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Tome 2.
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6j\ GLACE.

Assez souvent au lieu de boulets de canon , on sesert de plaques de plomb qui ont une poignée de ferpar dessus ; y ayant moins de risques avec ces plombsqu’avec les boulets, qui peuvent s’échaper de leurcavité & casser la Glace : mais soit qu’on use de bou-lets, soit que ce soit de plaques, on met toujours unepiéce de flanelle ou de serge entre la Glace & eux,pour empêcher qu’elle ne se puisse rayer. Ces plombss’appellent Plombs à charger.

La Glace ayant bien hapé l’étain , & l’union étantfaite , on la décharge & on la léve de dessus la pier-re , pour la porter égouter & sécher dans un atteiieroù est la table de l’égout.

Cet égout est une grande table faite de fortesplanches de bois, qui a quatre crochets de fer a sesquatre angles. Sa grandeur est proportionnée auxGlaces du plus grand volume. Elle est a plate terre,inclinée un peu fur le devant par le moyen descoins de bois dont on éiéve le derrière. Quatre cor-des doubtes descendent du plancher perpendiculaire-ment sur chaque crochet des angles : ces cordes ontdes nœuds de demi-pié de distance chacun.

Lorsque la Glace a été mise sur l’égout , ôcqu’elle y est restée pendant 24 heures, on la sou-i ve de 24 heures en 24 heures de la hauteurd’un nœud, en attachant deux des crochets suc-cessivement k chaque nœud. Entiir lorsque latible de, l’égout est parvenue au dernier nœud,euí'orte qu’eue est presque droite , on en tire la Gla-ce pour l’appuyer contre la muraille de i’atteíier ,où eue reste encore quelque tems posée fur un de sesangles inférieurs.

La linution qu’elle a, tandis qu’elle reste fur l’é-gout , & celle qu’on lui donne fur un de ses angles ,font pour la mieux sécher, & en tirer tout le vif-argent.

Commerce des Glaces.

Le commerce des Glaces est très considérable enFrance. Paris en consomme une grande quantitédans fomentent des belles maisons, ou plutôt dessuperbes palais qui s’y bâtissent depuis un demi-sié-cle ; & l’on en envoye aussi un grand nombre dansles Pays étrangers, même jusqu’aux Indes & a laChine.

C est la Compagnie des Glaces qui les vend enblanc aux Miroitiers, & les Miroitiers qui les met-tent au teint, & qui les montent en miroirs. Onparle ailleurs d’un Arrêt en forme de Règlement,qui décide fur les prétentions respectives des Inté-ressés & des Maîtres Miroitiers. Voyez Miroitier.

En fait de commerce de Glaces en blanc, on neparle que par pouces & par lignes de largeur & dehauteur. Les lignes néanmoins ne fe comptent quedans les Glaces de numéro, c’est-a-dire, les pluspetites; celles depuis 14 pouces de hauteur fur 12de largeur n’entrant plus dans le détail des lignes.

Les Glaces de numéro font au nombre de huit.

N° 8, qui n’ont que 6 pouces 6 lignes de hau-teur fur 4 pouces 9 lignes de largeur.

N° 10, 7 pouces 3 lignes fur 5 pouces.

N° 12, 7 pouces 10 lignes fur 5 pouces 10 li-gnes.

N° 17, 8 pouces 7 lignes fur 6 pouces 8 lignes.

N° 20, 9 pouces 5 lignes fur 7 pouces 4 lignes.

N° 30,10 pouces 4 lignes fur 8 pouces 7 si-gnes.

N° 40, 11 pouces 6 lignes fur 9 pouces 6 li-gnes.

N° 70, 12 pouces six lignes fur 10 pouces 6 li-gnes.

Au-dela de ce numéro commencent ce qu’on ap-pelle les Glaces de^olumes réglés, qui montent ré-gulièrement depuis 14 pouces de haut fur 12 delarge, jufqu’a 100 pouces aussi de hauteur & 60de largeur. Ces dernières fe vendent 3000 liv. pié-

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ce; les autres baissant toujours de prix j usqu'au 14pouces, qui ne valent que 6 livres 4 fols.

II y a aussi une grande quantité de Glaces qu’onnomme de volume irrégulier, dans le détail desquel-les il 11’est pas possible d’entrer , & fur quoi l’on peutconsulter, aussi-bien que pour les différens prix desrégulières, le Tarif que les Intéressés a la Compa-gnie des Glaces de France ont fait imprimer pourleur propre commodité, & pour celle du public.

Le même Tarif porte aussi les prix des moulures& des bandes de Glaces; les unes depuis 12 pou-ces de hauteur jusqu’à 100, & d’un pouce & unpouce & demi de largeur ; & les autres íùr les mê-mes hauteurs que les moulures, mais fur la largeurdepuis deux pouces jusqu’a six.

On appelle Moulures, en termes de Glaces & deMiroiterie, de longues tringles de verre très étroi-tes , dont les angles font rabattus en forme de bi-seau : elles fervent k former avec les bandes les bor-dures toutes de Glace qu’on fait au miroir.

Les bandes des Glaces font aussi des pièces de ver-re étroites, mais beaucoup plus larges que les mou-lures. On en fait les bordures des miroirs , en yajoutant des deux côtés des moulures , pour les ter-miner & leur donner plus de grâce. Les unes & lesautres fe mettent au teint comme les Glaces.

On parle ailleurs des droits d’entrée & de sortiedes Glaces. Voyez Miroir.

La Compagnie des Glaces ayant délibéré dansune de ses Assemblées tenue au mois de Mars 1720.d’augmenter d’un tiers le prix des Glaces réglé parl’ancien Tarif dont on a parlé ci-devaut, attendu ,disoient-ils, la cherté des soudes & autres matièresnécessaires a leur manufacture, aussi-bien que l’aug-mentation du prix des bois , des voitures & des sa-laires des Ouvriers, les Jurés de la Communauté desMaîtres Miroitiers se pourvurent au Conseil, aussi-bien que les Maîtres & Gardes de la Mercerie ; lesuns & les autres demandant l’exécution du premierTarif, & proposant, entant que besoin seroit, unenouvelle Compagnie, qui se soumettait de rembour-ser les anciens Associés, & de continuer a fournirau public des Glaces fur le même pie qu’auparavant;les Miroitiers concluant en outre que les Arrêts ser-vant de Réglemens entr’eux & la Compagnie fus-sent exécutés.

8. M. fur les requêtes respectives des Parties or-donna par un Arrêt du 12 Avril 1720. l’exécutiondesdits Réglemens ; & au surplus permit a la Com-pagnie des Glaces de vendre lesdites Glaces fur lepié du tiers d’augmentation jusqu’au 1 d’Octobreensuivant.

Glace. Se dit de certains défauts qui se rencon-trent dans les diamans, pour avoir été tirés avectrop de violence des veines de la mine. Quand lesGlaces íont trop considérables dans les diamans »on est obligé de les scier, ou de les liver. VoyezDiamant , a Pendroit ou il ejl parlé de la maniéréde le tailler .

GLACE’. Ce qui est poli, brillant & lustré com-me une glace. Un taffetas glacé, un ruban glacé.O11 glace les rubans & les taffetas en leur donnantla gomme ou le lustre un peu plus fort.

On appelle a Amiens Etamines glacées ou de foieglacée, de petites étoffes de demi-aune de large ,dont la chaîne est de double foie, & la tréme delaine naturelle & non teinte. La longueur des piè-ces doit être de 32 aunes. Voyez Etamine.

Glace’, en terme de Confiseur. Se dit des con-fitures sèches qu’on couvre d’un sucre candi & lui-sant. Des confitures glacées.

GLACER en broderie. C’est l'ombrager en quel-ques endroits avec de la foie plus brune, pour luidonner du relief. II ne fe dit guéres que des ouvra-ges d’or ou d’argent qu’on glace & qu’on émaitleavec de la foie bleue.

• Glacer.

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