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leurs la description. Voyez Diamant.
On leur donne cette façon indifféremment, oulorsqu'elles font encore brutes, ou après f adouci, oufeulement après le poli.
On peut voir dans leurs propres Articles une des-cription plus détaillée de toutes ies outils qui fer-vent k l’adouci & au poliment des Glaces , aussi-bienque l’explication de quelques termes qui font parti-culiers aux Ouvriers qui y travaillent, & dont on nevient de parler ici qu’en passant.
Maniéré de mettre les Glaces au teint.
L’invention de fe servir du vif-argent pour appli-quer l’étain, qui sert comme de tond aux Glacesdes miroirs, & qui pour ainsi dire, y attire & yfixe les objets, doit se compter parmi tant d’autresadmirables inventions qui peuvent consoler les Mo-dernes de celles des Anciens qui font perdues, &qui n’ont point passé jusqu’a eux.
II est vrai qu’on lit dans Pline , qu’outre les mi-roirs d’argent & d’étaih, & ceux qui étoíent faitsdu mélange de quelques autres métaux & minéraux,il y avoir auffi des miroirs de verre ; mais ces derniersne repréíentoient pas par le moyen d’aucun fondqu’on y mît, mais seulement par le noir qu’on y mê-loit dans la fonte ; ce qui faifoit de ce verre une es-pèce de jay ou jayet artificiel, qui auffi-bien que lenaturel, recevoir les objets quand il étoit poli, maisqui les rendoit très obscurément & très imparfaite-ment;
If art d’employer le vif-argent au miroir est sim-ple , facile, & d’une très modique dépense.
Pour mettre une Glace au teint, ii faut d abordpréparer & faire battre une feuille d étain tìn , d’unpouce de longueur & de largeur plus que n’a ia Gla-ce , & d’une épaisseur qui lui soit convenable; ce quis’estime suivant le volume qu’elle a; les Glaces degrand volume demandant plus d’épaiiíeur que les au-tres dans l’étain qu’on leur destine.
Les Ouvriers qui battent ces fortes de feuilles d’é-tain, les fondent & les coulent d’abord íeuiementd’un pié & demi en quarté & a’un pouce d’épais ;( on parle ici du teint des grandes Giaces ; ) n$ iesallongent 6r les applanillent ensuite sur un moc demarbre auísi long & aussi large au moins que ies feuil-les le doivent être. Pour ne point taire de cassu-res , ils les battent cinq ou six pièces l’une fur fau-ne avec des marteaux, qu’iis appellent, les uns Mar-teaux a allonger, & les autres Marteaux a appiamr,dont la principale différence consiste dans la largeurde la tête.
La feuille qui convient a iá Glace qu’on veut met-tre au teint; & qui doit être également battue &fans cassures , se met a plat fur une pierre de liaistrès unie, qui doit pareillement excéder ia piéce d’é-tain, dù moins d’un pié tout autour. Cette pierre,quand elle est grasse, se dégraisse avec du charbonde bois blanc.
Une efpéce de régie arrondie d’ùn côté, sert aétendre la feuille d’étain fur la pierre ; a en abbat-tre les bosses , & a unir les rides qu’elles peut avoir;II est indifférent de quoi soit cette régie ; on ia faittoutefois le plus ordinairement de gros verre, defer , ou seulement de bois. Quelques-uns se serventd’un instrument de cuivre qu on nomme une Estire ,assez semblable a un demi-cercle de 7 k 8 pouces dediamètre , dont la partie ronde sert comme de man-che pour le tenir, & la section du diamètre sert adresser la feuille.
La pierre de liais fur laquelle la Glace se met auteint, est enchâssée dans un châssis de bois, dont lesbords font relevés de deux pouces, mais seulementde trois côtés , & autour duquel régne une rainurepour écouler le vif-argent. Pour soutenir ce premierchâssis il y en a un second au dessous en forme de
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table, posé sur un pié de légère charpente, ou d®grosse menuiserie.
La pierre & son châssis mis horizontalement furcette table , font traversés par-dessous dans touteleur longueur par une forte barre de bois, plate ducôté de la pierre, & arrondie de l’autre , qui sertcomme d’un axe pour les élever ou les baisser lorf-qu’il en est besoin ; mais qu’on tient ordinairementde niveau par le moyen de quelques coins de boisfaciles a tirer, pour donner k la pierre la pente né-cessaire , après que la Glace a été coulée fur le vif-argent.
Lorsque la feuille d’étain est placée fur la pier-re, & qu’il n’y reste ni bosses ni rides, on Ravi-ve , c’est-a-dire, qu’on la frote légèrement avec duvif-argent, qu’on étend avec une efpéce de brossegrossière, ou plutôt de tampon fait de plusieurs au-nes de lisières d’étoffes, qu’on appelle une Pelote ;ensuite pour ôter une écume noirâtre qui s’éléveaussi-tôt par l’impreffion de ce minéral, on se sertd’une pâte de lièvre en prenant garde qu’il n’enreste aucun poil fur l’étain : d’autres ont une pelotede serge pour cet usage. L’avivage est parfait quandla feuille d’étain devient aussi brillante que le vif-ar-gent même.
L’étain avivé & nettoyé, on le couvre dé vif-ar-gent a discrétion, dont néanmoins on ne doit pointcraindre de trop mettre, plus on y en met étant tou-jours le mieux. On se sert de petites febilles a mainpour prendre le vif-argent dans ia grancte sebille pla-cée fur un culot ou escabeau fans fond, au coin dúchâssis où aboutit la rainure ou goulote dont on aparlé ci-dessus.
Avant que de couler la Glace fur le vif-argent, Scpour l’y couler plus facilement ; on en couvre le. bordde devant d’une longue bandé de papier, afin d’v 00-ser la Glace en la coulant, acres avoir encore pris làprécaution de nettoyer le vif-argent que doit cou-vrir. le papier avec la pâte de lièvre..
Tout étant ainsi préparé, & la Glace ayant étébien nettoyée avec de la cendre tamisée, on l’essuiéexactement du côté que doit se mettre le teint ; puisl’ayantprise avec des poignées de pâmer crainte dela ternir k l’endroit où portercient ies mains , on lapose par un bout furie morceau de paier qui bor-de le vif-argent, après quoi on là coule légèrement ,mais pourtant en appuyant assez pour que l’écume duvif-argent soit pouílée en avant, & forte par l’autreextrémité quand la Glace y est arrivée.
Comme les Glaces de grand volume pourroientCourir risque de se casser, en restant comme suspen-dues éu l’air, pendant tout le tenis qu’on employéa- les pousser fur le vif-argent, on se sert de deuxlongues chevilles ou gros morceaux de bois , quis’emmortoi.scnt dans le châssis de la pierre, & qui,pour ainsi dire , rallongent, ensorte que les Glacesne posent jamais a faux.
Aussi-tôt qúe la Glace èst coulée, c’est-à-dire 4qu’elle couvre toute la superficie du vif-argent, ohtire un peu les coins qui font fur le devant, & l’onincline de la pierre de quelque quart de pouce parle moyen de l’áxe qúi ia soutient, afin que le vif-ar-gent puisse s’écouler dans une sebille qui est en bas;ce qui se fait dans l’efpace environ d’un quart d’heu-re ; après quoi on la remet dans fa première situa-tion pour charger la Glace, & la joindre plus for-tement a l’étain que lë vif-árgent a diípofé a cetteunion.
On se sert pour cela de pesans boulets de canonplacés de distance en distance fur toute la Glace ;dans des espèces d’écuelles. de bois plates par des-sous , & concaves par en haut autant qu’il est né-cessaire pour y retenir les bou^ts, qu’on y laisseplus ou moins suivant l’épaisseur de l’étain, maisOrdinairement 15 ou 18 heures; & quelquefois jus-qu’a 20. Assez