5?47 GUI B. GUIL.
Les deux Inspecteurs des Manufactures de Caen,dont l’un a l’inspection sur les étoffes de lainerie,â l’autre fur les toiles, & dans le département def-quels se trouve la Foire, sont tenus de s’y transpor-ter à son ouverture avec les Maîtres & Gardes &Jurés , & le Juge de Police des Manufactures, pourvisiter & marquer les étoffes & les toiles , & saisircelles qui ne font pas conformes aux Réglemens.
Les Directeurs généraux des cinq grosses Fermesétablis a Caen, a Laval & a Alençon, ont pareille-ment coutume de s’y trouver pour veiller aux inté-rêts de la Ferme, & empêcher qu’il ne s’y passerien au préjudice des droits des traites.
Outre les Marchands qui s’assemblent pour lavente -& pour l’achat, & les Commis nécessaires ala Police de la Foire, il s’y fait encore un grandconcours de noblesse & de peuple des environs, at-tirés par les divertiffemens qui y continuent toutle tems quelle dure ; ce qui ne contribue pas peuà la rendre plus belle & plus marchande.
Guibray. Fil de Guibray. Voyez. Fil.
GUIDE. Terme de Menuisier. Morceau de boisqui s’applique contre un rabot ou autre outil à fuit,pour l’affermir & comme le guider quand on veutrecaler ou pousser des feuillures.
GUIDES. On nomme ainsi fur la rivière de Loi-re lés balises & enseignemens qu'on met dans lespassages difficiles, pour marquer le véritable coursde l’eau, & assurer la navigation & le commerce decette rivière.
La Déclaration de 1703. donnée en faveur de laCompagnie fréquentant la rivière de Loire , défendd’arracher ou changer les Guides appelles Balises,à peine de foliv. d’amende.
GUIGNOLE. Terme de balancier. C’est une es-pèce de pié fur lequel on suspend les trébuchets oules petites balances , afin que la pesée se fasse plusjuste. On s’en sert dans les monnoies , (k presquetous les Marchands Merciers en détail, auffi-bienque les Epiciers, Droguistes & autres Marchandsqui débitent en petits poids , en ont fur leurs comp-toirs.
GUILDINE, ou GUILDIVE. Eau-de-vie desucre qui se fait au Brésil, & qui fait partie du né-goce des Portugais de Rio-Janeiro avec les Espa-gnols de Buenos-Ayres. 11 s’en faut bien que cetteeau-de-vie soit aussi bonne que celle qui se fait avecdu vin; 011 tient même qu’elle est très préjudiciableà la santé , aussi a-t-elle été défendue en Francefous de grosses peines. Voyez. Eau-de-Vie , oh il estparlé des Eaux-de-vie de Melajjes.
GUILLAUME. Espèce de rabot dont les Me-nuisiers & autres Ouvriers en bois se servent pourfaire différentes moulures.
U y en a de plusieurs sortes, entr’autres le Guil-laume a ébaucher, le Guillaume à plate-bande, leGuillaume a reculer & le Guillaume debout : tousces rabots ont le fust fort étroit ; le fer qui fe metcomme aux varlopes, est diversement taillé suivantles diverses moulures qu’on veut pouffer fur le bois,comme font les filets creux, les talons , les baguet-tes , les plates-bandes & quelques autres.
Le Guillaume debout est ainsi appelle , parce quele fer est placé droit dans le fust : celui - l'a est affûtépar le côté , & ne coupe point par dessous ; il sertk élargir des rainures, & a pénétrer où le gros Guil-laume ne peut aller.
Le Guillaume k ébaucher sert pour enlever lesangles de la pièce où l’on veut faire des mou-lures.
II y a aussi des Guillaumes ronds pour les ouvra-ges cintrés, & plusieurs autres qu’inventent les Ou-vriers suivant leur génie & les ornemens qu ils veu-lent faire fur les paneaux.
GUILLEDIN. Cheval d’Angleterre qui est extrê-mement vîte à la course. Voyez Cheval.
GUIL. GUI N. 74 §
Les Anglois écrivent Gclding, qui veut dire Che-val hongre , ou Cheval châtré.
GUILLEMET , ou GUIMET. Terme à’Jm-primerie. C’est une double virgule ( « ), qui femet quelquefois k côte des lignes , pour avertir& faire remarquer que les endroits ainsi désignésne font pas proprement du texte de l’ouvrage ,mais des citations, des passages & autres chosessemblables. Souvent on se sert de caractères itali-ques pour ces fortes d’indications. Voyez Impri-merie.
-j- GUIMAUVE. Plante dont on fe sert fré-quemment en Médecine, tant de ses feuilles quede fa racine, lesquelles font le plus grand profit desHerboristes. Rien n’est plus commun aux environsde Paris que la Guimauve, dans les marais , lelong des ruisseaux. Les Droguistes vendent souvensde fa racine léchée. Ses grandes vertus, qui fontl’honneur de la Médecine, lorsqu’on sait en faire l’u-sage convenable, regardent principalement les ma-ladies de la gorge, de la poitrine, des reins & de lavessie, parce qu’elle adoucit & amollit les parties so-lides trop tendues, soit dans la toux, & dans lesembarras du poulmon, soit dans les inflammationsdes voies de l’urine & des parties du bas ventre. LesTablettes de Guimauve font fort renommées pourles indispositions de la gorge.
Mr. Tournefort a rangé ce genre de plante dansfa Ire Classe, qui renferme les fleurs monopétales encloche ; mais il s’est trompé fur la structure dela fleur de Guimauve, de même que fur cellesdes autres plantes malvacées , qui répondent dansleurs caractères a celles-ci, car elle est véritablementcomposée de cinq pétales, quoiqu’elles paraissentjointes ensemble par leurs bases ; suivant cette ob-servation , elle appartient avec ses semblables, parconséquent, a la VI e Classe de ce grand Botaniste,rangée a côté du Géranium.
Ce même Auteur a mis fous ce genre 13 espècesqu’il a connues. * Mém. de Mr. Garcìn.
GUIMBARDES. Nom qu’on donne du côtéde Lyon a certaines espèces de longs chariots a qua-tre roues, qui servent a voiturer les marchandisesquand les rivières ne font plus navigables k cause dela Grandeur des eaux ou des glaces : les MarchandsLyonnois envoyent leurs marchandises k Paris furdes Guimbardes.
GUIMPLE. Droit qui fe lève fur le sel dans quel-ques endroits de la Bretagne, particulièrement danstoute la Prévôté de Nantes.
II est dit dans la pancarte de cette Prévôté, quele Roi & Duc prend par chacun an, fur le sel pas-sant le Trépas de 8. Nazaire, le droit appellé le de-voir de Guimple , c’est-h-dire, le devoir de salagefur trois vaisseaux , portant chacun plus de six muidsde sel mesure Nantoise au choix & élection du Re-ceveur , une fois en l’an comme dit est.
GUINDA. Espèce de petite presse k moulinet &sans vis dont quelques Tondeurs de draps fe,ferventau lieu de presses ordinaires, c’est-'a-dire, de cellesqu’on appelle presses k jumelles ou a vis.
Le Guinda sert k presser & donner le cati à froidaux étoffes de laine, après qu’elles ont été tonduesk fin , c’est-a-dire , en dernier. Cette forte de pres-se n’est guère en usage qu’a Paris, k Tours & kOrléans : dans les autres lieux on fe sert de presses kvis ou k jumelles. Voyez Presse , Cati & Catir.
GUINDAGE. Terme de Commerce de mer, quife dit du travail & du mouvement qui fe fait pour lacharge & décharge des marchandises d’un navire.
. On fe sert auffi de ce terme pour exprimer les sa-laires qui fe donnent aux Matelots pour faire cet ou-vrage : ainsi l’on dit, ces Matelots ont été payés deleur Guindage ; pour faire entendre , qu’ils ont étésatisfaits de leurs peines, pour la charge ou déchar-ge des marchandises d’un vaisseau.