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Tome 2.
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6.8? GOMM. GO MU.

autres , d’aller ouvrir l’écorce du Gommier avec sesdéfenses, & se frotant ensuite contre sarbre quandla Gomme commence a en couler.

GOMMER. Mettre de la gomme a quelque chose.Gommer des rubans, du taffetas, ou d’autres étoffes,c’est leur donner une eau dans laquelle on a fait dis-soudre de la Gomme pour les lustrer & les rendreplus fermes : les étoffes gommées font les moins es-timées , étant trop dures & sujettes a se gâter quandelles viennent a être mouillées.

Gommer le Tabac. C’est après savoir mis enrôles ou rouleaux , l’humecter avec de l’eau dans la-quelle on a fait bouillir des côtes de tabac j ce quiattire fur la superficie du rôle, ou rouleau, une espècede gomme, & achève de lui donner la qualité néces-saire. Cette façon se donne avant de presser les rôles.f'oys z t Article du T ABAC.

GOMMIER. Sorte de grand arbre qui croît dansquelques-unes des Ifles Antilles. On l’appelle Gom-mier a cause d’une gomme blanche & de bonneodeur qu’il jette en certaine saison de l’anne'e, ouquand on lui fait quelque incision. Quelques habilesDroguistes croyent que c’est la gomme Elemi. Voyez,cet Article.

•f- Gommier-blanc. Voyez Elemi.

-j- GOMUTO. C’est un arbre de la classe des Pal-macées, qui croît communément aux Istes Moluc-ques, & aux Philippines, où Ton en tire beaucoupd’ufages. II donne une liqueur vineuse presque sem-blable a celle du Cocotier; une toile noirâtre, dontles fils qui ressemblent à du crin servent à faire descordes & des cables pour les vaisseaux, des brosses& des balets a nétoyer. Le fruit, qui est une espècede poison, se confit après qu’on l’a adouci de sonacreté, c’est ce que les Chinois entendent a mer-veille. Les Indiens en tirent encore d’autres petitsusages.

La liqueur qu’on tire du bouton de la fleur dedessus i’arbre même,comme on fait celle du Cocotier,ainsi qu’on peut le voir dans son article, est blan-châtre , presque aussi agréable que du moût, lors-qu'elle est toute fraîche ; mais on en boit alors mo-dérément , de crainte quelle ne lâche trop le ven-tre. Lorsqu’elle est faite , ce que l’on connoit quandelle n’écume plus en la versant, mais qu’elle pétillécomme le vin de Champagne , elle n’est plus si bon-ne , au contraire on la répugné d’abord a cause deson odeur désagréable , a moins qu’on n’y soit ac-coutumé. On s’y accoutume bientôt si l’on conti-nue d’en boire. Elle enyvre autant que le meil-leur vin. Ceux qui veulent se purger, prennent lematin k jeun de cette liqueur fraîche venant de l’ar-bre, une bonne écuellée , ou plus , ce qui les lâcheparfaitement fans aucune incommodité. Je l’ai é-prouvé une fois moi - même a l’orient de l’Iste deJava ; j’en bus une pinte en 3 fois , dans une con-stipation ; elle opéra doucement avec un bon effet.Cet arbre donne abondamment de cette liqueurdeux fois par jour , lorsqu’on a le soin de rafraîchirl’incision du bouton k fleur, qui renferme une gros-se grape. de deux k 3 pies de,long, & épaisse com-me la jaùibe.

La toile que l’on trouve au sommet de l’arbre ,entre les bases des grandes côtes des feuilles, demême qu’k celles du Cocotier, laquelle est fort clai-re , grossière, & rude, donne des fils semblablesaux crins de cheval, qui font très propres a fabri-quer des cordes , dont ©n fait de très bons cables,qui durent longtems, parce qu’ils résistent forte-ment k seau; ce qui est bien opposé k ce qu’enavoir dit Mr. Savary fous le nom corrompu de Ga~jntito. L’humidité ne donne aucune atteinte k cescordages, puisque les Chinois assurent qu’ils en ontplusieurs fois trouvé d’enterrés profondément furdes montagnes de leur pays, & qui étoient de la mê-me nature que ceux qu’on fait aujourd’hui , lesquels

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dévoient y avoir été depuis un grand nombre d’an-nées.

On fait de ces cordages en quantité dans le Tun-quin, aux Manilles > & même dans toute la pres-qu’ille orientale du Gange , où l’on en fait ungrand commerce, a l’usage de la Marine.

L’arbre de Gomuto n’a encore été décrit parpar aucun Auteur que je sache, k cause qu’on l’atrès peu connu. Des Portugais Indiens l’ont nom-mé Sagouer , parce qu’il ressemble assez a celui deSagoit , qu’on peut voir aussi dans son article. C’estun genre de Palmacée, qui croît a la façon du Co-cotier , pas si grand, mais plus épais. Son troncest couvert d’une écorce raboteuse, ou écailleuse,qui forme des espèces d’anneaux a distances pres-que égales, que les feuilles ont occasionnés en se dé-tachant de l’arbre par leur chût^ Ce tronc, qui s’a-grandit jusqu’k un certain âge, est toujours char-gé k son sommet d’une touffe de feuillage, fansbranches, de même que le Palmier, & les autresgenres de fa classe. Ces anneaux, qui forment desdegrés, ou des inégalités, fervent de lit k bien desfortes de semences que les vents y apportent, les-quelles donnent par le moyen des pluyes, toujoursfréquentes dans leur mousson, quantité de petitesplantes, qui couvrent très souvent presque tout letronc. La plupart de ces plantes parasites, íontdes capillaires de différentes eípéces, & naturellesau climat. Les Indiens les nomment Gomouto ; cequi fait que ce nom a passé k l’arbre même. Lesfeuilles de ce genre , qui font proprement des côtesfrangées, font longues d’environ iça lypiés.

Les fleurs, qui naissent en grosses grapes, en sor-tant chacune d’une gaine qui formoit le bouton,entre le feuillage , n’ont point de pistile, sinon desétamines, parce qu’eiles font seulement masculines.

Le fruit naît fur d’autres grapes séparées de cel-les des fleurs. II ne croît qu’k la grosseur d’unebonne noix, & ressemble k un petit cocos. La gra-pe a fruit en porte beaucoup, & elle est si grosse ôzsi pesante , qu’elle fait la charge entière d’unhomme. Ce fruit renferme trois amandes. La chairqui les envelope, est remplie d’un suc si acre & sibrûlant, que s’il en tombe fur la peau d’une per-sonne , il y cause une démangeaison très forte &très douloureuse. Quand on le goûte, il met toutela bouche en feu, & fait enfler les lèvres. Cettemaligne impression dure souvent deux jours. Lors-qu’on met ce fruit tremper tout entier dans l’eau,jusqu’a-ce que sa chair se défasse, ou fe dissolve,& qu’après avoir brouillé cette infusion l’on en jetteun peu fur le corps de quelqu’un, cela lui cause unesensation si brûlante & si douloureuse, qu’il en perdquelquefois l’esprit. Les Indiens s’en font servis dansdes anciennes guerres , pour se défendre a des siè-ges.

La toile de cet arbre renferme, par distanceségales , de petites verges d’une demi-aune delong, & de la grosseur d’un tuyau de paille, les-quelles se fendent facilement. Les Macasiares enfont de petites flèches, après les avoir fendues ,pour les soulier par des sarbatanes fur leurs enne-mis lorsqu’ils font en guerre. Elles font des blessu-res très malignes ; ce qui a fait souvent croire auxEuropéens, qui ont été en guerre avec eux, queces instrumens avoient été empoisonnés.

Les Chinois, qui font très ingénieux pour confi-re toute chose, confisent les noyaux du fruit k de-mi mûr , après les avoir bien nétoiés de leur chairmal-faisante, & les avoir trempés long-tems dansl’eau avec un peu de chaux;.

Quand on fe sert d’une de ces petites verges dela toile de cet arbre, pour embrocher de petits oi-seaux , ou de petits poissons , afin de les rôtir , ousent, après en avoir mangé , des étourdissemens detête.

Les