68- GOM. GOR.
Les Javanois & les Bâlis, qui font très habiles afaire du vin des Palmacées, ne font pas grand usa-ge k boire de celui du Gomuto ; mais en récom-pense ils en tirent une espace de sucre, un peuhumide & jaunâtre , qu’ils rendent meilleur & plussolide , avec du sucre ordinaire qu’ils tirent simple-ment des Cannes, qui le produisent dans leurschamps. * Mr. Garcin.
GOND. Morceau de fer qui entre dans les peu-tures d’une porte, pour la soutenir, & en faciliterl'ouverture. II y a des Gonds a bois, a plâtre & a vis.
Ces derniers servent aux portes qui se ferment d’el-les-mêmes.
GONDEZEL. Espèce de coton file' d’une moyen-ne forte & d’un débit peu considérable en France.Voyez. Coton.
GONNE. Sorte de futaille plus grande que lehambourg, qui sert k mettre du saumon salé. LesGonnes de saumon pèsent ordinairement depuis 400jusques a 450 livres. Voyez Saumon.
Gonne. Se dit ausii d’une espèce de futaille pro-pre a mettre de la bière ou d’autres liqueurs pourembarquer fur les vaisseaux : cette Gonne est d’unquart plus grande que le baril.
GORAO. Etoffe de foie qui se fabrique a la Chi-ne. ; ily en a de cramoisi & de ponceau.
GORD, ou GOR T. Terme de pêche sur rivière.C’est un passage étroit, au bout duquel 011 met un fi-let pour y arrêter & y prendre le poisson qui y veutpalier en suivant le fil de l’eau.
II y a plusieurs sortes de Gords; des Gords naturelsque la nature forme dans les rivières fans qu’ii soitbesoin que i’art y ajoute rien ; des Gords artificiels,qui font des constructions de pieux entrelaffés debranches d’arbres faites exprès , pour rétrécir quel-que endroit d’une rivière ; & des Gords fous des ar-ches de ponts ou près des moulins. -
Nul Gord ën pleine rivière ne doit empêcher lanavigation, & nul Gord fous arches ne se peut fairesans en avoir droit & valable conéession. Les ar-ticles î e & 6 e de l’Ordonnance de la Ville de Parisrèglent la pouce qui doit s’observer soit au passagedes Gords, soit a leur établissement. Voyez Ordon-nance , oh l’on a fait s extrait de celle de la Ville deParis.
Gord. Se dit aussi du filet qui íè met k la sortie duGord pour arrêter le Poisson.
Les Gords a anguilles, qui ne se tendent que pen-dant f hiver, sont faits de fil agor, montés avec dela corde de teille, appellée communément Corde kpuits; ils ont depuis 5 pies jusqu’a 6 piés de hau-teur, & de toute la largeur de l’ouverture du Gordqui n’en a ordinairement que 4 k f. Ce filet Ratta-che avec des pieux. Voyez C Article de la Pesche.
-j- Gord, ou Gort. Les Hollandois nomment ain-si , l’orge mondé, dont ils font très grand usagedans leurs vaisseaux pour la noqrriture des Matelots,h qui ils ett donnent trois fois par jour, cuit k lamanière du ris chez les Indiens, c’est-a-dire, fansy avoir du liquide,’ou bouillon. Cë Gort se dis-tribue aux équipages fur mer, tout chaud dans desgamelles, ( espèce de plat creux de bois ) auquelon met sur le champ du beurre salépour le man-ger. Cet usage.a passé de chez eux dans la MarineAngloise, & dans la Françoise , & même ce nomHollandois commence à y passer aussi.
L’Avoine gruée est aussi nommée Gort, par lesmêmes.
GORET. On nomme ainsi a Paris le premier com-pagnon, ou maître garçon dans les principales bou-tiques des Cordonniers.
Lorsque le Maître est absent,le Goret en sait tou-tes les fonctions ; il coupe les souliers, il y coud lapièce après que les garçons les ont finis : il prendles mesures ; & le plus souvent, c’est lui que le Maî-
CrOR. GOÙ. é$ò
trë envoye en ville porter la marchandise en sâplace.
Par toutes ces espèces de prérogatives le Goretparoît au-dessus des autres : mais ii a aussi beaucoupd’autres obligations où il est sujet, qui semblent lerendre leur inférieur. C’est lui qui balaye la bouti-que , qui met de l’eau dans les baquets, qui fait leslits & les chambres des compagnons, & qui leur don-ne de l’eau pour boire lors qu’ils en demandent.
Une autre différence, mais avantageuse au Goret,consiste dans ses gages ; il a ordinairement six k septlivres par semaine.
GORGE DE PIGEON. II se dit des taffetaschangeans , c’est-a-dire, qui ont la tréme & la chaî-ne de diverses couleurs, ensorte que suivant que lejour tombe dessus, ils semblent prendre de nouvel-les teintes, k peu près comme font les petites plu-mes que les pigeons ont fous la gorge lorsque lesoleil les frape, & que ses rayons y forment diversangles.
GORGONELLE. Sorte de toile qui se fabriqueen Hollande & k Hambourg; elles font propres pourle commerce des Isles Canaries .• il y en a de diver-ses qualités & largeurs.
GOS, qu’on nomme aussi Rouan anche Brand ,comme qui diroit, brûlé k la Rouanoise. Sorte dehareng de la pêche Hollandoise. Voyez Brand-Ha-ring.
GOSE. Nom qu’on donne en Moscovie aux prin-cipaux Marchands qui trafiquent pour le Czar. Cefont proprement les Facteurs du Prince.
Outre les fonctions des Go ses dans le commerce ,ils en ont aussi dans les cérémonies publiques ; «Sclorsque les Ambassadeurs étrangers ont audience duCzar, ils font tenus de s’y trouver avec des vestesmagnifiques «Sc des bonnets de martre , qui font lamarque de leur profession , «Sc l’on peut dire de leurdignité , le commerce étant une profession très ho-norable parmi les Moscovites.
GOUDRON. Voyez Gouldron.
GOUESMON. Voyez Goémon.
GOUGE. Outil de fer taillant par le bout. C’estune espèce de ciseau cylindrique , creusé en formede demi-canal, dont la portion du cercle est plus oumoins grande suivant qu’on veut plus ou moins ca-ver ou arrondir Tendron de l’ouvrage ou l’on s’ensert.
Les Sculpteurs, Tailleurs de pierre, Marbriers ,Menuisiers, Tourneurs, Tabletiers & Plombiers seservent de la Gouge , quelquefois k la main , quel-quefois en la frapant du marteau. Elles ont toutesun manche de bois, hors celles des Charpentiers quifont entièrement de fer; ces dernières ont environdeux piés & demi de long.
GOUJAT. On appeile Goujats dans les atte-liers de maçonnerie, de jeunes Manœuvres qui fer-vent fous les Maçons & Limolins, & qui leur por-tent les matériaux qui leur font nécessaires. On lesemployé sur-tout a porter le mortier, soit de terre ,soit de chaux «Sc de sable, ce qu’ils font fur leurdos avec un instrument qu’on nomme un Oiseau ;dont on parle ailleurs. Voyez Oiseau , & Maçon.GOULDE. Voyez Gulden.
GOULDRON, GOUDRON , ou GOULTRAN*qu’on nomme aussi Tarc ou Bray liquide, «Scquelquefois Guitran. C’est une. liqueur claire «Scgrasse qui découle du tronc des vieux pins.
Lorsque ces arbres font fur le retour, & qu’ilsne peuvent plus servir qu*a brûler , òn en coupe Të-corce tout autour en forme de couronne : par cesincisions il coule assez'long-tems une liqueur noirâ-tre, qui est le Goudron ; & quand elle cesse de cou-ler , c’est marque que le pin est tout-a-sait mort L?qu’il n’est plus propre qu’aufeu.
II vient une assez grande quantité de Goudron dé