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Tome 2.
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ç-p ^ LA L. L A M.

LALE’-VISTIC. C’est ainsi que le poivre de Ma-dagascar est appelle' en langue Madecajje , c’est-a-dire, en langue des originaires de cette Ile, la plusgrande de l’Afrique. Voyez Poivre.

L AMAN AGE, ou PILOTAGE. Terme de com-merce de Mer. C’est le travail des Mariniers quiconduisent les vaisseaux a l’entrée ou a la sortie desPorts, havres , ou rivières, particulièrement dans leslieux où l’entrée est difficile.

Les Assureurs ne font point tenus des fraix deLamanage ou Pilotage. Ce font menues avaries quidoivent tomber, un tiers fur le navire, & les deuxautres tiers fur les marchandises. Cela est conformeh l’Ordonnance de Marine du mois d’Aoùt 1681.art. 30 du tit. 6. & art. 8 du tit. 7 du livre 3.

LAMANEURS, qu’on nomme auffi LOCMANS.Ce font des Pilotes établis pour conduire les vais-seaux h l’entrée & sortie des ports & des rivièresnavigables : leur nombre fe régie par les Officiersordinaires, mais de f avis. des Echevins & des plusnotables bourgeois.

-j- 11 y a apparence que le mot de Lamaneur vientde Locman ; ce dernier est usité en Bretagne ; c’est unmot corrompu de Lootsman,qp.\ est Hollandois. Lootsveut dire de plomb 1 & Man, hommes comme quidiroit Vhomme du plomb , parce qu’un Lamaneur ouLocman, a toujours le plomb a la main fur un vais-seau qu’il conduit, pour sonder les entrées & lessorties des Havres , Ports, Rivières, &c. de même .que fur les côtes où il navige.

f Cette étymologie est d’autant plus certaine,que la plupart des termes de la Marine Françoife ,viennent de ceux de la Marine Hollandoife, com-me Pilote, Bosseman , Matelot, Ancre, Last ouLest, les noms des vents, Calfater, & une infinitéd’autres. Voyez par exemple le>s Articles Matelot,

Pilote.

Les Lamaneurs doivent avoir au moins 2J ans,& ne peuvent être reçùs qu’après un examen furles manœuvres & fabrique des vaisseaux, les ma-rées , les bancs, les courans , les écueils & autresendroits difficiles des rivières , ports & havres deleurs établissemens.

Ils font obligés après leur réception de tenir tou-jours leurs chaloupes garnies d’ancres & d’avirons,pour être en état d’aller au secours des navires aupremier signal.

Nul Marinier, s’il n’est reçu Pilote Lamaneur ,ne peut fe présenter pour la conduite des vaisseaux ;permis néanmoins aux Maîtres des navires de pren-dre des Pêcheurs pour les piloter au défaut des La-maneurs , a la charge pourtant de le servir du La-maneur , s’il fe présente avant que les lieux dange-reux soient passés, fur le salaire duquel doit êtrealors déduit celui du Pêcheur qui a servi avant sonarrivée.

Tout Lamaneur yvre qui fe présente pour pilo-ter est condamné à cent fols d’amende & interditpour un mois.

Les navires qui font les plus proches doivent êtrepilotés les premiers, à peine de 25 livres d’amendecontre le Lamaneur qui leur aura préféré les pluséloignés ; & il leur est fait pareillement défensed’aller plus loin que les rades au devant des vais-seaux , d’y monter contre le gré du Maître, nid’ensortir qu’ils ne soient ancrés & amarrés au port ; &si c’est en sortant, qu’ils ne soienP en pleine mer,à peine de perte de leurs salaires & de 30 livresd’amende.

Pour la sûreté du vaisseau & la décharge du La-î maneur , le Maître doit déclarer combien son vais-seau tire d’eau, k peine de 2 J livres d’amende, auprofit du Lamaneur pour chaque pié recélé.

Les Lamaneurs ne peuvent exiger d’autres salai-res que ceux réglés par les Officiers & contenusdans les tableaux ou tarifs mis au Greffe, & affichés

LAMA. LAME. 996

fur le quai, a moins que ce ne soit en cas de tour-mente & de péril évident ; & alors ils doivent êtrearbitrés par les Officiers ordinaires & de l’avis dedeux Marchands ; les Ordonnances de Marine dé-clarant nulles toutes promesses faites aux Lamaneursdans le danger du naufrage.

Le Lamaneur qui par ignorance fait échouer unbâtiment, est condamné au fouet & privé pour ja-mais du pilotage; & a l’égard de celui qui malicieu-sement a jetté un navire fur un banc ou un ro-cher, ou a la côte, il doit être puni du dernier sup-plice , & son corps attaché a un mât planté prèsle lieu du naufrage.

Enfin c’est aux Lamaneurs a examiner si les ton-nes & balises font bien placées, & s’il n’est pointarrivé quelques changemens dans les fonds & passa-ges ordinaires pour en donner avis aux Officiers &au Maître du quai & du port.

Au reste il est libre aux Maîtres & Capitaines deNavires François ou étrangers, de prendre tels La-maneurs que bon leur semble, sans pouvoir être con-traints de prendre a la sortie ceux dont ils se sontservis k l’entrée.

Toute cette police des Lamaneurs & Locmans esttirée de l’Ordonnance générale de la Marine du moisd’Aoùt 1681. & de l’Órdonnance particulière tou-chant la Marine des Côtes de la Province de Breta-gne du 18 Janvier 1685.

LAMARIE. C’est ainsi que quelques-uns ap-pellent la plante qui sert a faire la soude. VoyezSoude.

LAMBEAU. Morceau de toile ou d’étoffe dé-chirée.

Lambeau. Signifie en terme de Chapelier un mor-ceau de toile neuve & forte , taillé en pointe dela forme des Capades, qu’on met entre chacune ,pour empêcher qu’elles ne fe joignent, ou commeils disent, qu’elles ne se feutrent ensemble tandisqu’on les bâtit pour en faire un chapeau. C’est pro-prement le Lambeau qui donne la figure au cha-peau , & fur lequel chaque capade se forme. VoyezChapeau.

LAMBOURDE, ou FRANC-BANC. C’est ledernier des bancs ou lits de pierre de taille qui fetrouvent dans toutes les carrières des environs deParis , k la réserve de celles de S. Maur, où au des-sous de la Lambourde on trouve encore le soupierqui est un banc de moilon.

Lambourde. En terme d’exploitation & de mar-chandise de bois, est auffi une piéce de bois de scia-ge qui a trois pouces en quarré. Voyez Bois deCharpente.

LAME. Piéce de métal, mince & étendu, soiten long soit en large , battu au marteau , ou fonduou coulé dans des moules.

Lame. En terme de monnoies & de fabrique demédailles, est un morceau long & étroit d’or, d’ar-gent ou de cuivre , coulé & jetté en terre dans desmoules ou châssis pareils k ceux des Fondeurs demenus ouvrages.

C’est de ces Lames, après qu’elles ont passé par ledégrossi & par le laminoir, pour les réduire a l'é-paisseur & au poids des espèces, des médaillés oudes jettons qu’on veut fabriquer , qu’on coupe lesfìaons qui doivent être monnoyés & frapés. VoyezMonnoyage & Laminoir.

Lame. Est aussi le modèle même qui sert k faireles moules dans lesquels doivent être moulées les la-mes d’or, d’argent ou de cuivre, qui servent aumonnoyage des espèces & des médailles.

Ce modèle est ordinairement de cuivre, long de12 ou i? pouces, & a peu près de la largeur &épaisseur de l’ouvrage qu’on veut faire. On en methuit dans chaque châssis pour les Louis d’or, dixpour les demi-Louis , cinq pour les écus, six pourles demi-écus, & huit pour les quarts. On en fait