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Tome 2.
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noires & bourbeuses, parce qu’avant de vuider leurscruches, les Marchands brouillent avec un bâtonl’Huile & la lie , qu’on nomme Faijfe , & vendentle tout ensemble.

Ii y a dans fille de Candie un Consul qui résideA la Canée, avec t o ou 12 maisons de MarchandsFrançois, qui ne font presque point d’autre com-merce que celui des Huiles. Ils en tirent aussi desIsles de l’Archipel, & particulièrement d’Athénes,qui font plus estimées que celles de Candie.

L’Huile d’olive se vend a Amsterdam par livres degros. Voyez. Mingle, & ci-âpres le Commerce desHuiles à Amsterdam.-

En Portugal elle se vend par almondes , dont les26 font une pipe : i’almonde fait 12 canadors-, & lecanador une mingle d’Amsterdam.

Le Commerce des Huiles ne sauroit se faire avectrop de précaution, sur-tout pour celui qui se fait engros, tant à cause des friponneries qui fe peuventfaire fur la marchandise, que des risques qu’on peutcourir fur la tare : le plus sûr c’est de ne s’enga-ger qu’avec des Correspondans ou Commissionnai-res habiles & fidèles, & de bien prendre garde auxcoulages, a quoi cette marchandise n’est que tropsujette.

* A ? égard de l’usage de l’Huile d’olive, iln’y a personne qui ignore qu’eìle est une des chosesdes plus nécessaires à la vie ; & il seroit comme im-possible d’entrer dans le détail de toutes celles oùelle est employée , soit pour la nourriture, soit pourla Médecine, soit enfin pour ces sortes d’ouvragesoù les Ouvriers & Artisans en ont besoin. II s’enconsomme aussi à brûler. Elle sert de beurre auxProvinces où l’olivier croît, parce qu’elles font pri-vées des pâturages, qui pour l’ordinaire y font plusrares , parce que sherbe s’y dessèche aisément, parla trop grande évaporation des terres légères & ex-posées à un Soleil brûlant.

Huile d’Amandes douces tire’e sans feu.Cette Huile fe prépare de bien des manières diffé-rentes : les uns pèlent les amandes pour les piler ,

• les autres les pilent fans les peler : il y en a qui leséchaudent dans l’eau tiède ; quelques-uns les chau-lent au bain-marie ; ceux-ci ne les font que con-casser ; ceux-là les réduisent en pâte à force de lesbattre : enfin il y a presque autant de diverses ma-nières qu’il y a de personnes qui fe mêlent d’expri-mer cette Huile des amandes , soit douces, soita-méres.

II semble au milieu de cette diversité , que le Sr.Fomet en a enseigné une dans son Histoire des Drogues ,qu’on peut suivre , & plus facilement, & à moinsde risques ôc de fraix qu’aucune autre. On la metici d’autant plus volontiers, qu’elle convient égale-ment à toutes les graines & fruits dont on peut tirerde l’Huile par expression & fans feu, comme fontles noisettes, avelines, noix , ben, pignons, pal-ma-qhristi, pavot blanc , chenevis, quatre semencesfroides, graine de lin , &c.

Manière de faire t Huile d Amandes douces par expref-■ sion & sans feu, tirée du Chapitre 44 du VID Li-vre de la Partie Ire de /Histoire générale desDrogues par Fomet.

On prendra une livre & demie d’amandes doucespelées , bien sèches , nouvelles , & ne sentant ni lerance ni le moisi : après les avoir concassées dansun mortier bien net, on les passera dans un grostamis de crin; lorsqu’elles seront passées, on les en-fermera dàns une toile de crin mise en double, pourles mettre fous la presse entre deux plaques ou d’é-tain, ou d’acier poli, ou de cuivre , ou même defer blanc .• on les pressera ensuite doucement & éga-lement crainte de rompre la presse, ou de percer latoile ; & lorsqu’elles seront suffisamment pressées ,& que tout ce qu’il y a d’onctueux & de fluide en

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fera exprimé, on aura une Huile d’amandes trèsdouce & presque sans failles j ce que les autres ma-nières de la tirer n’évitent jamais.

Pour ce qui regarde les qualités & usages de cetteHuile, Voyez. Amande.

Les Huiles damandes douces & amères payent enFrance les droits d entrée à raison de q liv. du cent pe-sant.

Huile de Palme , qu’on nomme aussi Huilede Sénégal ou PuMicin. C’est une liqueur onc-tueuse & épaisse comme du beurre, d’un jaune do-ré , & d’une odeur de violette ou d’iris. On l’appelleHuile de Palme, parce qu’elle est tire par ébullition,ou par expression , de l’amande d’un fruit que porteune espèce de palmier qui se trouve en plusieurs en-droits de l’Afrique, sur-tout au Sénégal, & quicroît aussi au Brésil.

Ce fruit vient de la grosseur d’un œuf &par tro-chets ; (c’est ainsi qu’on appelle aux environs de Pa-ris un amas de plusieurs fruits, comme pommes oupoires, qui fe tiennent tous par la queue, & sor-tent d’une même bourre. ) Ces trochets en portentquelquefois jusqu’k cent.

Les Afriquains & les Brésiliens fe fervent de l’Hui-le de Palme, quand elle est nouvelle, comme on faitailleurs du beurre, & la brûlent quand elle est vieil-le. En Europe on lacroit un remède souverain con-tre les humeurs froides, & qui soulage même lagoutte. II faut choisir cette Huile nouvelle, d’unebonne odeur » d’un goût aussi doux & aussi agréa-ble que nos meilleurs beurres frais , & sur-touthaute en couleur, qui est une marque qu’elle estnouvelle.

On la contrefait quelquefois avec de la cire, del’Huile d’olive, de l’iris & de la terra-merita : maisil y a une double coupelle où l’on peut réprouver,savoir l’air & le feu ; Pair qui change la couleur dela véritable Huile de Palme quand on l’y expose ,& ne fait rien sur la fausse ; & le feu qui au con-traire altère la couleur de la fausse , & la rend sem-blable à la véritable quand on l’y fait fondre len-tement.

Huile de Camomille. Cette Huile se fait avecle s fleurs de la plante qui porte ce nom, mises dansl’huile d’olive, qu’on expose au soleil dans les plussortes chaleurs de l’été. Sa couleur est bleuâtre.Quelques-uns y font entrer de la térébenthine fine.Quand cette Huile est vieille , elle en est plus esti-mée. On s’en sert pour la guérison de plusieurs for-tes de playes ; aussi quelques-uns la regardent-ilscomme une espèce de baume. Voyez. Camomille.

V Huile de Camomille paye en France les droits d en-trée à raison de 4 liv. le baril , & ioof.de sortie sûr lepié dune livre le cent pesant.

* Huile de Pétrole, Naphthe ou PeTrolE.Espèce d’Huile minérale , subtile, extrêmement in-flammable , d’une odeur forte de bitume, qui brûledans Peau, & qui est de quelque usage dans la Mé-decine. Cette Huile est ainsi nommée des mots La-tins Fetra & Oleum , dont l’un signifie Huile , &l’autre Pierre , à cause qu’elle sort par les fentes decertaines roches qui se trouvent en plusieurs en-droits , sur-tout en Italie dans le Duché de Modéne,en Languedoc près de Beziers, en Auvergne près deClermont, & dans quelques Isles de P Archipel. f LesBabyloniens appelloient Naphte une Huile blanche& noire qui découloit de quelques fontaines auprèsde Babylone. On l’appelloit aussi Huile de Medèe ;parce qu’autrefois, à ce que l’on dit, Medèe trem-pa dans cette Huile bitumineuse la couronne & larobe de Créonte sa fille, & la brûla par ce moyen.

Quoiqu’il y ait des Huiles de Pétrole de diversescouleurs , rouges, jaunes, vertes, blanches, noires,&c. on ne les connoît ordinairement chez les Mar-chands Epiciers-Droguistes que fous ces deux der-niers noms. ,

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