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HARAS.
ayant rien de fi dangereux pour un estalon que d’ê-tre mouillé & de ressentir de la fraîcheur aux par-ties génitales lorfqu’il fort de la monte.
II ess bon aussi de promener quelque tems la ju-ment au trot, si-tôt qu’elie a été faillie, & enco-re mieux , si l’on en a la commodité, de la faire en-trer dans l’eau jusques par detìus les reins ; toutesces précautions pouvant beaucoup contribuer a lafaire retenir.
Bien des gens fe contentent de faire d’abord cou-vrir chaque jument une feule fois, & de ne la pré-senter h l’estalon que x j jours après pour savoir sielle a retenu ; mais d’autres pour assurer davantagela première saillie, la font encore couvrir le loirdu même jour, si la vigueur du cheval ou son âgele permettent.
La marque qu’une jument a retenu est lorsqu’el-le refuse l’estalon & qu’elie rue contre lui.
Depuis que les cavales ont donné ces signesqu’eíles ont conçû, les bergers du Haras qui lesgardent dans les pâturages, doivent empêcher soi-gneusement qu’aucun poulain entier ne les approche,ik les éloigner de toutes les occasions qui pourroientles faire rentrer en amour ; il faut aussi particuliè-rement dans le commencement & dans les quatrederniers mois de leurs portées, ne leur faire faireaucun exercice violent, comme de courre à toutesjambes, & de sauter des bayes ou des fossés , ce quiseroit capable de les faire avorter.
Lorsque le tems que la jument doit pouliner ap-proche, elle doit être placée seule dans une loge rai-sonnablement spacieuse, sans y être attachée, Sc tou-jours avec une bonne litière j si elle a peine k met-tre bas, on peut l’aider, ou en lui faisant avaler une- pinte d’hypocras, ou en lui soufflant dans le nezde l’euphorbe en poudre; & quand elle a pouliné, ilfaut en éloigner le poulain pendant 10 ou 12 heu-res , de crainte qu’en tenant fa mère aussi-tôt aprèsfa délivre, il ne fe nourrisse d’un lait séreux & mau-vais , dont il faut néanmoins décharger la jumenten le lui tirant des tetines avec les mains de la ma-niéré qu’on trait les vaches.
Au lieu du lait qu’on ôte au poulain, on lui peutdonner ou un œuf frais crud , ou un morceau debeurre frais ; mais le mieux c’est de le laisser jeûner.
La jument, après la naissance de son poulain ,doit rester 8 ou 10 jours fans sortir de sa loge ; &pour lui faire venir du lait, il faut la nourrir abon-damment de bon foin, de son de froment & d’or-ge trempé ou grossièrement moulu, & lui donnerde l’eau blanche un peu tiède pour sa boisson.
Quand ce tems est passé, on commence k mettrela mère & le poulain a Pherbe, d abord dans quel-ques clofeaux préparés k cet effet assez près des écu-ries pour y accoutumer le petit, & ne pas le fati-guer par une trop longue course, ce qui pourroitlui tourner les piés : ensuite on le méne dans desclos plus grands & plus éloignés ; & enfin lorsquela belle saison est venue on les conduit dans lesparcs & pâturages du Haras, d 1 où ils ne sortentplus, & où les bergers les gardent jour & nuit avecles autres jumens, les poulains Óc pouliches.
Les parcs doivent être enclos de murailles, diver-sifiés , comme on l’a déja remarqué, de bois taillis& de prairies, avec quelque ruisseau ou flacque d’eauvive, & en quelque endroit commode. II faut qu’ily ait un ou plusieurs vastes appentis couverts , fouslequel pendant la pluie ou dans les autres tems fâ-cheux tous ces animaux puissent fe retirer.
Dans les Pays Septentrionaux , les cavales & lespoulains doivent sortir <fes parcs vers la fin de l’au-tomne pour rentrer dans lès écuries du Haras ; maislorsque le climat est assez chaud pour ne point crain-dre qu’ils soient incommodés des gelées de l’hi-ver , on ne doit point les retirer des pâturages; &l’expérience fait connoître que les chevaux qui sont
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ainsi toujours élevés k l’air sont plus vigoureux,plus durs au travail, & qu’ils ont le poil plus vif& plus uni.
Les poulains doivent être sevrés vers la fin dumois de Janvier, ou au plus tard en Février, selonque la monte des jumens qui les ont produits a étéplus ou moins hâtive.
On choisit cette saison, asm que les' cavales ayentle tems de perdre leur lait, & que renouvelantleur amour au retour du printems, elles puissent ê-tre en état d’être présentées k l’estalon ; ce qui doitpourtant ne s’entendre que de celles qui ne portentque tous les deux ans.
Jufqu’a ce que la jument ait conçu de nouveau ,il faut en éloigner son poulain, en forte qu’elle n’enpuisse entendre les hennissemens, ce qui lui cause-roit trop d’inquiétude; mais après qu’elle est rem-plie de l’estalon, on peut lui rendre son petit, afinqu’elle le conduise aux pâturages, en prenant ce-pendant, des précautions pour empêcher qu’il ne latette, de peur qu’il ne lui fasse revenir son lait.
Enfin a deux ans on sépare absolument les pou-lains de leurs mères ; & c’est alors qu’il faut fe dé-terminer & faire le choix des chevaux qu’on veutgarder entiers pour le service & le renouvellementdu Haras, qui doivent toujours être les plus beaux& les meilleurs ; & réserver les autres ou pour leshongrer pour en faire des coureurs, ou pour lesdresser selon leur espèce ou au manège, ou a lachasse, ou au harnois.
On peut voir à VArticle du Cheval tout ce quiconcerne cet animal à le prendre au sortir du Haras ;& particulièrement le Commerce qui s'en fait tant enFrance que dans les Pays étrangers.
Haras de Mulets. II se dit des lieux où l’onassortit des ânes avec des jumens pour en avoir uneespèce moyenne qu’on appelle mulet.
On peut aussi faire monter des ânesses par deschevaux entiers; mais la race n’en est pas bonne, &l’espéce est en quelque forte différente de l’autre.Voyez. Mulet.
Les principaux Haras de mulets qui soient éta-blis en France, sont ceux de Poitou & d’Auver-gne , particulièrement de cette dernière Province,d’où il sort les plus beaux, les plus grands & lesmeilleurs animaux de cette espèce qu’il y ait aumonde.
La feule différence qu’il y ait entre ces Haras Scceux de chevaux, ne consistant guéres que dans ladiversité de la nature de l’estalon & le choix des jmmens qui y sont propres, on ne parlera ici que deces deux choses, renvoyant pour le reste k l’Articleprécédent.
Un âne qu’on destine a être estalon doit avoirpassé trois ans, c’est-à-dire, avoir pris toute fa for-ce & toute fa croissance ; il faut fur-tout regarder kfa race, a fa taille & k son poil.
Pour la race on la croit si nécessaire, que cettefeule différence peut en augmenter ou diminuerle prix très considérablement, y ayant des estalonsde bonne race qu’on vend jufqu’a çoo écus, tan-dis que ceux d’une race moins estimée fe donnentpour trois k 400 livres. Voyez Ane.
A l’égard de la taille, il doit être grand, le colpuissant & épais , les côtes fortes & larges , la poi-trine ouverte & mufculeufe , les cuisses charnues,les jambes troussées, fur-tout qu’il soit bien mem-bru, comme tous les ânes du Mirtbalais en Poitouont la réputation d’être.
Pour la couleur, on estime le noir simple ou lemoucheté de rouge tirant fur le vif, & le gris ar-genté ou marqué de taches obscureslê gris de sou-ris,qui est la couleur la plus commune des ânes, doitêtre absolument rejetté.
Les jumens doivent être au dessous de dix ans.Avant l’année 1689. il étoit permis aux Maîtres des
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