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Tome 2.
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»8i H ARA. H A RE.

Haras de mulets d’assortir leurs estalons des plus bel-les &des plus grandes cavales qu’ils pourroient trou-ver ; mais fur la remontrance des Commissaires éta-blis dans les Provinces pour les Haras des chevaux;òí a cause que cette liberté leur enievoit les plusbelles jumens, fur-tout en Poitou & en Auvergne,la taille de celles qui dévoient être menées aux ânesfut réglée par une Ordonnance des Intendans deces deux Provinces; & il fut fait défenses, confor-mément a l’instruction donnée a i’Inspecteur, deleur en assortir qui fussent au-dessus de la hauteurde 1.4 paumes ; S. M. déclarant que celles de 13 ou14 au plus suffisoient pour produire les plus beauxmulets.

Il faut remarquer,par raport aux ânes estalons, queces animaux deviennent si furieux k la vue de lacavale qu’on leur veut assortir, qu’il faut lés tenirtoujours emmufelés, de crainte qu’ils n’estropient acoup de dents ou les garçons d’écurie qui les mè-nent, ou même la jument qu’ils doivent faillir.

Deux autres remarques, mais qui regardent lesjumens, consistent ; l’une, en ce que celles quiconçoivent de leur conjonction avec un âne, por-tent leur petit un an entier ; l’autrè, qu’elles ne peu-vent allaiter leurs poulains que six mois,a cause de ladouleur qu’elles ressentent aux mammelles après cetems-la ; ce qui oblige ou de les sevrer a cet âge,ou de leur faire tirer une autre jument.

HARD. Les Gantiers & les Peaussiers nommentainsi une espèce de grosse cheville dé fer tournéeen cercle, sur laquelle ils passent leurs peaux pour lesamollir.

HARDER UNE PEAU. C’est la passer fur labard.

Hakder. Signifie auffi troquer, échanger ; il nése dit guéres que dans le commerce des chevaux,& encore seulement parmi la Noblesse dé Province,ífétant que peu d’usage a Paris, & point du toutparmi les Marchands.

HARDILLIERS. Terme de Hauteliffiér. Ge fontdes fiches ou morceaux de fer qui ont un crochet aun des bouts ; ils fervent a soutenir cette partie dumétier des Hauteliffiers, qu’on appelle la Perchede lisse; c’est-h-dire, cette longue piéce de boisavec laquelle ces Ouvriers bandent ou lâchent leslisses qui font la croifure de leur tapisserie. Voyez.Hautelisse.

HARENG, qu’on écrit quelquefois HARAN ouHARANG, & que les Hollandois appellent Haa-rmg. C’est un petit poisson de mer de la taille duGardon ou du Dard, qui a le dos bleuâtre Sc léventre d’un blanc argenté. 11 ressemble assez a unepetite alose, ce qui l’a fait nommer en Latin Alo-sa minor.

* Les Harengs se trouvent principalement dansla mer du Nord, entre la pointe d’Ecosse, la Nor-Wége, & le Danemarc ; Ils partent de la tous lesans a différentes reprises pour se rendre dans le Ca-nal de la Manche, & cela régulièrement aux moisde Juin Sc d’Août. On a remarqué qu’il naissoit enété le long de la Manche une multitude innombra-ble de certains vers & de petits Poissons, dont lesHarangs se nourrissent. Quand ils ont tout enlevédurant l’été & Pautomne le long des parties Sep-tentrionales de l’Europe, ils descendent vers le mi-di , où une nouvelle pâture les appelle. Si cesnourritures manquent, les Harangs Vont chercherleur vie ailleurs ; le passage en est plus p'romt, Scla pêche moins bonne. L’on pêche ailleurs des Ha-rengs , mais en moindre quantité. La pêche s’en faitOrdinairement en deux saisons; l’une au mois d’Aoûtqu’on appelle la pêche de 8- Barthelemi, & l’autreen Automne; la dernière est la plus considérable,les brouillards étant très favorables a la pêche de cepoisson.

f Mr. de Maillet , dans fa Description de P Egypte)

HARENG. M

nous apprend qu’on y pêche de très bon Harengen Décembre, Janvier Sc Février; mais qu’il 1 nes’en trouve qu’aux environs du Caire ; qu’on n’enprend point a Rosette, & fort peu à Damiette, paroù il devroit passer pour monter vers cette premièreVille. 11 ajoute qu’on n’en voit pas même dans laMéditerranée.

On croit communément que le Hareng meurtauífi-tôt qu’il est hors de seau, Sc qu’on n’en a ja-mais vû de vivant ; il y a néanmoins des réiationsqui assurent le contraire.

Les Harengs vont en troupe & suivent les feux :lorfqu’ils passent il semble d’un éclair ; aussi les Ma-riniers appellent - ils leur passage l’Eclair dés Ha-rengs : la pêche & la préparation qui s’en fait fehomme Droguerie. On donne auffi le nom de Dro-guerie a la moindre espèce du Hareng blanc salé.Voyez ci-après le commerce du Hareng.

Harengaison se dit également du tems qu’on lespêche, de celui de leur passage, de leur éclair &de la pêche même qui s’en fait: comme ce poissonest de passage , il est permis d’en faire la pêche lesFêtes & les Dimanches , & il y en a un titre ex-près dans les Décrétales des Papes. Le tems danslequel on ne pêche point de Hareng, est nommépar les Gens de mer, Morte Saison.

Pêche du Hareng.

Ues Hollandois ont été les premiers qui ont faitla pêche du Hareng, Sc qui ont remarqué les di-verses saisons de leur passage : on met leurs pre-mières pêches réglées vers l’an 1163. Voyez léCommerce ûe Hollande.

La maniéré de les saler Sc de les encaquer n’a éténéanmoins trouvée qu’en 1416. par Guillaume Buc-keld natif de Biervliet. La mémoire de cette hom-me s’est rendue si recommandable par une inventionsi utile, qu’on dit que l’Empereur Charles V. étantvenu dans les Pays-bas, ne dédaigna pas d’aller kBiervliet avéc la Reine de Hongrie fa sœur, com-me pour honorer de leur présence le tombeau de cëpremier encaqueur de Harengs.

On se sert pour la pêche des Harengs de petitsbâti mens, qu’on appelle en France Barques ou Ba-teaux í & qu’en Hollande on nomme Bûches ou Fli-bots.

Les Bûches dont les Hollandois fe fervent pourla pêche du Hareng font ordinairement du port dë48 a 60 tonneaux ; elles doivent être pourvûes de2 petits canons du poids de 800 livrés chacun , de4 pierriers, Sboêtes, 6 fusils & 12 piques , dontsix font longues Sc six courtes : k l’égarddes flibotsau dessus de 60 tonneaux, leur équipage consiste en4 petits canons pesant ensemble 4000 livres, avec4 pierriers, 8 boètes, 6 fusils , 8 piques longues Sc8 courtes.

11 n’est pas permis de faire sortir des Ports deHollande aucunes bûches pour la pêche des Harengs;qu’elles ne soient escortées d’un convoi , òu dumoins qu’il n’y en ait un nombre suffisant pour com-poser ensemble 18 ou 20 pièces de petits canons &12 pierriers ; alors elles doivent aller de conserve ;c’est-a-dire, de flote Sc de compagnie, sans pour-tant qu’elles puissent prèndre fous leur escorte au-cuns bâtimens non armés.

Les conventions verbales qui se font pour la con-serve , ont autant de force que si elles ètoient faitespar écrit ; il faut observer que chaque bâtiment déla conserve doit avoir des munitions suffisantes depoudre, de balles Sc de mitrailles pour tirer aú moins16 coups.

Lorsquè le tems se trouve beau, Sc que quelquebûche veut faire sa pêche, il faut que le Pilote fassehirser son artimon ; Sc celles qui ne pêchent pointne doivent pas se mêler parmi celles qui pêchent, il

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