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Tome 2.
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§z r G I N S E N G.

j’en ai appris des Chinois a Batavia , dans uneLettre du Père Jartoux, Missionnaire a la Chine,laquelle se trouve dans le X s Recueil des Lettres édi-fiantes.

Ce Pays où croit le Gin-seng , est sous le mê-me parallèle que le Royaume de Naples. Le mêmePère qui fut en ce Pays - la pour lever la carte de laTartarie par l’ordre de l’Empereur de la Chine, s’i-magina que dans le Canada, s’il y avoit quelqueautre endroit du monde qui pût le produire , onpourroit l’y trouver, vù que c’est un pays fort gar-ni de montagnes & de forêts ; c’est ce qui a été' vé-rifié par le Père Lafitau , Missionnaire chez les Iro-quois.

Comme celui-ci étoit incliné pour la Botanique,il alla, après avoir vû cette Lettre du P. Jartoux ,bientôt parcourir les Forêts du Canada qui étoientà ses environs : il y chercha le Gin-seng ; enfinaprès beaucoup de teins & de fatigues, il trouvaune plante qu il crût devoir être la même que cellede Tartarie, puisqu’elle répondoit parfaitement a ladescription & a la figure qu’en a donné le P. Jar-toux. 11 communiqua cette découverte a l’AcadémieRoyale des Sciences en 1718., & Mr. , excel-

lent Botaniste, de la même Académie, en établit legenre fous le nom d' Araliaflrum*

Les Anglois avoient déja observé cette plantelong-tems auparavant dans leur Colonie de Man-ia,id , au midi du Pays des Iroquois ; de même queles François qui réndoient a Québec, fans queles uns ni les autres pensassent que ce fût le Gin-seng.

» Voila donc, dit Mr. de Fontenelle ( Hijl. detAcad. An. 1718. ) » une nouvelle plante très pré-» cieuse, dont la Médecine est enrichie , qui est» dûe au nouveau monde, car l’ancien en auroit» toujours été trop avare, & qui plus particuliére-» ment est dûe aussi-bien que le Quinquina auxMis-» sionnaires Jésuites.

Je doute cependant fort, que le Gin-seng se sou-tienne jamais en crédit dans le Public, comme a fait& comme fera le Quinquina. Celui-ci produit deseffets réels ; mais ceux qu’on ' attribue a celui-la neparoissent qu’imaginaires, du moins pour ce qui re-garde les forces qu’on prétend qu’il donne aux par-ties de la génération, & pour lesquelles les Chinoisíe recherchent si fort pour se satisfaire.

Je veux croire que cette racine fortifie 1 estomac ,& en cela elle fera commune avec bien d’autres, &qu’eiie dispose par cet endroit la assez bien le corps,pourvû qu’on en fasse un usage modéré ; mais sielle produit les effets en question, quoique la chosesoit mai prouvée, & qu’on veuille en prendre brus-quement une certaine quantité pour satisfaire fa pas-sion, & la réitérer j il n’y a point de doute qu’aulieu de fortifier le corps véritablement, elle ne l’é-nerve en peu de tems : Car il est certain que toutce qui excite les forces outre mesure, les abrèged’autant.

II est surprenant que de tous les Auteurs qui ontparlé du Gin-seng, & les Missionnaires sur-tout,il n’y en ait point qui ait fait mention, du moinsqui soit a ma connaissance, de cette vertu singulièreque les Chinois lui attribuent, òc pour laquelle feuleils le recherchent avec tant d’empressement. Peut-êtreque les Pères Jésuites de la Chine ne l’ont pas igno-rée ; & si cela est , ils auront eu des raisons de pru-dence de la taire , sur-tout s’il est vrai que fa vertusoit réelle.

Passons enfin aux caractères de ce genre pourachever son histoire. La fleur, selon Mr. Vaillant ,est composée de cinq pétales fort petites, soutenuespar un caíyce noué. Le pistile, qui est couronné dumême calyce , devient un fruit ou baye qui renfer-me deux petites semences aplaties & de la forme d’unrein chacune. La tige est simple, terminée par

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une ombelle, dont chaque rayon porte une fleur.Les feuilles font portées de 5 en 5 fur de longuesqueues qui accostent la tige au dessus du milieu defa hauteur.

Le nom générique que les Botanistes lui ont don-né , est Araliajìrum, parce qu’il approche par sescaractères au genre d ’Aralia , que Mr. Tournefort aétabli dans ses Institutions ; il n’en diffère que parle nombre des semences, qui se montent dans f Ara-lia a cinq , & par la disposition de quelques autresparties dans chaque genre.

II y a trois espèces d 'Araliajìrum de connues ;une grande, qui est estimée être le véritable Gin-seng ; une petite , qui pourroit bien être une variétéde la grande ; & une enfin de neuf feuilles portéespar trois queues de trois en trois, comme celles desfraises. Ces trois espèces, aussi-bien que toutes cel-les de 1 ’Aralia , croissent dans le Canada ; c’estMr. Sarrazin , Médecin du Roi & Conseiller deQuebec,qui les a découvertes, observées & envoyéesà Paris dès Tannée 1700. fous ces deux noms.

Le Gin-seng enfin, a reçû encore plusieurs autresnoms dont Torigine est fort obscure, savoir ceuxde Ninzin , de Nifi, sous lequel Mr. Lemery en a par-lé , de Zin-seng , &c. Mais il paroi t assez que tousces noms différens font corrompus & qu’ils déri-vent du véritable nom donné par les Chinois.

La dose de cette racine pour s’en servir , est d’en-viron la ç e ou la 6 e partie d’une once, coupée enpetites tranches, & mise bouillir très doucementdans un demi-septier d’eau , réduit k un verre ,ayant soin de bien fermer le pot pendant la eoction:on y met un peu de sucre, & on Ta val e sur le champ.II y en a qui en font dix prises d’une once, quandc’est pour de légères indispositions, & qu’ils endoivent prendre plusieurs fois. Le Père Jartoux neconseille pas d’en prendre tous les jours ; il nevoudroit pas non plus, qu’on fit moins de dix pri-ses d’une once. II n’en donne aucune raison ; maison peut bien sentir quelle doit se raporter a ce quej’en viens de dire, & qu’elle seroit plus nuisiblequ’utile, si tout ce qu’on en dit étoit vrai.

Les Tartares se servent des feuilles de cette plantsen guise de thé, & le Père Jartoux l’a trouvée meil-leure.

GIP. Voyez Gyp.

GIPON. Espèce d’éponge, ou pour mieux dire,de lavette, faite de morceaux de draps & autres étof-fes de laine, que les ouvriers qui s’en servent, appel-lent Paines. On employé le Gipon dans les ouvra-ges des Courroyeurs & Hongrieurs pour imbiberles cuirs de suif.

II y a un autre Gipon qui est fait de toile de lin;il sert aux Courroyeurs a appliquer fur les cuirs seaud’alun, qui est une préparation qu’ils donnent aceux qu’ils veulent mettre en couleur, ce qui s’en-tend feulement du rouge & du verd. Ces artisansse servent aussi quelquefois d’un Gipon de sergepour le mouillage des vaches qu’ils nomment Va-ches étirées. Voyez Courroyer, ou Cuir ,où ilejlparlé des cuirs de Hongrie.

GIRASOL. Pierre précieuse qui approche unpeu de l’opale, & que pour cela on appelle FaufeOpale. Les anciens la nommoient Afterie , & l’esti-moient beaucoup ; este est bien diminuée de prîx,soit parce que le goût est changé, soit parce que leGirasol 11’est plus si rare. Cette pierre se tire desmêmes lieux que l’opale, & peut-être des mêmesmines ; du moins Boëce de Root, qui a fait un Traité(fi) des pierres précieuses assez estimé, assure-t-il qu’ila tiré des Girasols des mères opales. Voyez Opale.

GIRELLE. Signifie en terme d* Potier de ter-re,

( t ) Ce Livre a été premièrement imprimé en Latin , &ensuite en François, fous le titre de Parfait Jottaillier, ou Hijìoiredes Pierreries, à Lyon 1644. >» 8.