graveur.
assez de dessein , y trace a la plume celui cju’il y veutreorésenter, & ensuite avec les seuls instrumensqn’on vient de dire, achève son ouvrage, auquei ildonne plus ou moins de relief, & à ses traits plusou moins d’épaisseur , suivant que la lumière ou lesombres le demandent, ou qu’il le faut pour f usageauquei ì’ouvrage gravé est destiné.
II faut remarquer que cette gravure fe fait fansaucune hachure, cest-a-dire , fans trancher, couperni traverser les premiers traits par d’autres traits,ai n u qu’il fe pratique dans les gravures au burin &a seau forte , mais en les tirant feulement les unscontre les autres. Néanmoins on a vu depuis quel-ques années des morceaux en bois gravés d’une stgrande délicatesse, & où les doubles traits ou traitscroisés, imitent st bien ceux des Graveurs au burinou k l’eau-forte,qu’ils méritent de leur être comparés.
Si l’Ouvrier lait peu de dessein, ( y en ayantbeaucoup de cette profession qui ne font pas grandsDessinateurs, & qui ne travaillent que par routine )il fait faire a l’encre par le Peintre un dessein de lagrandeur précisément de sa planche ; & l’ayant col-lé avec de la colle de farinq & d’eau, où il met unpeu de vinaigre, il le laisse parfaitement sécher;observant en le collant que les traits du desseinsoient tournés & appliqués fur le bois.
Quand la colle est bien sèche, on imbibe d’eau lepapier doucement & a plusieurs reprises, jul'qu’h cequ’i! en soit bien pénétré , ce qu’on fait ordinaire-ment avec une petite éponge; & lorsque le papierest bien détrempé , on i’eniéve en le frotant peu àpeu avec le bout du doigt; ce qu’on continue jus-qu’) ce qu’il ne reste plus fur le bois que les traitsd’encre qui forment le dessein.
Cette forte de gravure en bois a plusieurs usa-ges. On en fait les vignettes, les culs de lampe &les lettres initiales" dont se servent les Imprimeurs& Libraires dans l’impreííion dé plusieurs de leursLivres , particulièrement dans les Livres d’Eglife,& dans ies Edits, Déclarations & Arrêts qui lè dé-bitent par les Colporteurs.
C’est aussi eu planches de bois qu’on représenteassez souvent, fur-tout quand on veut épargner ladénenfe des planches de cuivre, les figures de géo-métrie, les machines, outils , instrumens & autreschoses semblables, dont les Auteurs veulent don-ner une idée claire, & une plus grande intelligen-ce que par de simples descriptions ou explications.
On fe sert encore de gravure en bois pour cesespèces de tapisseries de papier qu’impriment & ven-dent les Marchands & Ouvriers qu’on nomme com-munément Dominotiers, Imagers & Tapissiers enpanier, dont on parle ailleurs. Voyez Dominotier.
Enfin c’est pareillement en bois que fe font lesplacards pour les annonces des comédies & autresspectacles publics; & c’est aussi de la forte qu’ongrave le plus communément ce qu’on nomme lesEnseignes des Marchands & Ouvriers, c'est-à-di-re , ces billets imprimés & ornés de quelque gra-vure, où ils mettent leur demeure & le détail desouvrages qu’ils font & qu’i is vendent, K dont ilsenvelopent leurs marchandises, ou qu’ils donnent aleurs Chalans, pour enseigner leur boutique.
Avant que les furies & les toiles peintes eussentété défendues en France par tant d’Edits & de Dé-clarations qui en interdisent l’ufage & l’impression,avec cette sage sévérité qu’on a eu sur ía fin duRégne de Louis XIV. & qui continue depuis queLouis XV est monté fur le Trône, c’étoit aussi lesGraveurs en bois qui faisoient les moules ou plan-ches de poirier qui servoient a les imprimer ; maisla crainte des amendes & des autres peines & puni-tions, même afflictives, a mis fin k ces ouvrages sipréjudiciables aux Manufictures ; & ce n’est plusau moins qu’en cachette & avec de grandes précau-
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tions qu’on ose faire cette gravure de contrebande.Voyez Furie.
Graveurs en Métal. Ce sont ceux qui gra-vent & font toutes sortes de cachets ; les sceaux dela Chancellerie, & autres sceaux particuliers ; lesmarteaux k marquer les cuirs dans les halles , ou lesbois dans les forêts ; les poinçons pour fraper lesplombs des marchandises & étoffes ; les poinçons defrise, de bordure & autres ornemens pour les Or-fèvres ; les poinçons pour les Relieurs, les Doreursfur cuir & les Potiers d’étain ; enfin tous tels autresouvrages de gravure, loi t en creux , soit en relief,soit sur for & l’argent, soit sur le cuivre, le leton ,l’étain , le fer ou l’acier.
Ces Graveurs font une des Communautés des Arts& Métiers de la Ville & Fanxbourgs de Paris, fousle nom de Maîtres Tailleurs-Graveurs fur métal.Voyez ci-devant Graveur sur Acier, ó” ci-apraTailleur.
Graveurs et Doreurs fur fer & acier trempé& non trempé. Ces Graveurs qui faisoient autre-fois a Paris une Communauté particulière , font pré-sentement réunis a celle des Maîtres Feures-Cou-teliers, dont on a parlé a leur propre Article. VoyezCoutelier.
GRAVEURE, ou GRAVURE. Art & maniéréde graver.
Cet art fi ingénieux , & si propre a conserver ala postérité les plus beaux ouvrages des Peintres ,des Sculpteurs & des Architectes, aussi-bien quequantité de machines & d’inventions utiles pour per-fectionner les arts & les sciences, n’est pas fortancien , & ne remonte guéres au delà du commen-cement du XV e siécle.
On en attribue l’invention a un Orfèvre de Flo-rence f a ) ; mais il est certain que ce furent AlbertDurer (5) ct Lucas qui le perfectionnèrent, & quiles premiers donnèrent des ouvrages de Gravure degoût & de bonne manière.
Les François a la vérité s’y font appliqués plustard que les autres ; mais leurs Graveurs peuvent fevanter d’y avoir mis la dernière main ; & il n’y apas d’apparence qu’on puisse aller plus loin dans cetart, que les Nanteuils , les Edelinks , les Audrans ,les Simoruaux, íçs le Clerc, & tant d’autres excel-lens Maîtres dont les ouvrages seront toujours re-cherchés des Curieux, mais qu’il feroit trop long denommer ici.
La Gravure fur le cuivre , soit au burin , soit kl’eau-forte, est presque la seule dont on se serve pré-sentement pour les grands ouvrages ; celle enbois, autrefois si estimée , & a laquelle d’habilesGraveurs ne dédaignèrent pas de s’occuper dans leXVI e siécle, n’étant plus guère d’usage que pourles petits ouvrages , & encore de peu de conséquen-ce ; ou pour de très grands, comme font les tapis-series de papier & quelques autres dont on parleailleurs. Voyez ci-rdejfus Graveurs en bois.
L’art de Gravure est un de ceux qui composent'a Paris l’Académie Royale de Peinture, & la Com-munauté des Maîtres Peintres , Sculpteurs & Gra-veurs de la Ville & Fauxbourgs de Paris. Voyez dansP Article précédent , les paragraphes des Graveurs ettt aille-douce , & ci-après celui de PEINTRE.
Graveure. Les Cordonniers & Savetiers ap-pellent aussi de la forte, en termes du métier, unsentaille qu’ils font avec le tranchet tout autour des
grosses
( a ) II s’appelloit Maso Finiguerra , & vivoit vers le mi-lieu du XV e . siécle. ,
(b) C’est Durer de Nuremberg, le Père de cet habilePeintre qui s’appelloit aussi Albert , & qui a fleuri dans lemême temps. Lucas étoit de Leyde, & mourut en 1 5ZZ-peut consulter Mr. Fehbkn dans ses. Entretiens fur les Vies “ eíPeintres.
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