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propres, on doit être persuadé cependant, que sansune culture faite avec un grand foin, & telle qu’onla pratique aujourd’hui, nous n’aurions que de trèsmauvais Girofle, & en très petite quantité.
5°. Bien loin qu’il soit vrai, que cet arbre ne sou-fre aucune herbe ni arbre, comme on le prétend ,dit l’Auteur, c’est au contraire h cause.de la tropgrande facilité que les herbes ont de croître fous lui,& de nuire a la nourriture qu’il reçoit de son terrain,qu’on est obligé, dans la culture qu’on en fait, debien nétoier tout ce qui y croît d’étranger, & detenir toujours bien propre son terrain. C’est ce quien a imposé aux voyageurs, qui n’ont pas ordinai-rement assez de tems pour connoître & bien jugerde ce qu’ils voyent.
5’explique tout cela plus au long dans le mêmeendroit du Commerce , où les curieux pourrontavoir recours. On y verra les véritables endroits oùl’on cultive cet arbre, les réglemens & la maniéréd’y procéder , le tems de la récolté, la quantité deGirofle qu’on en tire, St enfin tout ce qui concernel’histoire de cet Aromate.
Ii ne me reste plus a présent, pour rendre cettehistoire complette, que de donner ici la descriptionde cet arbre, & de marquer par principes, pour con-noitre ce genre , les caractères que la nature lui adonnés pour le faire distinguer de tout autre, &cela pour satisfaire ceux qui aiment la Botanique ;car ce qu’en a donné Mr. Lemery, dans son Diction-naire des Drogues , est très imparfait, & tout-à-faitdéfectueux ; & les caractères que nous avons deMr. Tournefort , font trop généraux , & équivo-ques.
Description . Le Giroflier est un arbre, dont le troncest rond, simple, uni, droit, de la hauteur de 6 a 7piés, & fa grosseur très médiocre, & proportion-née a fa hauteur. Ce tronc se divise en deux outrois grosses branches, droites, unies, & élevées,lesquelles donnent une grande quantité de rameaux,qui rendent l’arbre par-tout dans le haut égalementtouffu. Sa touffe est belle & agréable a voir , ayantla figure pyramidale ou terminée en pointe. Les ra-meaux qui naissent par paires & opposés fur les bran-ches de distance en distance, ne font chargés defeuilles que vers leurs extrémités. Ces feuilles nais-sent aussi opposées,& garnissent le haut des rameauxau nombre de 4 ou 5 paires , disposés par étages,dont la distance de l’un a l’autre est de toute la lon-gueur d’une de leurs feuilles. La forme de ces feuil-les aproche de celle des feuilles de Laurier ; mais ce-pendant elles font plus étroites, plus longues, &plus déliées, portées fur des queues un peu longues,& elles font plus pointues a leurs bayes qu’a leursextrémités. Les nerfs qui sortent de leurs côtes parpaires, font fort déliés, fort nombreux, fort prèsles uns des autres, & parallèles entr’eux, s’éten-dant droit fur le travers de chaque feuille , en for-mant un angle aigu, chacun également fur leur cô-te. La couleur des feuilles est d’un verd foncé pardedans , & d’un verd clair & jaunâtre par dehors.Les fleurs , & par conséquent le fruit, naissent engrapes élevées, & ces grapes terminent les. ra-meaux.
Caradhes. La fleur est une crucifère , composéede quatre pétales disposées en croix , arrondies, cré-nelées & environnées d’un calyce a quatre piècescutanées, le double plus grande^ que les pétales,pareillement arrondies & .creusées en coquille. Lesétamines font déliées & nombreuses, & leurs som-mets simples & presque ronds. Le pistile est grand& évasé par le haut en quatre, lobes, fermes, quiforment une croix; c’est fur lui que font posées,toutes les pièces de la fleur. 11 est porté a son tourpar un autre petit calyce divisé en quatre pointesqui embuassent fa base. Après que la fleur est paf-
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fée , ce pistile grossit & devient un fruit ovale Ôca une loge , terminé par le haut en nombril élevé enquatre pointes cornues ; le dedans de la loge ne ren-ferme qu’une grande semence aussi ovale qui laremplit entièrement.
Remarques. Le Girofle qui nous vient de cet ar-bre , n’est autre chose proprement que le pistileverd qui a été cueilli lorsque la fleur étoit prêtede paroître, & qui est le tems précis de fa plus gran-de force par raport k ion odeur : car fa qualité servitbeaucoup moindre, si on le cueilloir plus tôt oy plustard.
Le bouton sphérique qu’on voit au milieu de quel-ques doux, & qu’on appelle lefust, comme leditMr. Savary , n’est autre chose que le bouton de lafleur avec son calyce desséché, qui est resté k causede son adhérence , laquelle se trouve plus grandedans ceux qui ont été cueillis plus verds.
La différence du fruit mur, d’avec le clou, afait croire aux Anciens qu’il y avoit deux sortesd’arbres a Girofle , comme 011 levoit.dans Avìcenne ,savoir, l’un mâle & l’autre femelle, on en distin-gue cependant de trois fortes, qui ne peuvent êtrequ’une variété ou une différence qui vient du ter-roir ; savoir i°. ceux qui sont légèrement rouges ,2 0 . ceux qui sont plus petits & de couleur de sang.3 0 . ceux enfin qui sont gros & blancs ou peu rou-geâtres. Ils sont tous également bons , lorfqu’ilssont bien cultivés.
Qn voit par la description & les caractères géné-riques de cet arbre , que je viens de donner , i°.Que les fleurs ne sont pas portées en manière d’orn-belles , comme le dit Mr. Vaillant ( Mémoires del’Acad. 1722.) 2°. Que le fruit ne vient point ducalyce , comme l’a crû Mr. Tournefort ( lnfl. R. H.page 66 1.) 3 0 . Que le clou n’est que le pistile pro-prement , avant qu’il soit fécondé , & qu’il deviennele fruit, contre l’opinion commune , qui étoit decroire que c’étoit le fruit même k demi mûr. 4 0 .Que la semence qui est dans le fruit mûr qu’onappelle Antólfe, a été prise mal a propos pour unegomme. Cette erreur vient á’Avicenne , aussi-bienque celle dont je viens de parler fur son prétenduLuit mâle & fruit femelle ; car jamais ce fruit n’adonné de la gomme, comme le disent Mr. LemeryÔí Mr. Savary.
II y a des Chinois, la Nation du monde la plusacharnée aux femmes , qui estiment le clou de Gi-rofle d’une vertu plus efficace pour aurgmenter la for-ce érective , que ne fait celle de la racine de Gin-sengtde laquelle il a été parlé ci-dessus.
Le bois du Giroflier sauvage est employé , àcause de fa dureté , pour la charpente dans les IslesMoluques; c’étoit du moins airìsi, avant que la Com-pagnie en ait fait détruire les arbres , dans les Iílesqui environnent celles d’Amboine , & où l’on culti-ve ceux dont elle a besoin.
Le Giroflier s’appelle Caryophylodendron , guivient du Grec, & son fruit est appelle en LatinCaryophyllus aromatìcus , pour le distinguer ?d! ~Ca-ryophyllus , qui est le nom qu’on a donné a 1 ’OeMethk cause de son odeur de Girofle. * Mém. Msc. de Mr.Garcin-
Les Girofles-de toutes sortes, soit en clous, chapelets ,lois & grabeaux, payent en France les droits den-trée à. raison de 45 livres le cent pesant, conformé-ment au Tarif de 1664. Cf ne doivent entrer dansle Royaume que par Rouen, la Rochelle, Calais, Bour-de aux , Lyon & Marseille , suivant P Ordonnance de1687. titre 3. art. I.
Le s droits que cette épicerie paye à la Douane dèLyon font de 12 livres le quintal tant d’ancienne quede nouvelle taxation, & encore 18 livres pour les : an-ciens Ù nouveaux quatre pour cent.
GIROFLE.
Commuer-