gl7 HER. HÈT.
* HERON. Grand oiseau haut monté ; II ales jambes & les cuisses très longues , & entière-ment dégarnies de plumes, un long col , un becdémesuré, fort aigu, & dentelé par le bout ; soncorps est menu, maigre, leger; il vit des gre-nouilles , des coquillages & des poissons qu’il peuttrouver dans les marais ou aux bords de la Mer &des rivières. II y en a de plusieurs couleurs, deblancs, de cendrés, de noirs , de rougeâtres. Ilporte fur la tête une espèce de hupe composée deplumes très fines qui entrent dans le commerce desplumassiers.
Avant que la mode des chapeaux fût établie enFrance, la Noblesse en ornoit un côté de leur bon-net au lieu d’aigrette, & c’est encore un ornementdu turban des Turcs , des Persans Ô( de la plupartdes peuples d’Orient.
Les Statuts des Maîtres Plumassiers défendent demettre de fausses plumes de Héron parmi le Héronfin.
On appelle Masse de Héron une aigrette ou bou-quet fait des plus belles plumes de la hupe decet oiseau. On réemployé plus guéres les massesde Héron qu’aux coeffures de théâtre & de masca-rade.
Masse de Héron signifie aussi un certain nombredéplumés de cet oiseau, sur le pié duquel les Mar-chands en règlent le commerce, soit pour la vente ,soit pour l’achat.
HERPES-MARINES. Se dit de toutes les chosesprécieuses que la Mer tire de son sein, & qu’ellejette d’elle-meme fur les grèves & rivages , commele corail rouge , blanc & noir, du côté de Barbarie;l’ambre jaune fur les côtes de l’Océan Germanique,& l’ambre gris en Guyenne.
Dans les Jugemens d’Oleron art. 34, elles fontainsi appellées, ou autrement Gaymon ou chosesGayves, qui font proprement les épaves de la mer,ou droit de côte ; elles appartiennent un tiers auRoi, un tiers a l’Amiral, & l’autre tiers a ceux quiles ont trouvées. Art. 29 du titre 9 du livre 4 de/’Ordonnance de Marine du mois £ Août 1681.
HERSE. Terme de Megissier , qui fe dit d’uneespèce de grand châssis de bois bordé de chevillesmobiles , qui sert â étendre les peaux destinées afaire le parchemin , pour les pouvoir travailler pluslâchement.
Les Parcheminiers fe fervent aussi de la Herse pourbander le sommier ou peau de veau sur laquelle ilsraturent le parchemin en cosse ou en croûte. VoyezParchemin.
* HETRE. Arbre de haute - futaye, gros &rameux , que Ton nomme aussi Fouteau ou Fau &Payant, en Latin Fagus. 11 vient à souhait dans lesterres dures, fur des montagnes & dans le crayonmême.
Cette espèce d’arbre , qui est assez connu# enFrance , óc dont il se trouve dans plusieurs Auteursune ample description, ne fournit que deux chosespour le commerce, qui font le bois & le fruit ousemence.
Le bois de Hêtre est blanchâtre, dur, sec ôcpétillant dans le feu ; il fe débite ordinairement dansles forêts , en planches, poteaux & membrures, pourêtre ensuite employé a faire des meubles & autres ou-vrages de menuiserie.
Les planches doivent avoir 11 a 12 pouces de lar-geur, 13 lignes d’épaisseur franc-fciées, & 6,9 & 12piés de longueur. Voyez Planche.
Les poteaux font de 4 pouces en quarté, &out depuis 6 jusques a 10 piés de long. Voyez. Po-teau.
Les membrures doivent être de 2 pouces & uneligne, franc-fciées,d’épaisseur, fur 6, 7 & 8 poucesde largeur , &6, 9 & 12 piés de longueur. VoyezMembrure.
DiCtion. de Commerce. Tom. II.
HET. H ID. 818
Le Hêtre fe débite en Goberges, qui font de petitesplanches destinées pour les Layetiers & Coffretiers.Voyez Goberges.
On en fart encore des édifies ou ferches , desarçons, des attelles ou asteloires. Voyez ces ter-mes.
-j- 11 est très utile pour faire la quille & l’intérieurdes Vaisseaux.
Le Hêtre s’employe encore à faire des pèles , descuilliéres, des sabots & autres semblables menuesMarchandises qui font la principale partie du négocedes Bosseiiers.
Des plus gros troncs de Hêtre il fe fait des étauxpour les Bouchers, & des tables de cuisine qui ont4, 5 , 6 & 7 pouces d’épaisseur, fur plusieurs lon-gueurs & largeurs , suivant que les troncs font plusou moins gros & longs.
Le Hêtre est aussi très bon a brûler , ce qui faitqu’il s’en débite beaucoup en coterêts , en bois decorde, de moulé, ou de compte & d’andelle. VoyezBois a brûler.
Le fruit ou semence du Hêtre, qui est une espècede noisette ou gland que l'on nomme Faine, Fay-ne , Fouêne, ou Feine, contient une sorte de moel-le blanche, oléagineuse , d’un goût doux & agréa-ble a manger, dont il se fait une huile fort estiméepour la friture & pour la salade. Cette huile, trèscommune en Picardie & dans les endroits où il y abeaucoup de Hêtres, fe tire a froid par expression,après que les faines ont été dépouillées de leur co-que & concassées ou pilées. II y a des Pays où l’en-grais des pourceaux fe fait avec la faine, de mêmequ’on fait ailleurs avec le gland.
-f- Le petit peuple fe sert de cette huile au lieude beurre, mais la plupart de ceux qui en font beau-coup d’ufag'e, se plaignent de douleurs & de pesan-teurs d’estomac. Mr. Danty d’Ifnarda donné un mo-yen de prévenir ces incommodités. II faut verser l’hui-le de faynes nouvellement exprimée dans des cru-ches de grais bouchées bien exactement, les mettreen terre, & les y laisser un an ; après quoi l’huileaura perdu toute ía mauvaise qualité. * Hist. de t A-cad. An. 1726.
■f Les feuilles nouvelles & tendres de cet arbre,aussi-bien que son fruit, servent en Médécine. Onse sert, dans les Pays du Nord, de son bois pourri,pour faire de la cendre graveléë ou potasse, laquellesert dans la teinture des Draps, & dans la fabrique duVerre, en la mêlant avec d’autres matières. On useencore de cette cendre, dans la Pharmacie. Cet arbreest un genre de la XIX e . classe de Tournefort , dontles sexes font séparés fur ses propres branches,c’est-a-dire, dont la fleur & le fruit naissent fur desparties différentes & distantes l’une de l’autre. Sesfleurs font des chatons, & son fruit une espèce dechâtaigne. Aussi les Botanistes les plus récens ran-gent le Châtaignier dans le genre du Hêtre.
HEUDRI. Ce qui est gâté &a demi pourri, pouravoir été froissé ou trop pressé.
II est défendu par les Statuts des Maîtres Ton-neliers de Paris d'employer de l’osier Heudri ; &aux Marchands qui Rapportent & qui le vendent,d’en mettre de tel dans les molles, dont le dedansâ cet égard doit être d’auffi bonne qualité que celuidu dehors & non fardé. Voyez Tonnelier.
HIACINTE. Voyez Híacinte.
HIDE. Mesure pour arpenter les terres, dont fefervent les Anglois. L’Hide contient 100 yards ,l’yard 30 acres, & l’acre 40 perches de long fur 40de large. Voyez Pje’. On y explique la réduElion ouvaleur de la perche £ Angleterre.
HíDROMEL. Boisson qui fe fait avec de l’eau& du miel. II y en a de trois sortes, l’aqueux oùil n’entre que de l’eau, le vineux où on y ajoute levin, & le composé où il entre diverses drogues, pourle rendre ou plus agréable ou plus fort.
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