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Tome 2.
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G R E U

GRFLOT. Les Fils qu’on appelle Fils au Grelot,se tirent de Dort en Hollande. Its font blancs &plats , & servent pour broder à l’aiguille des mous-selines , des linons & des batistes. Voyez. Fil.

Grelot. Petite boule creuse d’argent ou de cui-vre , où l’on enferme quelque petit corps dur & so-lide , qui étant agité, fait l’office d’une petite son-nette. Les tambours de basques font entourés deGrelots.

GRELOUAGE. Action par laquelle on réduitla cire en grain.

GRELOUER, comme disent les Ouvriers, GRAI-NER, ou GRENER la Cire. C’est la réduire en pe-tits grains, pour la purifier & blanchir ; ce qui íe taitde la maniéré suivante.

On prend ordinairement yoo livres de cire jau-ne , que l’on met fondre dans une chaudière aveccieux seaux d’eau claire : loríqu’elle est bien fon-due & bien chaude , on la vuide avec seau dansun tonneau de la même grandeur que la chaudiè-re, qu’on couvre bien , de peur que la cire ne fe re-froidisse. Deux heures après on peut la tirer du ton-neau par le moyen d’un robinet place à deux doigtsau dessus de la superficie de l’eau, la cire ne fiemêlant point avec l’eau, & surnageant toujours par-dessus.

Sous le robinet est placé le Grelotté, c’est-a-dire,une espèce de vaisseau de fer blanc, ordinairementde 3 piés de long fur 4 pouces de large, & autantde profondeur, au fond duquel font de petits trous àpasser au plus de grosses têtes d’épingle, éloignésles uns des autres environ d’un bon pouce, & placéscomme en quinconce.

Pins bas que le grelotté est le Tour: on nommeainsi un rouleau ou cylindre de bois d’un pié de dia-mètre & de trois piés de long. Enfin au dessous dutour est une espèce de longue auge de bois ou deplomb, quelquefois aussi de pierre, remplie d’eau fraî-che , dans laquelle le rouleau est enfoncé a peu près

àmoitié.

Quand on veut grelotter on ouvre le robinet dutonneau, d’où la cire encore liquide passe dans legrelotté; & tombant ensuite sur le cylindre qui tour-ne continuellement par le moyen de sa manivelle &cleses tourillons qui portent fur les bords de l’auge ,fe réduit comme en goûtes de pluye ; enfiorte qu’enfe figeant par la fraîcheur de l’eau dont l’auge estremplie, elle fe met toute en grains a peu près de lagrosseur d’un petit pois.

L’auge doit avoir autant de largeur que le gre-lotté ou le tour ont de longueur, c’est-à-dire, en-viron 3 piés : quant à la longueur , elle doit êtrede 10 à 12 piés , ík fa profondeur d’un pié & demià 2 piés.

A mesure que la cire se graine on la tire de l’augeavec une fourche de bois, on la jette dans une man-ne d’osier, & on la porte fur les toiles, où elle estétendue & retournée par deux fois, pour y prendre fiapremière blancheur.

Après ce léger blanchiment, on la fait refondrepour la mettre encore en grains ; puis on la met pourla dernière fois blanchir fur les toiles en la retour-nant encore ; & quand elle est parfaitement blanche,on la fait fondre une troisième fois, pour la mettreen petits pains.

11 faut remarquer qu’on ne travaille k blanchirles cires, que depuis le commencement de Maijúfqu’à la fin de Septembre.

On a observé que dans tous les Pays de vigno-bles où l’on recueille de la cire, il est du tout im-possible de la pouvoir blanchir ; ces sortes de ciresrestant toujours grises, en forte qu’elles ne fe ven-dent & ne s’employent ordinairement qu’en jaune.

Les cires qui reçoivent le plus beau blanchiment,font celles de Bretagne & de Normandie , particu-lièrement celles du côté du Cotantin. On a néan-

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moins établi deux blanchi ries de cire, PuneaAnto-ny, & l’autreàLaï, qui font deux villages des en-virons de Paris, d’où l’on prétend que le blanchi-ment est parfaitement beau , & ne cède à aucun au-tre. Voyez. Cire.

II faut comparer l’Article qu’on vient de lire avecce qu’on en dit à l’Article de la Cir.e , où il est par-lé de la Manufacture d’Antony. Quoiqu’il n’y artpoint de différence bien essentielle entre ces deuxArticles, on remarquera aisément que le premier n’aété fait que sur un mémoire, & que l’autre a toutel’exactitude que les choses peuvent avoir, quand onles a vues de ses yeux.

GRELOUOIRE , ou GRELOIR. Instrument quisert à réduire la cire en grain. Le mot Grelotté estde peu ou point d’usage , il faut employer l’un oul’autre des deux termes ci-dessus.

GREMIL, ou Herbe aux Perles. Plante enusage dans la Médecine. Elle pousse d’elle-même auxlieux incultes , & on la cultive dans les jardins pouravoir de fa semence. Elle est employée pour briser& chasser la pierre des reins, pour les nétoyer &pousser les urines dehors. La prise est d’une dragmeou deux réduite en poudre fine. Quelques-uns assu-rent que la décoction de toute la plante avec le vinblanc, prise à la quantité d’un verre 7 ou 8 matinsde fuite, brise assurément la pierre. Cette planteentre dans le débit des Herboristes.

f Le Gremil est appelle en Latin Lithospermum,qui signifie semence pierreuse, parce que celle decette plante est fort dure. Or comme les Ancienss’imaginoient que la nature donne souvent dans lesplantes, quelques marques qui indiquent leurs prin-cipales vertus pour remédier à telle ou telle indispo-sition du corps de l’homme, ils pensèrent sur ceprincipe que cette semence, par son caractère dedureté, & par fia couleur de pierre ou de perle qu’el-le a, de volt être propre pour la pierre ; mais l’expé-rience n’a que trop confirmé la fausseté de cettevertu prétendue, ou imaginaire.

Mr. Tournefort a rangé ce genre dans fa II e Clas-se, parce qu’il a sa fleur en entonnoir toute d’unepiéce. Il y a de ce genre sept espèces de connues,dont la première est la feule qui soit en usage; c’estcelle dont parle Mr. Savary. * Mr. Garcin.

GRENADE. Fruit rempli de pépins ou grainsrouges, quelquefois acides, quelquefois doux. Ostappelle assez souvent ce fruit Pomme de Grenade.Quelques-uns lui donnent aussi le nom de Migrai-ne, à l’imitation des Languedociens, qui nommentce fruit Miograne ou Petit grain. Voyez. Grena-dier.

Grenade. C’est aussi une forte de linge ouvréqui se fait à Caen, & en quelques endroits des en-virons de cette Ville de Basse Normandie. Voyez.Linge.

Grenade. Est encore la foie la plus estimée pourla couture, les franges & autres fortes d’ouvrages.Elle vient du Royaume de Grenade en Espagne.Voyez Soie.

* GRENADIER. Arbre qui porte les Grenades.II y en a de deux espèces, le Grenadier sauvage ,& le Grenadier qu’on cultive dans les jardins. Le-Grenadier sauvage , ou plutôt un certain Grenadierdont la fleur est double & qui s’appelle dans la Pro-vence Balauflier & Paparoi , produit cette forte defleurs apDeliées Balaustes qu’on employé dans la Mé-decine. Voyez. Balaustes.

-j- Ce genre de plante est de la XXI. Classe de Mr.Tournefort , parce que fa fleur est en rose , c’est-a-dire , composée de cinq pétales, lorfiqu’elle est Am-ple; car quand elle est double , elle en a davanta-ge , & cela est au dessus de son naturel. II y aespèces de ce genre, dont il y en a une qui est na-turelle en Amerique. Les espèces qui portent ufruit, croissent toutes dans les pays chauds ; c este®