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Tome 2.
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6ZZ GIRE. GIRO.

re, la tête, c’est-à-dire , le haut de Parbre de làroue des Potiers , fur laquelle fe place le morceau deterre glaise préparé pour en faire un vase ou quel-que autre ouvrage de poterie. Voyez. Potier deterre.

GIRIB. C’est la seule mesure géométrique desPersans ; elle contient 1066 gueuses ou aunes Per-sanes quarrées, à prendre la gueuse pour 3 y pou-ces de long mesure de Paris, ou pour dévaluer plusrégulièrement, à 2 pies 10 pouces 11 lignes : leGirib ne sert qu’à mesurer les terres.

GIRO, ou AGITO. Poids dont on se sert dansle Royaume du Pegu : le Giro pèse 2; Teccalis, dontles 100 font 40 onces de Venise. Voyez. Agito, &ïArticle du Commerce de Pegu.

GIROELE, que quelques-uns appellent GERO-PLÊ. C’est un fruit aromatique que porte un arbredu même nom , qu’on nomme aussi assez souventGiroflier. ,

Cette sorte d’arbre étoit autrefois très communeaux Ifles Molucques, où toutes les Nations de l’Eu-rope qui font le çommeree des épiceries dans les In-des Orientales, alloient se fournir de la quantité deGirofle dont elles avoient besoin. Présentement ilne s’en trouve plus guéres que dans l’Ifle de 1er-nate ; ( Voyez, ci-après ) les Hollandois ijaloux dece commerce, & voulant s’en rendre seuls les Maî-tres,ayánt fait arracher les Girofliers des Molucques,

& les ayant transplantés à Ternate, ensorte quetous ceux qui veulent avoir de cette utile marchan-dise , sont contraints de passer par leurs mains.

Le Giroflier est un arbre fort gros & fort grand ;qui ne porte des fruits qu’au bout de huit ans, maisqui peut en durer cent. Son écorce ressemble k cel-le de Tolivier, & ses feuilles aux feuilles du laurier :son fruit en tombant prend racine, & ainsi il íe mul-tiplie de lui-même & sans culture. On prétend qu’ilne souffre aucune herbe ni arbre près de lui, fa gran-de chaleur attirant toute l’humidité de la terre.

Lorsque le Girofle commence a paroître, il est d’unblanc verdâtre ; en meurissant il brunit, & il n’abesoin ; pour devenir tel que nous le recevons, qued’être séché au soleil, sans qu’il soit néceslàire de letremper dans i’eau de mer, comme quelques Auteursle rapportent. Gë fruit est en formé de clou, ce quilui a donné fans doute le nom de Clou de Girofle :vers la tête il se sépare en quatre, & ces quatre quar-tiers faits ën angles dont la pointe est en-haut, re-présentent une espèce de couronne k l’antique, quiest en quelque sorte fermée par une manière debouton tendre & peu solide qui se trouve au mi-lieu ; c’est ce bouton que quelques-uns appellent lef u fl du clou de Girofle.

II faut choisir le Girofle, bien nourri, sec, fa-cile k casser, piquant les doigts quand on le manie,d’un rouge tanné, garni s’il se peut de son sust, d’ungoût chaud & aromatique, & d’une odeur agréable ;& rejetter au contraire les clous qui font maigres ,noirâtres, mollasses & presque sans goût & fans 0-deur* Le principal usage du clou de Girofle est poufl’apprêt des viandes & ragoûts.

Les fruits du Girofle qui échapent a l’exactitudëde ceux qui en font la récolté, grossissent fur l’arbre& fe remplissent d’une espèce de gomme, qu’on ap-pelle Antàlse de Girofle . Voyez-en lu description au motAntolfe.

Les Hollandois confisent lte Girofle Verd, qu’onestime une assez bonne confiture ; il doit être ten-dre , d’un goût agréable & peu chargé de sirop.

L’huile de Girofle se tire par la distillation ; étantnouvelle * elle est d’un blanc doré qui rougit envieillissant : il faut la choisir grasse, nageant surl’eau, forte & pénétrante, & qui ait bien conser-vé l’odeur & la saveur du Girofle. Elle est facile asofistiquer, & la tromperie difficile k découvrir ; ceBillion, de Commerce. Tom. II.

GIROFLE. tí'54

qui doit fàîre prendre garde a racheter de bontìèmain. On s’en sert en Médecine, & on la croit sou-veraine pour les maux de dents ; mais sor-tout estéest d’un grand usage parmi les Parfumeurs.

VHuile de Girofle paye en France les droits d > entréeà raison de 20 sols de la livre.

II se vend bëaucoup de Girofle en poudre ; maiScomme il est fort aisé de le mélanger de mauvaisesdrogues, il faut avoir la même précaution que pôurl’huile. Cette poudre de Girofle entre dans la com-position des quatre épices dont les Pâtissiers font unétrès grande consommation.

On prétend qu’il y a une espèce de Girofle à quil’on donne le nom de Girofle Royal , k cause de sesexcellentes qualités. La description que quelqueáAuteurs en ont laissé , paroît tout-k-fait fabuleuse ;particulièrement en ce qu’ils donnent cet arbre com-me un véritable Phénix parmi les autres arbres, vou-lant qu’il soit unique au monde , fans pourtant ap-prendre comment il se perpétue , &s’il a en cela lesprivilèges du Phénix oiseau, ou si c’est qu il soit im-mortel.

On suppose donc que ce Girofle ; d’aútant pluâprécieux qu’il est unique, se trouve planté au mi-lieu d’une Ile de la mer Indique, nommée Massa,du il est áppellé Tinca Radoi ; que les autres arbress’inclinent devant lui pour lui rendre hommage quandil est chargé de ses fruits ; & que lorsqù’il entre enfleur, les Girofliers commlms fe dépouillent des leurspar respect.

Oil ajouté qùë Ie Roi de cette ïfle lë fait garder parses propres Gardes, soit par honneur , soit craintequ’il ne s’en enlève aucun grain que par ses or-dres. Ces grains font de la grosseur d’un grain d’or-ge, attachés 5 oU 6 ensemble ën forme de cou-ronnes; & ils font si rares, qu’oh eìi fait des es-pèces de chapelets a cause de leur odeur ; Fortunécertainement assez médiocre pottr ce Roi & ce Phé-nix des arbres;

II faut avouer que Pline , cë fàmeux Auteur dël’admirable histoire de la nature, k laquelle on àenfin rendu dans riotre siécle l’honneúr & la fcréan-ce qu’elle mérite, que lés siécles précédehs àvoientce semble voulu liiirefuser; il salit, dis-je, avouerque Pline n’âuroit jamais pû rétablir fa réputation ,fi l’on lisoit dans quelques-utis de ses chapitres dépareilles narrations : on a néanmoins crû devoir làmettre ici, soit pour satisfaire lá curiosité du lecteur*soit pour conserver un témoignage qui fasse cònnoi-tre de quoi est capable l’imposture ou la crédulité dequelques Voyageurs.

On appelle petit Girofle rond, lë Poivre de Thevetìparce qu’il a le goût du véritable Girbfle: VoyezPoivre.

On nomme Graine dé Girofle , qiioiqu’itfipropre-ment, le poivre de la Jamaïque, autrement Âmomi,qui est le fruit que produit l’arbrè qui fournit le boiâdinde. Voyez Inde. Voyez aujs f Article AmomuM;

f- Ce que Mr. Savary dit ici fur l’arbre qui don-ne cette épicerie; paroît avoir été tiré de quelquemémoire mranné & assez infidèle, puisque îa pluàgrande patrie n’est point conforme a ce qu’on envolt dans les Molucques.

i°. Ce n’èst. point k Teimatè-, comme le dit l’Áu-teuf, que les Hollandois ont transplanté les Giro-fliers, âpres les avoir fait arracher des Molucques;

- C’est k Amboine que cettë transplantation á été fai-te, & Ternáte est un des endroits, où ils restenttoujours détruits en vertu des traités faits avec lèRoi de cettë Istë; On peut voir la-dessus ce quéj’en dis dans le Commerce dès Molucques;fous cette marque -f, & dans ma grande additioíifur Amboine. .

2°. Quoique le Giroflier fe multiplié , il est vraiaisément de lui-même, dans les terres qui lui sent

E e 2 propres;