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faut qu’elles se tiennent a la voile. Voyez. Bûche.
) Ces Réglemens de l’Amirauté de Hollande, pourla pêche du Hareng, ont en partie été imités par lesFrançois, 6c en partie augmentés de quantité d’au-tres qui y ont été ajoutés par l’Ordonnance de laMarine du mois d’Août 1681. soit concernant lesfilets dont les Pêcheurs doivent se servir, soit pourla police qui doit s’observer entre les Maîtres desbarques & bateaux François qui vont a cette pêche.
Conformément aux huit articles du titre 4 du li-vre V de cette Ordonnance ; x°. Les mailles des retsou applets dont on se sert pour la pêche du Hareng,doivent avoir un pouce en quarré ; 6c les Pêcheursn’y en peuvent employer d’autres ni se servir desmêmes filets pour d’autres pêches.
2 0 . Quand un équipage met ses filets à H merpour pêcher, il est dans l’obligation de les j et terdans une distance de cent braises au moins des autresbateaux , & d’avoir deux feux hauts, Pun fur Pa-vant 6c P autre fur i’arriére de son bâtiment.
3 0 . Chaque équipage après ses filets jettes â lamer , est tenu de garder un feu fur l’arriére de sonbateau, 6c d’aller à dérive le même bord au ventcrue les autres Pêcheurs.
4°. Les Maîtres des barques qui veulent pendantla nuit s’arrêter 6c jetter l’ancre , doivent se retirerfi loin du lieu où se fait la pêche, qu’il n’en puissearriver aucun dommage aux barques 6c bateaux quifont a la dérive.
50, Lorsqu’un équipage est forcé par quelque ac-cident de cester la pêche ou de mouiller l’ancre, ilest tenu de montrer son feu par trois différentes fois;la première lorfqu’il commence a tirer ses filets , laseconde quand ils font à moitié levés , 6c la troisiè-me après les avoir entièrement levés ; 6c pour lors ildoit jetter son feu à ìa mer.
6°. Si les filets íont arrêtés h la mer , l’équipagene doit point jetter son troisième feu ; mais il estobligé d’en montrer un quatrième & d’en garderdeux jusques a ce que les filets soient entièrementdégagés.
7°. II est défendu aux Pêcheurs fous peine de pu-nition corporelle de montrer des feux fans nécessité,ni autrement que dans les tems 6c en la maniéréqu’il vient d’être dit.
8°. Quand la plus grande partie des Pêcheurs d’u-ne ilote cesse de pêcher, 6c qu’elle mouille l’an-cre , les autres font dans l’obligation d’en faire demême.
Observations fur la pêche Françoise du Hareng, ses dé-fauts & les remèdes qu on y peut apporter.
On ne fait pas précisément a laquelle des Villesdu Royaume de France on est redevable de la pêchedu Hareng; mais il paroît seulement qu’aucune autreNation ne l’a faite avant la Nation Françoise.
Les habitans de Calais se vantent toutefois de l’an-tiquité de leur pêche, 6c prétendent que ceux deBoulogne 6c de Dieppe , en un mot, de toutes lesautres Villes de France qui font cette pêche , aussi-bien que les Etrangers, n’y ont été animés 6c ins-truits que par leur exemple.
Si leur prétention n’est point chimérique, il estdu moins certain qu’ils la soutiennent mal aujour-d’hui; leur Ville, en comparaison des autres VillesFrançoises , n’y envoyant que peu de Bâtimens , &tout le produit de leur pêche, dans les meilleures an-nées , n’allant guère qu’a environ 100 lasts qui font1200 barils.
II faut convenir néanmoins que cette Ville est plusheureusement située pour cette pêche qu’aucune au-tre de France. Les Pêcheurs de Boulogne, de Diep-pe , du Havre, 6cc. étant presque toujours obligésde reconnoître Calais en allant k leur pêche, a causedes vents qui les contrarient trop quand ils ne pren-nent pas cette route.
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II y a deux principaux endroits , où les Françoisfont la pêche du Hareng, les Bancs 6c la Manche.
La pêche des Bancs est la plus importante; le pois-son qu’on y prend étant gros, gras , de bonne qua-lité , en bon état & en grande abondance. Elle sefait depuis le commencement de Juillet jufqu’k la find’Août.
La pêche qui fe fait dans la Manche, n’approchepas de celle des Bancs ; le poiííòn y étant moins gros6c de moindre qualité, k cause qu’étant fatigué parla longueur de fa course, il maigrit, 6c qu’il ne trou-ve point de petit poisson pour se nourrir.
On c roi t que le dernier défaut vient de l’inexe’cu-tion de l’Ordonnance de la Marine de 1681. qui aréglé la grandeur des mailles de la drage k un pouce9 lignes en quarré ; ce qui 11’étant pas observé, &les mailles se faisant beaucoup plus petites que l’é-chantillon des Amirautés , il arrive que les pêcheursprenant le petit poisson qui devroit servir de pâtureaux Harengs , ces derniers restent maigres : ce quirépand un mélange dans le pacquage. qui fait untort considérable a la réputation de la pêche Fran-çoise.
Tout le Hareng qui fe vend, fe distingue en Ha-reng en vrac, en Hareng pacqué, & en Hareng for.
Le Hareng en vrac est celui qui n’est qu’a moitiésalé. Les Pêcheurs qui vont fur les bancs du Nord ,étant obligés d’y rester jufqu’k ce que leurs bâtimenssoient entièrement chargés du Hareng qu’ils y pê-chent , 6c ce poisson pouvant fe corrompre pendantce tems-lk, pour éviter cet inconvénient, ils le ren-ferment dans des barils avec assez de sel pour pré-venir la corruption , fe réservant a j mettre k leurretour tout celui dont il a besoin pouf une entièresalaison. Voyez ci-après Hareng en Vrac.
Le Hareng pacqué est celui qui a reçû toutes sesfaçons, c’est-a-dire, qui a été salé tout k fait, arran-gé & foulé dans les barils.
La différence qu'il y a entre la consistence des ba-rils de Hareng en vrac 6c des barils de Hareng pac-qué,est ordinairement d’un tiers; en forte que 18 ba-rils de Hareng en vrac , n’en produisent que 12 deHareng pacqué.
Chaque baril de Hareng pacqué contient 1200Harengs; douze barils font le last ; il faut sept mi-nois de sel pour saler chaque last.
Le Hareng sor est celui qui a été séché 6c fuméau feu : les lieux où on les fait sorir, fe nommentle plus ordinairement Roussables, k cause de la cou-leur rousse que les poissons y prennent. A Calais 6caux environs , on les appelle des Coresses. Voyez ci-après Hareng sor.
Les bâtimens que les François envoyent fur lesbancs, se nomment des Caravelles, & font de 25 k30 tonneaux. Ceux destinés pour la Manche ne fontque de 12, 14 6c 15 tonneaux; on les appelle desTrinquarts.
On croit que ce seroit un avantage, que les Cara-velles qui font la pêche des Bancs, fussent plus grands6c d’un port plus considérable qu’ils ne font ordinai-rement, non seulement parce qu’ils contiendroientdavantage de poisson , ce qui épargneroit la dépen-se ; mais encore parce qu’a la fin de la pêche , 6clors que le Hareng est façonné, on pourroit s’en ser-vir ou pour le transporter dans les ports de fa desti-nation , ou pour faire d’autres navigations dans Fin—tervalle d’une pêche d’une année a celle d’une autre,au lieu de demeurer inutiles tout ce tems-lk commeil est arrivé assez souvent.
Les Caravelles font montées de 18 hommes d’é-quipage, savoir, le Maître, 14 Matelots 6: troisMousses. Les Trinquarts n’en ont que 12 , au plus1 £ y compris le Maître.
Les Maîtres des bâtimens , ni les Matelots , nes’engagent point a la solde , 6c vont tous au lot.
Le produit de la pêche fe divise en 80 lots. Le
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