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Tome 2.
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Conseil d’Ftat du 24 Mars 1744. qui auffi-bien queles Arrêts donnés depuis servent de Loi au Corpsdes Imprimeurs & Libraires.

Ce qu'il y a de plus important dans ces Edits ,Déclaration & Arrêts, & qui regarde en particu-lier les Imprimeurs , & ce qui concerne leurs pri-vilèges , leur nombre, celui des prellès & corpsde caractères qu’ils doivent avoir, la marque deleurs ouvrages, leur apprentissage, leur réceptionà la maîtrise, leur science, leur boutique, le lieude leur demeure, les exemplaires qu’ils font tenusde fournir aux Syndics & Adjoints; leurs Correc-teurs , leurs Compagnons & Ouvriers ; leurs droitsìi sélection des Syndics & Adjoints du Corps de laLibrairie; leur visite en cette qualité; enfin quelslivres il leur est défendu d’imprimer, & quels dontl’impreísion leur est permise, & sous quelle condi-tion. On indique seulement toutes ces choses donton traitera plus convenablement ailleurs. Voyez Li-brairie.

f 11 y a aussi un Arrêt du Conseil du 31 Mars1739. qui fixe le nombre des Imprimeurs dans tou-tes les Villes du Royaume, & porte Règlementpour les places d’Imprimèurs vacantes.

Imprimeur en Taille-douce. Celui qui im-prime des estampes & images, ou autres semblablesouvrages gravés au burin ou à seau forte , sur desplanches de cuivre, de bois ou d’autres matières.

Avant l’année 1694. les Imprimeurs en tailles-dou-ces n’e'toient que de simples Compagnons que lesGraveurs & Imagers de Paris avoient chez eux,pour faire rouler les presses de leur Imprimerie.

Ces Ouvriers ayant été compris dans le rôle desnouvelles Communautés dressé au Conseil le 10Avril 1691. ils furent en conséquence érigés enCorps de Jurande, par la Déclaration du 17 Fé-vrier 1692. mais ce ne fut que par les Lettres Pa-tentes du mois de Mai 1694. qu’ils reçurent leursStatuts, & que leur Communauté se trouva entiè-rement formée.

Les Statuts de cette nouvelle Communauté fontcontenus en 22 articles, dont les principaux ré*glent le nombre des Syndics , le tems des Ap-prentissages , la bourse commune, le chef-d’œuvre& la réception des Afpirans a la maîtrise; les au-tres font ou du stile ordinaire de toutes ces sor-tes de Réglemens , ou contiennent quelques excep-tions.

Les Syndics ne font que deux, dont l’un est leTrésorier de la bourse commune.

Le fond de cette bourse consiste au tiers des sa-laires que les Maîtres reçoivent journellement dutravail de leur presse ; le produit s’en distribue tousles iy jours , préalablement déduits les fraix qu’ilconvient de faire, & les rentes constituées par laCommunauté.

Les Veuves de Maîtres restant en viduité jouis-sent de la maîtrise, & ont part a la bourse com-mune.

Les Apprentifs ne peuvent être obligés pourmoins de quatre ans, & chaque Maître u’en- peutavoir qu’un seul a la fois.

Avant que l’Apprentis puisse être reçu à chef-d’œuvre, dont il n’y a que les Fils de Maîtres quisoient exemts, il doit avoir servi de Compagnondeux années depuis son apprentissage.

Les Maîtres ne peuvent demeurer ailleurs quedans l’Université, & n’y peuvent avoir ou tenirplus d’une Imprimerie.

Enfin il est défendu a toutes personnes d’avoirchez elles des presses de tailies-douces , a l’excep-tion des Maîtres Graveurs établis aux Galleriesdu Louvre & aux Gobelins, & dès six qui fontde 1 Académie Royale de Peinture & de Sculpture,a qui il est permis de faire imprimer chez eux, &DiRion. de Commerce. Tom. II.

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par qui bon leur semble, leurs proprés ouvrages &non autres.

On va ajouter ici la construction de la pressedes Imprimeurs en tailies-douces , la compositionde leur encre, & la maniéré de íè servir de Tune& de l’autre pour l’impreífion des estampes.

Presse des Imprimeurs en tailies-douces.

La presse des Imprimeurs en tail’es-dcuces estcomposée de deux jumelles de 4 piés de hauteurchacune fur un pié d’épaisseur , jointes en-haut &en-bas par des traverses qu’on nomme des sommiers.Ces jumelles, qui font éloignées l’ur.e de l’autre d’en-viron 26 pouces, posent sur un pié aussi de bois ,dont les pièces qui font placées de champ & quisoutiennent toute la presse , ont 4J piés de longueurfur 4 pouces d’épaisseur.

Quatre espèces de petites colomnes, qui appuyentauíli fur le pié & qui tiennent aux jumelles , portentquatre tringles de bois h coulisse qui servent a avan-cer ou reculer la table de la presse lorfqu’on la veutfaire passer entre les deux rouleaux. Cette tablea 4 piés 3 pouces de long, 2 piés de large , ëi iZpouce d’épaisseur.

Les rouleaux ont 3 piés 2 pouces de long y com-pris leurs tourillons, & ont 6 pouces de diamètre ; ilsportent tous deux dans les jumelles, chaque touril-lon tournant dans deux boètes de bois faites en de-mi-cercle , & garnies de fer poli pour la facilité dumouvement. Les boètes du rouleau d’en-haut fontmsfes par dessus , & celles du rouleau d’en-bas pla-cées au dessous. On en remplit le dessus & le dessousavec du papier ou du carton, afin de les hausser & lesbaisser, ensorte qu’il ne reste d’efpace entre les rou-leaux, qu’autant qu’il en faut pour y faire passer latable chargée de la planche qu’on veut imprimer, &du papier, & étoffes qui font nécessaires pour cela.

Enfin a un des tourillons du rouleau d’en-haut estattachée la croisée , c’est-a-dire , deux pièces debois qui se traversant en croix forment une espècede moulinet : la croisée dont les bras ont environdeux piés, sert a donner le mouvement aux rou-leaux , qui le communiquent a la table qui passeentre deux ; elle tient lieu dans cette presse de lamanivelle qui dans celle des Imprimeurs de livressert a avancer ou reculer le chariot & la forme fousla platine.

Il faut remarquer qu’a côté de la presse est l’en-crier , c’est-a-dire , une espèce d’auge de bois avecdes bords relevés autour , dans laquelle on met lenoir composé qui sert a Pimpression : dans l’encrierest Pamasette, & sur la même table où est posél’encrier est aussi le tampon qui sert a donner l’encreaux planches , & encore les vieux linges avec les-quels on les essuye quand elles en ont suffisammentreçu.

Encre des Imprimeurs en tailies-douces.

L’encre pour l’impresson des tailies-douces estune composition de noir & d’huile mêlés & cuits en-semble dans certaine proportion tant pour le mélan-ge que pour la cuisson.

Le noir est une pierre factice qu’on tiroit autre-fois d’Allemagne, mais qui fe fait présentement aParis, & qu’on estime plus douce & meilleure quecelle que les Ouvriers Allemans fournissoient aupa-ravant aux Imprimeurs François.

Les principaux ingrédiens qui entrent dans la fa-brique de ce noir de pierre, font des noyaux de pè-ches & d’abricots , des os de pjés de mouton & del’yvoire ; le tout bien brûlé, bien broyé & bien ta-misé ; la liaison de ces drogues fe fait avec la lie devin, quelquefois seulement avec de l’eau. La meil-leure est faite avec l’yvoire tout seul & la lie.

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IMPRIMEUR.