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Tome 2.
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Graveurs en Taille-douce. Ce sont ceuxqui gravent sur ie cuivre , soit avec le burin, soit a-vec l’eau-forte, & qui y représentent d’après le Pein-tre, ou d’après des dellèins, divers sujets d’histoire,de paysage, de grotesque, de rieurs, d’animaux , &c.

On ne dira rien ici de l’invention de la gravure ,ni de la beauté des ^ ouvrages qui font sortis desmains des Graveurs François, se réservant d’enparler à l’Article suivant. On va seulement expliquerla maniéré de graver au burin & à i’eau-forte, aprèsqu’on aura dit quelque chose des Corps & Commu-nautés dont ces sortes de Graveurs font Associés ouMaîtres. Voyez Grave ure.

Les Graveurs pour avoir droit de graver dans laVille & Fauxbourgs de Paris, & d’y faire imprimer& débiter leurs ouvrages , doivent être ou membresde f Académie Royale de Peinture, Sculpture & Gra-vure, ou Maîtres de la Communauté des Peintres,Sculpteurs & Graveurs de cette Ville.

Les Maîtres Peintres font des Aprentifs ; les Aca-démiciens n’ont que des Elèves ; mais ces Élèves ontle même droit a la Maîtrise, que s'ils avoient étéApprentifs des Maîtres.

On traite amplement ailleurs de Punion des deuxCorps, des privilèges dont ils jouissent en commun,&de ceux qu’iis ont chacun en particulier. Voyez.Peintre & Peinture.

Les Graveurs & Marchands de taille-douces fonttenus en conséquence d’une Déclaration de LouisXIV de saunée 1714. de fournir a la Chambre Syn-dicale de la Librairie, auffi-bien que les Libraires ,Imprimeurs & autres, huit exemplaires en blanc detous les Livres de figures, estampes , &c. qu’ils fontimprimer avec privilège.

Pour graver fur le cuivre au burin, il faut peud’apprêt & peu d’outils. Une Planche de cuivre rou-ge bien polie , un Coussinet de cuir rempli déion ou de laine pour la soutenir, une Pointe d’acierpour tracer ; divers Burins bien acérés «St de bonnetrempe, pour inciser le cuivre ; un Outil d’acier ,qui a d’un bout un brunissoir pour polir le cuivre ouréparer les fautes, «St de l’autre bout un grâtoirtriangulaire «St tranchant pour íe ratisser ; une Pierreà huile montée fur Ion bois , pour affûter les bu-rins ; enfin un tampon de feutre noirci, dont onfrote la planche pour en remplir les traits, & lesmieux distinguer a mesure que la gravure s’avance,font tout d équipage d’un Graveur au burin; n’ayantd’ailieurs besoin d’aucun autre apprêt pour préparersa planche , ni pour la graver ; tout dépendant d’ungrand goût de dessein pour la dispolìtion, & d’unemain sure «St légère pour l’exécution.

La gravure a l’eau-forte a encore moins d’outilsque la gravure au burin ; mais elle est assujettie aplus de préparatifs pour la commencer, & a plusd’attention pour l’achever. Elle a d’ailleurs des a-vantages que n’a pas celle au burin; puisqu’outreque le Graveur a l’eau-forte avance son ouvragebeaucoup plus vite que fautre, il touche bien mieuxcertaines parties, comme par exemple, les terrassesdí les arbres dans les passages.

La planche de cuivre pour graver k l’eau-forten’est point différente de celle pour graver au burin ;mais avant que de la couvrir de vernis de la manié-ré qu’on le dira dans la fuite, elle doit être & pluspolie & plus nette.

Le vernis des Graveurs est de deux sortes, l’un li-quide , & l’autre sec, c’est-a-dire, l’un plus mol, &l’autre plus dur. Tous les deux Rappliquent fur laplanche, après qu’ellea été suffisammentchauféesurle feu, pour que l’un ou l’autre vernis s’y étendeégalement.

Quand il est séché on le noircit en passant laplanche du côté du vernis fur la lumière d’une chan-'déle allumée.

Ditlion. de Commerce. Tom. II.

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C’est fur ce vernis ainsi noirci qu’on calque le des-sein ; ce qui íe fait en l’apphquant fur la planche, a-près avoir froté le dessous du papier de sanguine ,& en passant légèrement une pointe d’aiguille unpeu émoussée fur ses principaux traits , dont on fuitexactement les contours.

Quand ie deísein est calqué , Ie Graveur le traceavec une pointe, & pour achever ion ouvrage ii íesert d'autres pointés de différentes grosseurs, ou d’é-chopes qui font encore plus grosses que les pointes ;les unes «St les autres n’étant néanmoins que des ai-guilles enfoncées par la tête dans un petit manchede bois, dont les plus fortes ont le 110m ci’échopes,parce qu’eiles font coupées ou plutôt affûtées enchanírain comme les échopes des Orfèvres. Ces é-chopes fervent pour tracer des traits plus larges &plus forts fur le vernis.

On se sert de deux sortes d’eau-forte, ainsi quede deux sortes de vernis ; l’une qu’on appelle Eaublanche, & l’autre qui est nommée Eau verte. Cel-li-ci sert avec les deux vernis, l’autre ne peut ser-vir qu’au vernis liquide.

L’eau blanche, qui est celle des Affineurs , se meta plat fur la planche, après qu’on fa bordée de ci-re : l’eau verte qui est plus forte, & qui est faiteavec du sel commun, du sel armoniac «St du verd-de-gris , ne fait que sc couler fur les planchesqu’on tient un peu inclinées, en se servant peur celad’une espèce de caiffe de bois poissée où l’on placela planche, au bas de laquelle est un vase de terrepour recevoir i’eau qui en fort.

II faut observer que l’une ou fautre eau-fortene doit pas demeurer également «St aussi long-temsfur les lointains «St fur les autres parties du desseinqui doivent fuir , comme fur celles qui font ìes plusproches à ia vûe , & qui doivent paroître plus for-tes «St plus ombrées.

Pour remédier a cet inconvénient les Graveursont une composition de sens & d’huile , dont ilscouvrent les endroits où f eau-forte ne doit pas mor-dre si fortement qu’aux autres ; i’òtant de dessus laplanche quand ils jugent qu’eiie y a assez séjourné,«St frotant de cette mixtion les parties qu’ils veulentépargner; ce qu’ils recommencent autant de foisqu’ils le croyent à propos , «St jufqu’a-ce que i’eau-forte ait assez pénétré les endroits qui doivent avoirplus de force, & faire plus dur ou plus noir; ob-servant toujours de ne remettre la planche à seau-;forte qu’après savoir lavée d’eau fraîche , & savoirléchée au feu.

Enfin la gravure finie, «St la planche ayant eutoute son eau-forte, on la lave à forfait d’eau fraî-che, après quoi on la chauíe fur un feu raisonnablepour en fondre Ôt en enlever tout le vernis.

Les Pointes , les Echopes , une Pierre k huilepour les aiguiser, «St une Brosse ou gros Pinceau dépoil de petit-gris, pour ôter de dessus la planche lesordures ou le vernis qui s’enlévent a mesure qu’ongrave, sont les seuls oùtils dont ies Graveurs a i’eau-forte ont besoin.

Graveurs en Bois. Ces sortes de Graveurs ,ainsi nommés de la matière fur laquelle ils travail-lent , qui est ordinairement ie bois de poirier ou debuis, ne gravent pas comme les autres Graveurs,en incisant leurs planches avec des burins, des poin-tes ou des échopes ; mais en y épargnant & laissantde relief les endroits qui doivent faire i’empreinte,enlevant le reste avec la pointe d’un canif & avecde petits cifelets & des gouges en bois , qui font lesseuls outils qu’on employé a cette gravure.

La planche fur laquelle o n veut graver de cetteforte ayant été choisie bien sèche «St fans noeuds , &ayant été réduite par le Menuisier a une épaisseurraisonnable, bien dressée, «St parfaitement unie ducôté qu’on la veut travailler, le Graveur, s’il fais

H h assez

GR’A VEUR.