autres espèces <, rendent moins d’Indigo ; mais il estplus vif & meilleur pour la peinture. Les deuxautres ne différent que par la longueur ou la peti-tesse de leurs fruits ; k cela près sis font tout-k-faitsemblables. ,
-J- L’un & f autre surnommé Franc Indigo, est unarbuste, qui ne passe jamais la hauteur de 3 k 4pies. A peine sortent-ils de terre qu’iis se parta-gent en plusieurs tiges ou branchages ronds , cou-verts d’une écorce roussâtre ou tannée ; d’espace enespace ils poussent de côté & d’autre des vergettes,.auxquelles font attachées plusieurs paires de feuilles,(la dernière est feule ) a queue courte , ovales, par-tagées en deux également, par une nervure a vivearrête au-dessous , ce qui fait que les deux bordsRapprochent en dessus, & fe cohent ensemble la nuitdurant le frais.
-j- Leur couleur est d’un verd bleuâtre ; ses fleursviennent en bouquets, elles font petites : leur figureest légumineuse ou en papillon. Le timpan, qui estyerd, semé de veines rouges, se tient tout.droit éle-vé ; les deux ailerons font ronges ; ils couvrent lepistile allongé de travers dans une coulisse , forméepar le quatrième fleuron. Ce pistile devient unesilique faite en cornichon de différentes longueurs ,c'est-a-dire,, depuis un pouce jusqu’k trois tout auplus ; fa grosseur est comme une moyenne aiguillea emballer ou à voile ; ses semences font dures,cylindriques, & semblables k de la corne.
-j- M. Marchand , Botaniste de l’Académie Roya-le des Sciences, a donné en 1718. la description Scles caractères de l’Indigotier : mais le climat de Pari$n'a pas été assez favorable , fans doute, pour bienfaire ses observations fur les caractères de la fleur &du fruit de Tefpéce qu’il a élevée par la culture fousses yeux. II a donné les dimensions de ses partiescaractéristiques, plus petites qu’elles ne font dansleur véritable climat, & disposées un peu différem-ment de Tordre naturel qui leur est ordinaire/f Cet Auteur a marqué la fleur de cette plante ,composée de cinq pétales disposées en maniéré de fleuren rose. Sa fleur cependant est une véritable papi-lionacée & légumineuse, comme on Ta dit ci-dessus,dont les pétales font le double plus longues que cel-les qu’il a observées a Paris, & leur couleur est d’unpourpre violet.
f Les raisons qu’il a données pour séparer com-me il a fait cette espèce du genre d ’Emerus , fous le-quel Mr. Tournefort l’avoit placée , ne font pas suf-fisantes pour suivre son sentiment k cet égard.
L’arbrisseau ou plante d’où se tirent i’Inde & Tin-digo , vient de graine , & croît environ de deuxpiés & demi de haut ; ses feuilles font petites, ron-des comme celles du buis, & de couleur de verdnaissant tirant un peu fur le jaune quand elles ap-prochent de la maturité ; fa fleur qui est rougeâtre,semblable a celle des pois , produit des gousses lon--gues & recourbées en faucille , qui renferment unepetite semence de verd d’olive.
L’Indigo demande une bonne terre , grasse , unie& qui ne soit point trop sèche ; il veut être plantéseul , mangeant & dégraissant beaucoup le terrain oùon le cultive ; aussi ne peut-on prendre trop deprécautions pour arracher les herbes qui croissentautour lors qu’il commence k pousser, & jusqu’k cequ’il soit en parfaite maturité.
Quand le terrain a été bien préparé & les herbesbien extirpées, on plante Tindigo dans des troustirés au cordeau , & éloignés les uns des autres d’unpié en tout sens; il faut mettre 11 ou 13 grainesdans chaque trou; une espèce de superstition ayantétabli de les semer ainsi en nombre impair.
Toute saison est bonne pour semer Tindigo; ilfaut cependant observer que ce ne soit pas par untems trop sec : ss l’on a mis la graine en terre dansun tems humide, elle lève au bout de 3 ou q jours.
I G O. tziS
Depuis que la plante est sortie de terre, il ne fautque 2 mois pour la meurir entièrement, & la met-tre en état d’etre coupée ; autrement elle fleuriroit,& ses feuilles devenant trop dures & trop sèches don-*neroient moins d’Indigo. Après cette première cou-pe elle repousse, & Ton peut continuer de la couperde iix en six semaines environ, supposé que le temssoit pluvieux ; car lors qu’on la coupe en tems de sé-cheresse on perd les chouques, c’est-a-dire, les piésde la plante , qui étant bien ménagée peut durer 2années, après quoi il faut Tarracher.
Quand la plante est meure, c’est-'a-dire, lors queles teuilles se cassent en y touchant, on la coupe &on la met par paquets, qu’on laisse pourrir dans descuves pleines d’eau de rivière ou de fontaine, lesayant auparavant chargés de pierres ou de gros mor-ceaux de bois pour les tenir au fond , & ayant ré-pandu fur l’eau un peu d’huile qui surnageant en cou-vre toute la superficie.
Au bout de 3 ou 4 jours que l’eau a fermentéd’elle-même par la feule force de la plante qui Ré-chauffe , on remue avec de gros bâtons toute la ma-tière qui est dans ies cuves, & après que l’eau est re-posée , on en tire le bois qui fe trouve fans feuille& fans écorce. Ensuite on recommence a remuera plusieurs reprises ce qui reste dans les cuves ; aprèsquoi, quand l’eau est reposée, on la tire toute par unrobinet ; & la lie ou sédiment qui demeure aufond,est mi s dans des formes qu’on expose k l’air pour lessécher. Ce marc ainsi préparé est Y Indigo , si Ton ya employé les branches &Jes feuilles ; ou i’Inde, lïTon ne s’est servi que des feuilles.
Cette maniéré de faire Tindigo est la plus com-mune ; il y a néanmoins quelquefois un peu de dif-férence, suivant T industrie de ceux qui travaillent aTindigo , ou la dépense qu’on est en état de faire.
Quelques-uns, par exemple,mettent d’abord pour-rir la plante dans une cuve qu’iis appellent la trern-poire ; puis la faisant ensuite passer dans une autrecuve qu’ils nomment la Batterie, ils Ty battent for-tement & long-tems avec une espèce de machine as-sez semblable aux manivelles qui font jouer les pom-pes dont on se sert pour élever les eaux.
Enfin on la fait couler dans le reposoir,qu’on nom-me aussi quelquefois le Diablotin , qui est une troi-sième cuve où la matière fe repose & se rasseoir;après quoi on la met dans des sachets de toile de 1 %k 18 pouces, taillés en pointe comme les chaussesdes Apoticaires, où elle achève de fe purger de l’eauqui pouvoit y être encore restée.
C’est au sortir de ces fies qu’on étend Tindigodans des caissons de 3 k 4 piés de long & environ3 pouces de profondeur, où on T expose k l’air pourle faire sécher entièrement, observant néanmoins dene le point mettre au soleil qui en mangeroit la cou-leur, ni de le laisser a la pluye qui le dissoudroit & legâteroit tout-a-fait.
Cette dernière façon de faire Tindigo est celle desIfles Antilles ; mais dans le fond, de quelque ma-nière qu’on s’y prenne, Tindigo n’est toujours autrechose que la fécule qui fe tire de la plante par lemoyen de l’eau souvent brassée.
-f Le P. Le Breton , cité ci-dessus, dit qu’on cou-pe la plante de Tindigo res terre, ou a deux doigtsau dessus , lors qu’on voit qu’elle est toute couver-te de feuilles bien nourries, & qui commencent kjaunir & a tomber. On la met tremper dans une cu-ve pleine d’eau pour y fermenter après que son bouil-lon écumeux a passé, on laisse couler par un robi-net toute l’eau imprégnée de cette herbe, dans uneantre cuve de maçonnerie; puis on bat fortement,& Ton bat bien cette eau, afin d’en détacher & fairetomber au fond les parties ou,fécules extraites parla fermentation.
-j- 11 est surprenant, ajoute-t-il, que personne'n’ait pû encore acquérir une véritable science pour
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