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Tome 2.
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7-9 GRENADIER.

qui étoit très convenable, a cause de fa qualité rafraî-chissante ; elle calme les ardeurs des fièvres , appaifela soif* & rétablit i’appetit des malades. Les Cli-mats chauds qui causent des maladies plus aiguës,avoient bien plus besoin de la grenade que les paysfroids ; ce qui fait voir que la Divine Providencea placé le Grenadier, comme bien d’autres choses ,dans les Climats où les vertus de son fruit pou-voient être plus utiles.' Heureux les hommes quisavent faire un iìmple usage des choses telles que ìanature les donne ! Ceux qui recherchent des se-cours plus élevés au dessus du Jìmple , ne trou-vent pas toujours û bien leur avantage dans les ma-ladies.

Le Grenadier des jardins est de deux sortes , l’unqui ne porte que des rieurs, & l’autre qui produitdes fleurs & des fruits. Les fleurs du premier fontluisantes & vermeilles, ôc ont quantité de feuillesqui paroissent pilées, Òt, pour ainsi dire, chifonnées.Les fleurs du second sont simples , d’un rouge ti-rant fur le jaune. Les unes Ót les autres font en-fermées dans un calice oblong , dur, purpurin, &ayant en quelque maniéré la figure d’une cloche,mais les bords font découpés par cinq échancru-res.

Ces arbres ne s’élévent pas bien haut : leurs bran-ches sent un peu épineuses : teurs feuilles ressem-blent à celles du grand Myrte, & font d’un trèsbeau verd, mais qui rougit fur la fin de l’automne;& leurs fruits qui consistent en quantité de grainsrouges, de figure angulaire, quelquefois doux, quel-quefois aigres, suivant l’arbre qui les produit, sonttous enfermés séparément àts de petites cellules, &couverts tous ensemble d une'écorce épaisse & rouí-fâtre, de la figure & grosseur d’une grosse pomme.Au dessus de la pomme de Grenade est une eípécede couronne de la même nature que f écorce , for-mée par les découpures du calice , qui s allonge <ks’arrondit à mesure que le fruit avance dans fa ma-turité.

* Les Marchands Epiciers & Droguistes de Parisfont venir ces fruits de Provence & de Languedoc, oùils viennent naturellement, aussi-bien qu’en Espagne•& en Italie ; & ils en vendent alsez considérable-ment - non seulement parce qu’ils font bons & a-gréabtes a manger , mais encore a cause de leur ra-sage dans la Médecine ; les grains servant à fairedes syrops & des conserves; & l’écorce , qu’on esti-me très astringente, entrant dans la composition deplusieurs remèdes & ptifanes , qu’on croit rrè» bon spour la guérison de la dyssenterie , de la diarrhée ,de la lienterie , des hémorragies, & pour le relâche-ment des gencives.*

f Les Grenades font divisées en trois espèces dansles boutiques, par raport a leur saveur : les unesfont acides & le plus en usage, les autres sont dou-ces , & les autres ont une saveur vineuse qui tientle milieu entre les deux précédentes.

Les Anciens se servoient de f écorce de Grenadedans la préparation des cuirs, comme on fait pré-sentement du Sumac. Encore aujourd’hui les Cour-royeurs en employent dans le lustre qu’ils donnent aleurs cuirs.

On ne fauroit trop prendre de précaution pour lechoix de l’écorce de Grenade. La bonne doit avoire je féchée après qu’on en a tiré les grains; celle qu’onsèche sans la vuider sentant toujours le moisi, &conservant un goût capable d’augmenter les mauxplutôt que de contribuer a les guérir.

Pour la conserve, ils’en vend peu de véritable ,étant très difficile à faire ; cesse qu’on vend pourtelle n’étant le plus ordinairement que du sucre fon-du , \i qtss l’on donne la couleur & le goût aigret a-' vec la cochenille, la crème de tartre & l’alun.

Les Grenades payent en France les droits £ entréeDiction, de Commerce. Tom. II.

GRE N.

à raison âe xo s du cent en nombre ,suivant le Tarifde 1664. à le s droits de la Douane de Lyon fur le piéde 6 f.

GRENADILLE. Espèce d’ébéne rouge qui abeaucoup de veines. Voyez. Ebene.

GRENÀGE. Terme en usage dans les moulinsoù se fabrique la poudre â canon. II signifie factionavec laquelle le Poudrier forme le grain de la pou-dre a canon. Voyez. Grener.

GRENAILLE. Métail réduit en menus grains.

La Grenaille des métaux se fait en les jettant dansde l’eau froide quand ils font fondus. Les métaux quiíe réduisent en Grenaille, sont l’or, i’argent & lécuivre. On le fait aussi de l’étain , mais rarement.Cette façon se donne pour les épurer.

On appelle Rocher de Grenaille, en termes de mon-noie , les grains des métaux qui s’amassent en unemasse au fond du bacquet plein d’eau , où 011 lesverse quand ils sont'én bain.

Ce qu’on nomme Grenailles creuses & concaves ,sont les grains les plus menus du métal réduit enGrenaille.

Grenaille. Se dit aussi de la cire qu’on réduiten grains par le moyen du greloué , pour la mettreen état d’être blanchie. Voyez Grelouer.

* GRENAT. Pierre précieuse fort rouge , assezsemblable pour la couleur aux grains d’une grena-de , qui ne perd pas fa teinture dans le feu ordi-naire.

11 y a des Grenats Orientaux & d’autres Occi-dentaux. Les Orientaux viennent de divers endroitsdes grandes Indes ; & les Occidentaux , d’Espagne >de Èohême & de Silésie.

Ceux d’Orient sont de trois espèces , qui ne fedistinguent que par la couleur : les uns font d’unrouge-brun, & comme de sang noir & éraissi ; decçux-sa il y en a de la grosseur d’un œuf de poule :les autres font presque de la couleur du hyacinthe ,avec qui on les confondroit, s’ils n’étoient plus rou-ges ; ce font ceux-lâ qu’on nomme Grenats surions,òt qui sont fort estimés ; les troisièmes mêlant leviolet avec le rouge font appellés par les Italiens ,Rubini délia Rocha.

Les Grenats d’Occident font aussi de divers rou-ges, suivant les lieux où ils se trouvent. En Espa-gne ils imitent la couleur du grain de grenade : ceuxde Bohême ont un rouge en quelque sorte doré , &qui éclate comme un charbon ardent : ceux de Si-lésie sont plus obscurs, & rarement entièrementtransparents. De tous les Grenats Occident ux lesBohémiens ont la préférence ; quelques Auteursmême la leur donnent fur les Orientaux. Ils se trou-vent ássez près de Prague , non pas dans des minesparticulières, mais les Paysans les recueillent dansles champs parmi le fable & les cailloux.

Les Grenats ont quelque usage dans la Médecine.Réduits en poudre on les met avec des électuairescordiaux. A l’égard des vertus & qualités occul-tes , ies Anciens leur en font moins libéraux qu’auxautres pierres précieuses ; cependant ils disent qu’ilsfont bons contre la tristesse & la mélancholie.

Grenat. On appelle aussi Grenat dans le com-merce des drogues & de l’épicerie , l’écorce des ci-trons qu’on a étreinte pour en tirer le jus.

Les Grenats payent en France les droits de sortiecomme citrons , à raison de 10 s. du cent en nombre.

Les droits quils payent à la Douane de Lyon r ontde 1 f. 8 den. de la livre pour l’ancienne ou la nouvel-»le taxation, ou de 6 liv. 10 f. du quintal.

GRENE. Voyez Graine.

GRENË’, GRENE’E. On appelle Sel grené ce-lui qui est réduit en grains. C’est une des bonnesqualités du sel d’être bien grené ; plus le grain estgros , plus le sel est estimé.

GRENER. Produire de la graine, monter en grai-ne. Hh 3 Gke-

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