchandises dont la Jortie ejl défendue dans toute Re-tendue du Royaume , terres & pais de lobéissance duRoi , à peine de confiscation , suivant f Ordonnance de1687. & tous les Traités de paix.
GIETER. Espèce d’escope ou pêle de bois creuse,dont on se sert dans les blanchisses de Hollande pourarroser les toiles fur le pré.
-j- Ce mot Hollandois se prononce ainsi, Guître ,parce que le G dans cette langue retient la même fa-çon de prononcer avec les deux voielles e , ì , qu’a-vec les trois autres a, o, u. De plus la diphtongueie se prononce comme un i long, la sillable ter , com-me si on disoit tre. C’est ce qu’il faut remarquer dansles autres mots Hollandois qui font assez fréquensdans ce Dictionnaire.
GILLE. Espèce de grand épervier. Sorte de filetà prendre du poisson: Il a près du double de l’é-pervier commun, & porte 800 mailles & autant deplombs de circonférence. Sa hauteur lorsqu'il est pliéest de plus de 1 % piés ; il se jette a trois personnes ,une qui est aux avirons du bateau a pêcher, & deuxqui le jettent. On ne s’en sert qu’en hyver & a riviè-re haute. II est défendu encore plus sévèrement quePépervier, a cause qu’il désempoissonne les rivières.Voyez. Epervier.
GIN. Voyez Eu N.
GINDRE, ou GEINDRE. Ce terme n est d’u-sage que parmi les Maîtres Boulangers de la Ville &Fauxbourgs de Paris. II signifie le Maître Garçond’un Boulanger. On l’appelle aussi Maître de Pêle.Voyez cet -Article .
GINGEMBRE. Espèce de drogue, qui réduite enpoudre , s’appelle Epice blanche & petite Epice , &íert à composer ce qu’on nomme vulgairement lesquatre Epices.
Le Gingembre vient originairement des grandesIndes : Il croît en abondance par toute la Chine,& est à grand marché ; mais depuis qu’on l’a trans-planté dans les Ries Antilles , il y a si bien réussi &y est tellement multiplié , que presque tout ce qu’onvoit de cette drogue en France vient de ces Mes,n’en venant plus que très peu d’Orient.
-j- Le Gingembre est une racine tubéreuse, noueu-se , branchue, un peu applatie, dont la substanceest un peu fibreuíe, pâle ou jaunâtre, couverte d’u-ne pellicule un peu brune, dont on a coutume dela dépouiller, Iorsqu’elle est récente & avant qu’onnous l’apporte : d’un goût très acre, brûlant, aro-matique comme le poivre ; d’une odeur très-agréa-ble. On nous l’apporte de la Chine, du Malabar& de Piste de Ceylan, & même de quelques Pro-vinces de l’Amérique. Celle de la Chine est moinsfibreuse, & passe pour la meilleure.
O11 estime celle qui est récente, blanche ou pâ-le , odorante : on rejette celle qui est rongée desvers, pleine de poussière, & dont la superficie aété couverte de bol ou de craye, pour remplir lestrous que les vers ont fait, car elle y est fort sujette.
Le Gingembre est la racine d’une plante 1 qui nes’éiéve pas beaucoup hors de terre ; elle jette desfeuilles vertes & longues comme celles du roseau ;
G I N G E M. 644
sa tige est même assez semblable ; sa fleur est rougeâ-tre , mêlée d’un peu de verd.
J- Le genre de plante qui donne cette racine acred’épicerie, est véritablement une liliacée , qui doitêtre rangée dans la IX e . Classe de Mr. Tournefort ,laquelle renferme les fleurs en lis. Sa fleur est unemonopétale irréguliére , dont le pistile donne dansfa maturité une capsule triangulaire divisée entrois loges, qui renferment la graine. Sa racine,ses feuilles, fa fleur & son fruit, portent les vraiscaractères qui apartiennent aux autres genres deliliacées.
Cette plante pique peu avant en terre, étendantseulement ses racines en largeur : aux Istes on lesappelle Pattes de Gingembre, ayant en effet quel-que chose d’approchant de la figure de la main del’homme.
Quand cette racine, qui est fort noueuse, estparvenue en maturité, on la tire hors de terre ,& on la fait sécher sur des clayes, soit au soleil,soit au four, la conservant ensuite dans des lieuxsecs.
-j- On cultive cette plante dans toutes les Provincesdes deux Indes : on en sème la graine, ou on enplante la racine dans une terre grasse, humide òtbien cultivée. Elle ne paroît point naturelle a l’A-mérique : mais elle a été apportée des Indes Orien-tales ou des Istes Philippines, dans ìa nouvelle Es-pagne & dans le Brésil.
-f On ramasse tous les ans les racines de Gingem-bre où les fleurs font sechées ; & ayant ôté I’écorceextérieure , on les jette dans la saumure : & aprèsles avoir laissé macérer une ou deux heures, on lesexpose autant de tems au Soleil ; ensuite on les pla-ce à couvert sur une natte, jusqu’a-ce que toutel’humidité soit dissipée.
Le bon Gingembre doit être nouveau, sec, biennourri, difficile a rompre , d’un gris rougeâtre audessus, résineux au dedans , d’un goût chaud , pi-quant. Celui qui vient par la voie d’Angleterre estrarement de bonne qualité ; mais presque toujoursmollasse, filandreux, blanc & vermoulu ; toutesimperfections qui rendent un Gingembre très mau-vais. Les Colporteurs & Merciers de village ne ven-dent guéres de poivre où il n’y ait une partie de Gin-gembre mêlé.
Le Gingembre verd se confit en sucre & en miel ,après qu’on l’a fait quelque tems tremper pour luiôter une partie de son acrimonie, & en enlever plusfacilement la première peau ; on en fait aussi de lamarmelade & des pâtes sèches. Les peuples du Nordusent beaucoup de cette confiture, qu’on tient sou-veraine pour le scorbut.
Les Indiens le mangent aussi en salade , le mêlantavec quelques herbes, & l’assaisonnant avec del’huile, du vinaigre & du sel.
A l’égard de son usage dans la Médecine, onle croit propre â fortifier ì’estomac & k réveiller Fap-petit; il aide aussi a la digestion & résiste à la pourri-ture &a la malignité des humeurs.
-j- Les Chinois qui font habiles a confire ausucre toutes sortes de matières végétales, confi-sent de cette racine en bonne quantité lorsqu’elleest verte, & en font un grand négoce a Batavia,d’où les Hojlandois en aportent beaucoup en Eu-rope, lesquels en font aussi k leur tour un bon com-merce. Elle est excellente pour l’estomac, prise àla fin du repas , parce qu’elle aide a la digestion ;elle sert par la merveilleusement a prévenir les fiè-vres d’automne , lesquelles naissent alors facile-ment, par le chanpement de saison, en passant duchaud au froid. Aussi c’est cette raison , qui l’a faitmettre si fort en usage dans les Pays froids & hu-mides.
II y a une espèce de Gingembre sauvage qui vient
pareil-
)
r