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Tome 2.
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I M P R I M.

II n’y a a Paris que 2 ou z Ouvriers qui sachentcomposer cette pierre ; ils font un grand mystèrede la manière dont iis employeur la lie de vin , &de celle avec laquelle ils fout brûler les autres dro-gues , en quoi il est certain que consiste tout le se-cret de cette encre.

L’huile qui sert a délayer le noir de pierre, doitêtre de l’huiie de noix de la meilleure , mais cuitedifféremment, suivant les diffe'rens ouvrages qu’onveut imprimer : on en fait ordinairement de troisfortes , de la claire, de la grasse & de la forte, quine font différentes que par leur degré de cuisson :l’huile forte sert aux plus beaux ouvrages ; les deuxautres s’employent a proportion de l’estime qu’onfait des tailles-douces qu’on veut imprimer; la clai-re servant aux moindres, & la grasse aux médiocres.L’huile fe cuit dans une marmite de fer.

Quand on veut composer l’encre, on pulvériseexactement le noir de pierre, & on le passe a tra-vers un tamis très fin; puis on le broyé fur un mar-bre avec celle des trois huiles qui convient aux tail-les—douces qu’on veut tirer, après quoi on le metdans l’encrier avec une amafette de tôle ou de ferplat. La maniéré de broyer cette encre fur le mar-bre est la même que celle des Peintres qui prépa-rent les couleurs en huile, & l’on s’y sert commeeux d’une molette de pierre.

Maniéré ct imprimer les tailles-douces.

Lors que l’encre est préparée & que l’encrier enest rempli, on en prend une petite quantité avec letampon , qui est une espèce de molette faite de plu-ssent s bandes de linge roulées fortement les unesfur les autres ; on en noircit toute la superficie dela planche.

Lá planche suffisamment remplie d’encre, s’essuyed’abord avec quelque morceau de linge usé , ensui-te avec la paume de la main gauche , & puis aveccelle de la main droite; après quoi on la met un peuchauler avant de la mettre fur la table de la presse.La machine fur laquelle on la met chaufer s’appelleun gril, & en est un en effet composé de plusieursbarres de fer, & soutenu par quatre pies, aussi defer de 8 a 9 pouces de hauteur, fous lequel on entre-tient toujours un feu médiocre.

La planche étant bien encrée & essuyée, on lapose lur un papier colé fur ia table de la presse, dela grandeur de la taille-douce, qu’on veut imprimer ;fur la planche fe couche bien uniment le papier quidoit en recevoir l’empreinte, & fur le papier fe met-tent ce qu’on appelle les langes, c’est-a-dire , troismorceaux d’étoffe douce, ordinairement de moletonvu de serge.

C’est en cet état que par le moyen des ailes de lacïûiíéê on fiit palier la planche entre les deux rou-leaux de la presse, qui ia pressant également & for-tement en imprime les traits furie papier, qui les re-çoit d amant plus aisément qu’ii est fort humide acause de la mouillure qu’on a pris foin de lui don-ner auparavant.

II y S des ouvrages qui demandent d’être pressésdeux fois, & d’autres qu’il ne faut passer qu’unefeule entre les rouleaux ; ce qui dépend de la pro-fondeur des traits de la gravure, ou du plus ou dumoins de force qu’on veut donner au noir d’unetaille-douce. v

II faut observer que plus l’encre est forte, plus ilest nécessaire que les rouleaux pressent fortement laplanche gravée, ce qui oblige plusieurs Ouvriers demettre dans leur encre plus d’huile grasse ou claireque d’huile forte , pour épargner leur peine & leursbras ; mais cela fait une mauvaise impression.

La mouillure du papier doit toujours se faire deuxjours avant que l’employer, afin qu’il soit plus mo-lasse & plus en état de tirer le noir qui est dans la

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planche ; il faut aussi au sortir de l’eau mettre le pa-pier en presse entre deux ais, qu’on charge de quel-ques pierres pesantes, pour que la mouillure y pé-nétre davantage & soit plus égale.

A mesure que les Tailles-douces font imprimées,on les étend fur des cordes, & lors qu’elles font rai-sonnablement sèches on les remet en presse pour enrendre le papier plus uni.

Enfin quand on a tiré d’une planche le nombred’estampes qu’on trouve a propos d’en avoir , on lafrote toute entière d’huile d’olive avec un tampond’étoffe, pour empêcher qu’elle ne se rouille ; aprèsquoi on la ferre enfermée dans du papier pour laréserver à une nouvelle impression ; mais fi l’on s’ap-perçoit que les entailles de la gravure soient plei-nes du noir qui s’y est endurci en travaillant, iln’y faut mettre l’Huile qu’après l’avoir fait bouillirdans un baquet ou autre vaisseau de cuivre.

Q n parle ailleurs de la gravure & du commer-ce des tailles-douces. Voyez Graveur, Gravu-re , Estampe , Image & Imager.

IMPUTATION. Compensation d’une sommeavec une autre, ou déduction d’une somme sur uneautre. Quand on fait quelque payement a comptesur une dette qui porte intérêt, on en fait faired’abord l’imputation sur les arrérages & intérêts, &ensuite sur le capital, autrement elle se pourroit fai-re sur le capital.

IMPUTER. Déduire & précompter une som-me qu’on paye fur une autre qu’on doit. Je vousprie d’impnter les cent livres que vous avez reçuespour moi fur mon obligation, & non pas fur mondernier arrêté de compte. Les intérêts usuraires nedoivent point fe payer, mais s’ímputer íur le ca-pital.

INBAB. On vend des toiles au Caire qu’on nom-me grandes Inbabs, dont les pièces ne font que de30 pics. Elles fe vendent 1^0 meidins la pièce.

INCARNAT, ou INCARNADIN. Couleur rou-ge très vive, ainsi nommée de la ressemblance qu’ellea avec de la chair vive nouvellement coupée ; enquoi elle diffère du couleur de chair, qui est pluspâle & qui ressemble a de la chair couverte de fapeau blanche & animée d’un vermillon naturel.

Les Réglemens du mois d’Août 1669. pour lateinture des foies, laines & fils, portent que lesfoies incarnat & couleur de rose, seront alunées &faites de pur brésil ; les laines, de bourre teinte 'engarance fans mêler de fustel ; & les fils, de brésilde Femambouc, ou autres brésils, & de rocou.

INCH. Mesure applicative dont on se sert enAngleterre. C’est proprement ce qu’on appelle pou-ce en France, quoique pourtant avec quelque dif-férence. Le grain d’orge est au dessous de l’Inch& est la plus petite de ces fortes de mesures. IIfaut trois grains d’orge pour un Inch, quatre Inchesfont la poignée, trois poignées le pié , un pié &demi le cubit ou coudée, deux cubits un yard,& un yard & un quart une aune. Voyez Fie'.

-{- Les Anglois écrivent Inch , & non Inchs avecune s , comme avoir fait l’Auteur : c’est toujours chezeux la douzième partie d’un pié. Le pluriel de cemot est Inches. Us disent a l’infinitif, to measure byinches , Mesurer par pouces.

INCISER LE VERRE. Terme de verrerie. C’estle couper, soit pour le séparer de la selle ou sarba-canne, soit pour en retrancher l’autre extrémité op-posée a celle de la selle, soit enfin pour l’ouvrir d’unbout a l’autre, pour en faire du verre en table.

Toutes ces incisions se font fans fe servir de ci-seaux ni de forces , & seulement en jettant unegoûte d’eau froide sur le verre encore chaud, 6t enle frapant légèrement du bout d’une verge de fer.Voyez Verre.

INCLUS. Ce qui est enfermé dans un paquet.

Le mémoire ci-inclus, la lettre ci-incluse 5 quelque-fois