INDIGO.
fabriquer sûrement & infailliblement cette marchan-dise appellée Indigo, si recherchée par les Peintres& par les Teinturiers , pour donner la couleur bleuecéleste à leurs ouvrages. Les plus habiles s’y trom-pent tous les jours, íoit en laissant trop ou trop peupourrir dans la première cuve l’herbe qu’on y a mi-se , soit en ne faisant pas assez ou faisant trop bat-tre seau passée dans la seconde cuve.
II vient de slndigo des Indes Orientales & desIndes Occidentales, & c’est apparemment d’où cet-te drogue a pris son nom. Le meilleur est celui aqui son donne le nom de Sarquisse, ou Serquese onSircbes-, d’un village située a 80 lieues de Surate pro-che d’Amadabad, Ville importante de l’EmpireduGrand Mogol. II s’en fait aussi aux environs de Bia-na, d’Indoua & de Cossa près d’Agra ; celui-ci Rap-pelle Inde en murons.
II v en a encore dans le Royaume de Golconde,& les Hollandois en apportent d Brampour tic deBengale : mais c’est le moindre des Indigos qui sefabriquent dans les Indes Orientales. Voyez. IArti-cle général du Commerce , ou il ejl parle de celui deVIndouftan.
-f- Les Hollandois cultivent beaucoup d’Indigodans l’Iste de Java; il y est aussi excellent qu’en au-cpn pays du monde.
Pour ce qui est des Indes Occidentales, il s y faitde l’Indigo dans plusieurs endroits de la Terre fer-me, mais particulièrement dans les Isies Antilles:les meilleurs font ceux qui viennent de Guatimala,de S. Domingue & de la Jamaïque; ceux qu’onnomme simplement Indigo des Isies étant beaucoupmoins estimés.
Le Père Labat, qui a donné une si curieuse rela-tion des Ijles Antilles en 1722. n’est pas de sopiniondes Epiciers-Droguistes de Paris fur cette préféren-ce qu’ils donnent aux Indigo d’Orient & à ceux dela Terre ferme de l’Amérique fur celui qui le fabri-que aux Isles Françoiscs, & il est persuadé qu’avecune égale préparation ce dernier doit au moins pré-tendre a Légalité. Les raisons de cet exact Auteurfont si convaincantes, qu’il n’est pas possible de luirefuser son suffrage. On peut les voir dans le pre-mier tome de son ouvrage.
Pour bien choisir l’Indigo, il faut le prendre enmorceaux plats,d’une épaisseur raisonnable, moyen-nement dur, net, nageant sur l’eau, inflammable,de belle couleur bleue ou violet foncé , parsemé endedans de quelques paillettes argentées , & qui pa-roisse rougeâtre en le frotant fur l’ongle.
Lorsque l’Indigo est trop pesant par rapport ason volume, il faut s’en défier & chercher a s’é-claircir fur fa véritable qualité. Les fraudes qu’on ypeut faire font; i°. De trop battre la plante dansla trempoire, afin de consommer entièrement lesfeuilles & l’écorce de la plante. 2 0 . D’y mêler descendres, de la terre, du fable ou de l’ardoise. Lapremière fraude se découvre par la couleur qui est 1noirâtre, & par le poids qui augmente considérable-ment. Pour découvrir la seconde fraude, il faut endissoudre un morceau dans de seau; s’il est pur ilse dissout entièrement ; au contraire la matière é-trangére coule au fond du verre quand il est mé-langé.
* L’Inde ou Indigo sert aux Peintres & auxTeinturiers ; ces derniers l’employent avec le pastelou le vouede pour faire leurs bleus. II leur est ner-mis de mettre 6 livres d’Indigo fur. chaque balle depastel dans la bonne cuve , ou d’en réserver unepartie pour le premier réchaud, ou pour tous lesdeux réchaux, afin qu’ils puissent plus facilementfaire leurs petites couleurs : ils peuvent auss mettreune livre d’Indigo fur un cent pesant de vouede,pourvft qu’on les mette ensemble dans la bonne cu-ve ; mais il leur est défendu d’employer l’Indigoseul, ni íans être préparé avec la cendre gravelée,
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parce que l’Indigo seul ne fait qu’utie couleur fausse,qu’on ne peut rendre bonne & assurée que par lemélange du Pastel. Cependant l’Indigo fait des cou-leurs vives & éclatantes, parce que c’est une poudrefine êc«subtile, capable par conséquent de pénétreraisément dans les étoffes, & de leur donner unecouleur éclatante. Le Pastel au contraire n’est qu’unmarc grossier, chargé de beaucoup de parties terres-tres, qui ralentissent faction & le mouvement desparties subtiles, & les,empêchent d’agir efficacement.Voyez. Pastel.
L’Indigo ou Inde fine de toutes fortes paye en Fran-ce les droits d’entrée à raison de 10 livres du cent pe-sant, conformément au Tarif de 1664 ; & suivant ce-lui de la Douane de Lyon 7 livres 2 fols 6 denierspour l ancienne taxation , & 5 livres pour la nouvelleréupréciation.
Commerce de l’Indigo a Amsterdam.
On vend a Amsterdam jusqu’a six sortes d’Indigo;savoir slndigo Cirquée, l’Indigo de Guatimala, sln-digo de la Jamaïque, celui de Java, celui de S. Do-mingue & l’Indigo Lauro.
L’Indigo Cirquée coute 25 a 37 s. la livre , & sepaye argent de banque : il se tare au poids.
L’Indigo de Guatimala se vend ou en caisse , ouen serons, ou en barils. En caisses, on l’achéte 50a 60 f. la livre. La tare est de 45 livres par caisse.En serons il se vend le même prix, mais il ne tareque 28 liv. par seron.
. II faut remarquer que si les serons font envelopésde nates , ils donnent 30 livres de tare au lieu de28. En barils, son prix est depuis 47 jusqu’a 90 s.la livre : on tare les barils.
L’Indigo de Java & slndigo Lauro se payenten argent de banque , & se tarent au poids. Le pre-mier se vend depuis 40 jusqu’k 75 s. la livre ; l’autredepuis 14 f. i juíqu’a 17 if. de gros.
Enfin slndigo de S. Domingue coute 5:0 k 60 s.la livre ; il se tare au poids.
Tous les Indigo donnent de déduction pour lebon poids, & pour le promt payement chacun unpour cent. Mais il faut remarquer qu’on déduit «sa-bord deux pour cent pour la poussière, & que lesdeux autres déductions se font ensuite.
Droits que paye l’Indigo en Hollande.
Le meilleur Indigo est apprécié 240 fi or. les centlivres, & le commun seulement 100 flor. Les droitsd’entrée font de 5 flor. & ceux de sortie de 2 florinsles cent livres ; & si c’est par l’Orisont, 5 flor. 13 s.8 pennins d’entrée, & 2 flor. 13 f. 8 p. de sortie.
lis payent encore les augmentations d’un tierspour f entrée, d’un demi pour cent de sortie, Scd’un pour cent d’appréciations imposées par la Dé-libération du 29 Juin 1674.
IN-DOUZE. Voyez. Douze.
INDULT, INDULTE, qu’on nomme aufíìDROIT DE BON PASSAGE. C’est un droit quele Roi d’Espagne prend sur les marchandises desparticuliers,' qui arrivent de l’Amérique par la Flo-re & les Galions.
Ce droit est de 8 pièces de huit, & 2 réaux parballot, ce qui va environ a2§ pour cent.
INITIAL. Lettres Initiales. On nomme ainsien tenue d’Imprimerie les grandes ou petites capi-tales qui commencent les livres , les chapitres, lesarticles, les périodes, ou les mots d’un ouvrage im-primé. Voyez Lettres, & Imprimerie.
INQUÀNT. Vieux terme de commerce qui si-gnifie ce qu’on entend présentement par vente asencan. On s’en sert encore en quelques Provincesde France, particulièrement en Bretagne, où l’ondit Inquanter, pour dire, vendre à l’enchére. VoyezEncan & Enchère.