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Tome 2.
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ioi 3 L A V E U R E.

layeures des lieux où se font les travaux des mcn-noies & de l’orfévrerie , mais encore on concasseles vieux creusets de terre & les loupes des four-neaux mêmes , c’est-à-dire, les briques & carreauxdont les fourneaux font faits, auxquels quelquespetites parties d’or ou d’argent fe íont attachéespar le pétillement, qui est ordinaire à ces métaux,quand ils font dans leur dernier degré de chaleur.

Toutes ces matières, qu’on appelle Terres de La-vitres , ayant été bien concassées & mêlées ensem-ble , on les met dans de grands plateaux de bois enforme de bassins, où elles font lavées a plusieursreprises & dans plusieurs eaux, qui coulant par in-clination dans les cuviers qui font au dessous, en-traînent avec elles les terres & les parties les plusimperceptibles de l’or & de l’argent ; ne restant aufond des plateaux que les particules les plus con-sidérables & les plus grosses, qu’on apperçoit aisé-ment à l’œil, & qui peuvent se retirer a ta main ,sans y employer d’autre industrie. On appelle celaLaver an plat.

Après que par le moyen de cette simple Lavureon a tiré le plus gros de l’or & de i’argent, on fesert du vif-argent & du moulin aux Lavures, pouren tirer aussi les plus imperceptibles qui font enco-re restés dans les terres.

Ce moulin est un grand cuvier de bois, relié defer, assez de la forme d’un demi-muid, dont le fondde dessus peut fe lever : au fond d’en-bas du cu-vier est une efpéce de moulin de fer ou de fonte,composé de deux pièces principales , dont celle dedessous est convexe, & celle qui la couvre par des-sus & qui a la forme d’une croix est concave ;ce font ces deux pièces qui fervent comme de meu-les au moulin. Au dessus du cuvier est une mani-velle couchée horizontalement , qui par le moyend’un axe où elle est attachée, fait tourner la piéce oumeule supérieure. Enfin il y a unbondon en baspour faire écouler l’eau & les terres, quand elles ontété assez moulinées.

Un seul Ouvrier assis fur un siège élevé & pla-cé au milieu de deux de ces cuviers , suffit pourdonner le mouvement a deux moulins, dont iltourne les manivelles, l’une a droite & i’autre à gau-che.

Quand les moulins font préparés, & qu’on veutfaire les Lavures, on emplit les cuviers d’eau com-mune, dKis laquelle on jette 30 ou 40 livres de vif-ar-gent plus Ou moins suivant leur capacité, & envi-ron deux plateaux ou un boisseau des terres quifont restées de la première Lavure qu’on a faite a lamain.

Tout cela étant enfermé ensemble dans le cu-vier , on tourne la manivelle , qui donnant le mou-vement 'a la piéce supérieure du moulin , agite &broyé fortement les terres & le vif-argent, qui parce mouvement attire & amalgame plus facilementles parties d’or & d’argent qui y font mêlées.

Ce travail dure deux heures entières, après les-quelles on ouvre le bondon par où l’eau & les ter-res s’écoulent dans un cuvier. De nouvelle eau & denouvelle terre ayant été remises dans le cuvier dumoulin, on continue les Lavures jusqu’à-ce que tou-tes les terres y ayent passé.

Les terres des Lavures passent ordinairement troisfois au moulin , & c’est rarement qu’on les y metune quatrième fois. C’est aussi ordinairement le mê-me vif-argent qui sert toutes les trois fois. Si ce-pendant il fe trouve trop chargé dès la première,il le faut changer, & de même à la seconde, par-ce qu il empêche alors le mouvement du moulin ,qu’on ne tourne que difficilement, k cause du tropgrand poids de l’arnalgame.

Quand il ne reste plus dans le moulin que le vif-argent uni à .l’or ou k l’argent qu’il a amalgamé,Dïílïon. de Commerce. Tom. II.

LAVE. LAUR. 1014

on l’en retire j & après savoir lavé k plusieurs.eaux,on le met en presse enfermé dans du chamois ou ducoutil bien ferré, afin d’en exprimer toute l’eau &tout le vif-argent clair ; après quoi on fait évapo-rer au feu ce qui reste de vif-argent par le moyendes cornues & des autres vaisseaux propres k cessortes d’opérations, dont on dit quelque chose dansles Articles de I’Or & de I’Argent , où l’on peutavoir recours.

Il faut remarquer que l’or qu’on tire des Lavu-res , n’est pas k proportion k si haut titre que i’ar-gent qui en vient j y en ayant quelquefois de cedernier métal, dont le titre fe trouve k n de-niers 17 k 18 grains ; ce qui vient de ce que l’ar-gent qui se trouve mêlé avec l’or ne se réduit pasen scories comme le cuivre qui peut être avec l’ar-gent.

LAVOT. Mesure dont on se sert a Cambraypour la mesure des grains. II faut 4 Lavots pourla raziere. La rizière rend 7 boisseaux J de Paris.

LAURET. Monnoie d’argent qui fut battue enAngleterre fous le Régne de Jaques I. vers l’an1619. Elle fut ainsi appellée a cause de la branchede laurier dont la tête de ce Prince y étoit cou-ronnée. Le grand Lauret qui vaioit vingt sols, avoit -deux diminutions, c’est-h-dire , des demi-Laurets& des quarts de Lauret. Le prix de ces espèces étoitmarqué au revers , aux unes par deux XX, aux au-tres par une X, & aux troisièmes par un V. La plu-part de ces Laurets furent fondus dans la fabriquegénérale des nouvelles monnoies d’Angleterre , quife fit fous le Régne de Charles II. On en voyoitnéanmoins encore fous celui de Guillaume'lII.

LAURIER. Arbre très odorant qui est toujoursverd. Sa feuille est longue, large par en-bas, poin-tue par en-haut, d’un verd brun , lustrée & lissée.

Sa fleur est petite & blanche. Son fruit, qu’on ap-pelle Baye de Laurier, est rond, de la grosseur d’ungros grain de chapelet, verd d’abord, brun en meu-rissant, & noir quand il est sec.

f Le Laurier est un genre de la XX e Classe deTournefort , qui comprend les Arbres qui ont la fleurmonopétale, c’est-a-dire, toute d’une piéce, ayant lafigure d’un bassin divisé jusques k fa base. Mr. Lin-ncens l’a établie composée de six pétales , & il ran-ge fous ce genre l’Arbre du Camphre, & celui deia Candie ; ce qui en tout donneroit un grand nom-bre d’efpéces.

Les bayes de Laurier ont quelque usage en Méde-cine , dílervent aussi aux Teinturiers & Maréchaux.

De ces bayes encore récentes bouillies dans del’eau on tire l’huile de Laurier. La meilleure vientde Languedoc ; & quoiqu’on en envoyé aussi quan-tité de Provence , cette dernière est si sophistiquée ,que le plus íûr est de s’en fournira Montpellier.

Celle qu’on fait k Paris , k Lyon, & k Rouen, .

ne doit pas être plus estimée que celle de Provence ;

& au lieu d’huile de Laurier on n’a souvent que dela graisse & de la térébenthine verdie avec du verdetou de la morelle.

La véritable huile de Laurier, k laquelle les Mé-decins donnent aussi le nom d’Huile Laurin , doitêtre choisie nouvelle, odorante , grenue, d’une con-sistence solide , & d’un verd tirant sur le jaune. Cel-le qui fera verte , unie, liquide, doit être rejettée,comme étant certainement sophistiquée. Cette hui-le est employée heureusement contre les humeursfroides & en quelques autres remèdes ; mais la plusgrande consommation s’en fait par les Maréchaux.

L Huile de Laurier paye en France les droits d 1 en-trée à raison de jo s. d n cent pesant conformémentau Taris de 1664 , & à la Douane de Lyon , dansle Tarif de laquelle elle est appellée Huile de Laurin ,

15 f du quintal.

Les Bayes de Laurier payent en France les droitsV u 2 dentrée