í©h LAVA. LAVE.
blanc, en le lavant dans une cuve ou envier aprèsqu’il a e'té caqué, & avant que de le saler. Voyez.Hareîíg.
* LAVANDE. Plante qui croît en épi, & qui ades fleurs bleues dont les boutons font en forme degraine.. Elle a un goût agréable & aromatique. LesProvençaux la nomment Espic , mot qui signifieEpi , parce qu’en effet elle donne beaucoup d’épisde fleurs & de graines. Ils en tirent úne huile distilléeper descensum , qui est très forte & pénétrante , avecbeaucoup d’odeur. Ils la nomment Oli d Espic , 8ccomme ce font eux qui la font, & qui la vendenten France,c’est ce qui lui a fait donner le nom d 'Huiled Aspic, 8c que la plante même porte le nom d’ As-pic depuis que cette huile est en usage. C’est de laLavande mâle , qui est la plus grande efpéce de cegenre, que l’on tire cette Huile. Elle est fort enusage dans la Pharmacie, pour la composition desbaumes v , des onguens, ou des emplâtres, qui fer-vent dans les maladies des nerfs. Les Maréchauxs’en fervent beaucoup pour celles des chevaux.Outre cela, on en fait usage dans plusieurs secretsou receptes des particuliers. Aussi cette huile estd’un grand commerce chez les Marchands Dro-guistes , qui en font venir de Provence 8z du Lan-guedoc. ; .
-j- La Lavande est un genre de plante a fleurs la-biées , c. a d. en lèvres, qui appartient a la IV®.Classe de Mr. Taurnefort , dont toutes les fleurs fontde la même façon, comme celles de i’orígan , dela marjolaine, de I’hyssope, &c. Le Stoechas , plan-te aromatique & médicinale, est une efpéce de La-vande que Mr. Tournefort ne devoit pas séparer dece genre, lequel renferme is espèces, y compris cinqfortes de Stoechas. Voyez. Stoechas.
V Huile de Lavande paye en France les droits d en-trée , comme essence de romarin , à raison de j liv. lecent pesant , conformément au Tarif de 1664 ; ó* sui-vant celui de la Douane de Lyon , 4 liv. xo sols duquintal.
LAVANDER. Efpéce de linge ouvré, qui femanufacture en quelques lieux de Flandre. VoyezLinge-, .
. LAVAND1ER , LAVANDIERE. Celui ou cellequi blanchit des toiles. Voyez Curanoier, Cu-
RAND-IERE. ■
LAUDANUM. Opium préparé. Voyez Opium.LÀVÉGÉ. Sorte de pierre dont on fe sert à fai-re des marmites & autres pots & utenciles de cuisi-ne , qui fe mettent au feu.
II n’y a que trois carrières d’où l’on tire cettepierre, l’une dans le Comté de Chiavenne , l’au-tre dans la Valteline, 8c la troisième dans le paysdes Grisons.
La Lavége est une efpéce d’ardoife fquamente ouécailleuse, connue telle, mais avec cette différencequ’elle est huileuse, & si adhérente, que lorfju’on latouche il en reste ordinairement quelques écailles auxdoigts. On a remarqué que ces pots de pierre bouil-lent plutôt que ceux de métal, qu’ils conservent pluslong-tems leur chaleur , qu’ils ne fe cassent jamais,quelque grand feu qu’on puisse faire autour, & qu’ilsne donnent aucun mauvais goût à la liqueur qu’ilscontiennent.
Tant de qualités qui les rendent propres a la cui-sine, en ont établi un commerce très considérable aChiavenne & dabs les deux autres endroits, où lésmines de la Lavége fe trouvent, quoique bailleursil n’y en ait point qui soient plus difficiles a ex-ploiter.
L’ouverture de la mine, où l’on n’arrive que parun trou très profond , n’a ordinairement que troispiés de hauteur ; enforte que les Carriers font obli-gés de s’y couler fur le ventre, souvent pendant undemi-miíle , & de travailler dans une posture si gê-nante a détacher quelque bloc de pierre, qu’ils ap-
L A V E. v iota
portent ensuite au trou , appuyés fur leurs hanches,d’où il est guindé en-haut par une machine en for-me de moulinet.
Comme chaque bloc pèse environ 200 livres, pourn’être point blessé par la pesanteur & la dureté de lapierre, ils fe garnissent les hanches de coussinets 3 8cpour s’éclairer, n’ayant point les mains libres, ilsont une chandéle attachée au milieu du front avecune efpéce de tresse en forme de fronton.
Quand les pierres font montées, on les dégrossitavec le ciseau, & on leur donne une forme cylin-drique d’environ un pié & demi de diamètre, afind’avoir plus de facilité de les mettre au tour. Les inf-trumens de ce tour ont leur mouvement par un mou-lin â eau, construit avec tant d’industrie, que l’Ou-vrier qui conduit l’ouvrage, en peut arrêter la rouequand il lui plaît, avec la même facilité qu’un Tour-neur en bois est maître de fa pédaile. II faut remar-quer que ce font les ciseaux & autres instrumens defer qui tournent, 8z qu’on y présente la pierrequ’on travaille.
De chaque bloc on tire plusieurs pots, plus grandsou plus petits , suivant qu’ils approchent de la cir-conférence. II n’y a que le corps des pots qui fetournent, les anses & les piés s’y ajoutent après coup.
LAVER A DOS. Laver â dos de la laine, c’estlaver la toison fur la bête avant que de la tondre.Voyez Laine.
Laver au plat. Terme de Monnoyage. C’estlaver dans un plateau ou bassin de bois, les cen-dres, balayeures & autres choses semblables, pouren tirer les plus gros ' morceaux d’or ou d’argentqui y font mêlés. Voyez ci-après Laveures.
L A VETON. C’est la grosse laine qui demeuredans les piles des moulins où fe foulent les draps 8cautres étoffes de lainerie, c’est-a-dire, la bourre quien fort par la foulure.
Le Laveton qui est gris, fort des étoffes les plusgrossières, comme des bureaux : celui qui est plusblanc, qu’on appelle aussi Bournalisse , vient des é-toffes les plus fines.
On fait de mauvais matelas avec ces fortes de lai-nes ; mais il est défendu aux Tapissiers d’en fairedont les bords soient de bonne laine, & le dedansde Laveton.
LAVEUR & LAVEUSE. Celui ou celle qui la-ve. On appelle ainsi ceux qui lavent le hareng.Voyez Hareng.
Laveur. Se dit des Relieurs qui lavent les livres,des Gantiers qui préparent cette forte de gants qu’onnomme Gants lavés, & desMégiffiers qui lavent lestoisons. Voy. les Articles où il est parlé de ces Ouvriers.
LAVEURE. Action par laquelle on lave quelquechose. Ce terme signifie quelquefois la chose lavée.
LAVEURE, parmi les Peintres. C’est un dessein re-levé d’une feule & simple couleur en détrempe, com-me d'encre de la Chine, ou de bistre, &c. Chez 'les Relieurs 8c Libraires il fe dit d’une eau légèrequ’on donne a toutes les pages d’un Livre avant dele relier ; ce qui en rend le papier plus lissé & plusbeau. Chez les Gantiers c’est une façon qu’on don-ne a de certains gants qu’on appelle Gants lavés.
11 y a encore quelques Arts & Métiers où l’on fssert du terme de Lavure au singulier ; mais il est par-ticulièrement en usage au pluriel dans les Hôtels desMonnoies, & parmi les Orfèvres, Batteurs & Ti-reurs d’or, & autres Ouvriers qui travaillent fur l’or& fur l’argent. •
Laveures , en terme de Monnoies, 8c chez lesOrfèvres & autres tmvaillans en or & en argent.Sont les particules d’or qu’on retire des cendres, ter-res & balayeures en les lavant a plusieurs reprises,ou en les mettant dans cette efpéce de cuvier qu’onappelle Moulin aux Lavures.
Quand on veut faire les Lavures, on rassemblenon-feulement les cendres des fourneaux & les ba-\ layeu-