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petit écu de France. Les deux sortes de pièces,la longue & la courte, étoient de même prix ,parce que Tune étoit plus fine que l’autre ; ainsiìe prix diffère encore suivant la finesse ou la gros-sièreté de la toile ; car on fait k Bengale des Guerasde plusieurs qualités.
Cette forte de toile est la plus en usage dans lePays : On en fait du linge de table, ou autre pouriervir dans les ménages. On y en fait de la char-pie pour les playes, qui vaut mieux que la char-pie d’Europe, malgré les préjugés qu'ont tous nosChirurgiens contre le coton. C’est ce que l’expé-rience a montré, fur les vaisseaux Européens auxIndes. * Mém. de Mr. Garcin.
GUESDE. Voyez. Pastel.
GUESDE’. Drap guesdé. C’est un drap auquelon a donné un pié de guesde ou pastel. Voyez Bleu.
GUESDER. Mettre les laines & les étoffes enbleu. Voyez Empasteler.
GUESDRONS. Une des trois* sortes d’Ouvriersdont la Communauté des Teinturiers de la Ville deRouen est composée. Les Guesdrons font ceux quisonnent aux étoffes le pié de guesde , qui est né-cessaire , particulièrement pour les noirs.
GUESTE. Mesure de longueur dont on se sert enquelques endroits du Mogol ; elle revient a une auneì de Hollande..
GUEUSE. Espèce de dentelle de fil blanc , trèslégére, dont le fond est de réseau, & les fleurs decordonnet fort délié, qui se fabrique sur forestieravec des fuseaux & des épingles , de même que lesautres dentelles»
II se faisoit autrefois en France une ássez grandeconsommation de cette dentelle, mais présentementla mode en est presque perdue. On lui avoit don-né le nom de Gueuse a cause de la modicité déson prix , ce qui fait qu’il n’y a plus guéres que lespersonnes de peu de conséquence qui en veulent en-core porten , .
Gueuse. C’est ausifi une petite étoffe qui se fa-brique en Flandre* où elle se nomme plus commu-nément Pi cotte» Voyez Picotte»
Gueuse. Est encore une grosse piéce de fer dedix a 12 piés de long, fur io ou 12 pouces de lar-ge, & du poids de 16 a 1800 livres, même quel-quefois davantage»
* On coule le fer fondu dans un canal ouvertqui a la figure d’un Prisme triangulaire ; il prendcette même figure en se refroidissant ; & de longuespièces de ce fer ainsi conditionnées Rappellent desGueuses, suivant i’explication de Mr. de Rêaumur.Ce canal est de terre assez grossièrement fait, 8c cet-te matière y entre en se précipitant comme un tor-rent de feu capable d’inspirer quelque émotion aceux qui voyent pour la première fois un spectacleégalement terrible & curieux. Voyez Fer.
Les Gueuses, que le Tarif de Lyon appelle Guises déFer, payent les droits de la Douane de cette Ville sui-vant les lieux d’ok elles viennent :
Savoir les Gueuses de fer de France ía piéce pesaniun millier , 8 sols d'ancienne taxation ì & 6 den. parcent de nouvelle réapréciation :
Et les Gueuses de fer étranger i8 f du millier , tant' ancienne que de nouvelle taxation.
GUEUSETTE. Terme de Cordonnier. C’est legodet où les Cordonniers mettent le rouge ou lenoir dont ils rougissent où noircissent les talons dessoulier?.
GUEZE. Mesure des longueurs dont les Persansse servent pour mesurer les étoffes, les toiles &autres semblables marchandises.
II y a de deux sortes de,Gueze en Perse ; la Gue-ze Royale, qu’on nomme autrement Gueze Mon-kelser ; & la Gueze raccourcie, qu’on appelle sim-plement Gueze : celle-ci n’est que les deux tiers dePautre.
Diclion. de Commerce. Tom. IL
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La Gueze Royale contient 2 piés, 10 pouces,
11 lignes, cejpsi revient a f d’aune de Paris , enforte que les 5 Guezes font 4 aunes.
Pour réduire les Guezes de Perse en aunes de Pa-ris, il faut se servir de la régie de trois, & dire : Si5 Guezes font 4 aunes, combien tant de Guezesferont-elles d’aunes ? Et de même pour réduire lesaunes de Paris en Guezes.
On se sert dans les Indes d’une forte de mesurepour mesurer aussi les corps étendus, qui s’appeliepareillement Gueze : elle est plus courte que cellede Perse d’environ 6 lignes, ce qui peut aller k un70 e d’aune moins. Comme cette différence est peusensible * on peut faire la réduction des Guezes desIndes en aunes de Paris, suivant la même régie quien a été donnée a l’égard de la Gueze de Perle.
GUI. Voyez Guy.
GUIBERT. Espèce de toiles de lin blanches quise fabriquent a Louviers près Rouen ; il s’en faitde fines, de moyennes & de grosses.
Ces fortes de toiles* qui ont pris leur nom de l’Ou-vrier qui en a fabriqué le premier, se vendent a lapiéce depuis 70 jusqu’a 7$ aunes; leurs largeurs or-dinaires font de f, de J, & de 1 aune mesure deParis.
Elles s’employent ordinairement en draps & enchemises pour hommes & pour femmes : leur con-sommation se fait presque toute dans le Royaume *mais Paris est l’endroit où il s’en débite le plus.
GUIBRAY. Foire céltbre qui se tient dans undes Fauxbourgs de la Ville de Falaise en basse Nor-mandie : Elle á pris son nom de ce Fauxbourg, quilui-même l’a emprunté d’une Chapelle de la Viergenommée Notre-Dame de la Guibray qui n’en estpas fort éloignée.
Cette Foire si fameuse dans toute l’Euro.pe , 8cqui tient en France le premier rang après celle deBeaucaire, a été établie , k ce qu’on croit, parGuillaume le Conquérant, Duc de Normandie &Roi d’Angleterre. Ce Prince, en considération de cequ’il étoit né k Falaise, accorda k cette Ville dëgrands privilèges, & particulièrement une exemp-tion de tous péages & impôts pour la nouvelle Foire*dont il y fit en même tems rétablissement : exem-ption dont elle jouît encore, mais pourtant fansdiminution des droits des traites établis depuis,qui se payent en entier aux Bureaux du Roi.
L’ouverture de cette Foire se fait le 16 Août ; elledure 15 jours * huit qu’on appelle la grande Semai-ne pour les franchises, & le reste qu’on nomme lapetite Semaine, plus par coutume que par privilè-ge -. c’est dans la première semaine qu’il y a le plusgrand concours de Marchands, & que se fait toutle commerce ; dans l’autre on régie ses affaires 8con se prépare au retour; on y fait toutefois quel-que négoce.
11 n’y a point de forte dë marchandises qu’onn’apporte k la Guibray, ni de Provinces de trancèd’où il n’y vienne des Marchands : il en vient aussiquantité des Pays étrangers, soit pour Vendre, soitpour acheter.
Les plus précieuses dë ces marchandises font lajouaillerie & l’orfévrerie, dont une partie est ap-portée de Paris ; 8c les épiceries & drogueries quiviennent ou du dehors du Royaume, ou des Pro-vinces qui font ce commerce, 8c où elles arriventpar le retour des vaisseaux François. Les autresmarchandises font toutes fortes d’étoffes d’or ; d’ar-gent , de foie, de laine, dë coton, &c. & quantitéde toiles, de fils & de chanvre qui se recueillent ouqui se fabriquent dans la Province, ou que les Mar-chands Forains y apportent d’ailleurs. Ce qui faitun des plus considérables commerces de cette Foire*font les chevaux, dont il y a telle année qu’il s’y estvend au dela de 4000»
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