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Les Polonois & les Moscovites, du moins ceuxqui ne font pas assez riches pour avoir de Peau-de-vie ou du vin, en font leur breuvage ordinaire; &souvent ils le composent d’une íì grande force,qu’ils s 1 en enyvrent comme des deux autres liqueurs.
L’Hidromel aqueux fe fait avec du miel délayédans une quantité suffisante d’eau , & fermenté parune douce & longue chaleur. Quoiqu’on y employétoujours celle du feu, on ne doit pas non plus négli-ger celle du climat & de la saison.
La dose convenable font 20 livres de miel blancdu plus beau, fur environ 30 pots d’eau. Quandpar l’évaporation continuelle que le feu cause, laliqueur est devenue assez forte pour soutenir un œuffans qu’il aille au fond, elle est suffisamment cuitepour être gardée. Pendant que la cuisson dure on agrand foin d’enlever teutes les impuretés & les écu-mes que le miel jette, & qui s’éiévent fur la super-ficie de l’Hidromel a mesure qu’il s’avance de cuire Z& c’est une des plus importantes façons qu on doivelui donner.
L’Hidromel vineux ne se fait pas autrement quel’aqueux > à la réserve que fur la fin. de la cuisson ,on y ajoute quelques pots du meilleur vin d’Efpagne..Quelques-uns cependant le trouvent meilleur quandle vin n’a pas bouilli, & fe contentent de l’y mettrequand l’Hidromel est tiré , en l’expofant ensuitependant 2 ou 3 mois aux plus forts rayons du so-leil.
A l’égard de l’Hidromel composé, il n’est diffé-rent des deux autres que par les drogues qu’on y mê-le , ce qui dépend du goût ou de la fantaisie de ceuxpour qui on le fait.
En général toutes ces trois sortes d’Hidromel semettent dans des tonneaux si on les veut garder ,mais ils ne peuvent être de garde , qu’ils n’y ayentfermenté & bouilli comme le vin pendant 2 ou 5mois : auffi a-t-on foin de le mettre dans des lieuxchauds , pour que la fermentation s’en fasse plus ai-sément.
HIE, qu’on écrit aussi HYE. Gros billot de boisarmé de fer dont on se sert pour battre des pilotis ;on ne le nomme ainsi que quand on se sert de la ma-chine qu’on appelle un engin. La Hie des sonnet-tes se nomme un Mouton. Voyez Sonnettes.
Hie. C’est aussi un instrument de Paveurs , dontils se servent pour enfoncer le pavé. O11 le nommeautrement une Demoiselle. Voyez Paveur, ou De-moiselle.
* HIN. On nomme ainsi dans la Chine la droguemédicinale qu’op appelle en France Ajsa fœtida ;les Chinois en tirent beaucoup de Batavia, où elleest apportée de Surate par les Hoilandois.
HIPOCRAS. Breuvage agréable qu’on fait or-dinairement avec du vin, du sucre, de la canelle, dugérofle , du gingembre & autres tels ingrédiens.
On fait aussi des Hypocras d’eau, de bière & decidre , & quelquefois on y mêle des parfums, & desfruits, comme Pambre, le musc pour les odeyrs , &les framboises & les fraises pour les fruits. Bien desgens estiment l’Hypocras d’eau le meilleur.
Suivant qu’ils font faits d’eau , ou de vin, ou deces deux liqueurs ensemble, il est blanc, rouge ouclairet.
Ce font les Marchands Apoticaires qui les prépa-rent & qui en font le négoce, ayant coutume d’enfaire des prèlens a leurs pratiques pour leurs étren-nes. Cette liqueur entre auffi dans celles que la Vil-le présente au commencement de chaque année auRoi, aux Princes, & aux Ministres; & l’on a re-marqué que Louis XIV l’aimoit beaucoup, & qu’ilfe faifóit une eípéce de fête d’en boire, lorsque lesétrennes de la Ville arrivoient.
On ne met point ici les différentes manières defaire de l’Hypocras, chaque Artiste en ayant qui luisont propres,. On peut avoir recours néanmoins au
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DiBionnaire Oeconomique de Mr. Chomel, cu ii en-seigne le moyen d’en faire jufqu’k quatre sortes* HIPPOPOTAME. Ce mot Grec signifie, Che-val de rivière : Effectivement c’est un animal am-phibie, qui vit également fur la terre & dans seau,& n’habire que les grands fleuves du milieu de l’A-frique, & dans les climats où il pleut beaucoup,fans s’eloigner trop de la mer, du moins guére andelà de cent lieues. Son corps est le double plusgros que celui d’un grand cheval, fans lui ressem-bler en aucune maniéré. Sa tête, qui est fort grosse,tire par fa figure en- partie de celle du veau , & decelle d’un gros chien; ses yeux font petits, son colcourt, & í'a queue petite ressemblant à celle du co-chon ; ses jambes tiennent de celles de Pours, avecdes pattes fendues en 4 ongles.
Plusieurs Auteurs qui parlent de cet animal, setrompent en disant qu’il abonde fur les bords duNil; on n’y en voit que rarement, & comme parbazar d, par ce que ce n’est pas son véritable climat;celui d’Egypte est trou sec, & trop froid en hyver!II ne sc tient dans le Nil que vers ses sources, où ilpleut fortement pendant un tems , & où il fait tou-jours également chaud. II n’y a pas a douter qu’ilne fe rende de quelque autre grand fleuve voisin ,dans le tems des pluyes, vers Porigine du Nil, &qu’enfuite il n’y retourne. Ceux que l’on voit quel-quefois en Egypte , n’y viennent que par accident,dans le tems que ce fleuve grossit, & les entraîne dela haute Ethiopie, fans s’apercevoir, qu’ils s’égarentmalheureusement dé leur climat. Il y a apparenceque la plupart de ceux qui fe trouvent ainsi égarés,s’en retournent peu à peu dans leur pays. Les riviè-res de Sénégal, de la Gambie, & de Sierra Léo-ne, font si fort remplies d’Hippopotames, que leschamps de ris, & de mays n’y pourroient subsister,si on ne les gardoit très soigneusement jour & nuit.Ils font plus timides & plus aisés a chasser, que nefont les Eléphans, qui y abondent encore plus, &y font aussi plus de dégâts. Les premiers regagnentles rivières au moindre bruit, y plongent d’abordla tête, ensuite sc relevant fur la surface de Peau,ils secouent leurs oreilles, & poussent 2 ou 3 cris sihauts, qu’ils peuveut être entendus d’une lieue. Lapeau est extrêmement dure & épaisse, & par con-séquent très pesante ; mais de dire qu’il y a despeaux de Cheval marin qu’a peine 4 chameaux enpourroient porter une, c’est ce qu’on doit mettreau nombre des fables.
On a donné à ce gros animal le surnom de ma-rin , par la raison sans doute, qu’on le trouve plussouvent aux embouchures des rivières qui entrentdans la mer, qu’ailleurs. La description qú’on trou-ve dans J oh , Çh. XL. v. 10. fous le nom de Eehe-mot , répond assez bien a la nature de PHippopo-tame. Voyez Cheval marin.
HIRCULUS. Efpéce de faux nard, qu’on trouvemêlé avec le Nard Celtique. Voyez Spica-Nardi.
+ HISTOIRE NATURELLE. C’est la connoif-fance de toutes les productions de la Nature quel’on trouve autour du globe de la Terre. On divi-se ces productions en trois régnes, qui font lesFojfiles ou Minéraux , les Végétaux , & les Animaux.Cette science, qui est fort curieuse & instructive 1 ,quand on l’aprend avec méthode , est très utile aubien de la société. Elle facilite les découvertes pourla perfection des Arts, en faisant connoitre à ceuxqui en ont besoin , la nature des différens corps,que ces trois régnes présentent aux hommes pouren faire usage suivant leurs nécessités. Elle indiqueles lieux de leur origine, & la maniéré de les trou-ver; elle montre enfin, a quoi une matière pro-duite d’entre ces, corps, peut être utile, & com-ment femployer en en faisant des expériences. Cet-te Histoire s’est beaucoup perfectionnée de nosjours,par les secours des Voyages & de laNaviga-