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Tome 2.
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io2i LEO. L Ë S.

anciens louis d’or de France, & ceux d’argent sem-blables aux écus ou louis blancs.

Louis XfV. par un Arrêt de son Conseil du zAoût 1700. ordonna qu’iis auroient cours les uns& les autres fur le pié & aux mêmes conditions queles louis & écus de France portés par l'Arrêt auffide son Conseil du 13 Juillet précédent : mais de-puis ils ont été comme les autres espèces étrangè-res feulement reçus dans les Hôtels des Monnoiesau marc & pour le prix fixé par les Ordonnances.

LESCIVE, LESSIVE, ou LEXIVE. Terme deBuanderie & de Blanchisse. Ce qui sert a blanchirla toile écrue ou le linge laie.

Les Lescives se sont avec des soudes ou avec descendres , soit gravelées, soit communes ; quelque-fois même avec de la chaux ; mais cette dernière estdéfendue par les Réglemens pour le blanchiment destoiles en écru.

On appelle Couler la Lescive, jetter de l’eau chau-de sur toutes ces drogues , ou quelques-unes d’eíies ,qui sont mises sor le Cuvier des Blanchisseurs dansce qu’on appelle le Charier. Cette eau blanchit lelinge par l’acrimonie des sels dont elle cause la dis-solution , & qu’elle entraîne âVec elle en coulant parun trou ménagé au bas du cuvier. Ce trou Rappel-le la Píssote. Pour empêcher l’eau d’en sortir troppromtement, il est ordinairement a demi bouchéavec de la paille. Voyez. Blanchiment , Blan-chirie & Buandier.

Lescive. Se dit auffi dans les sucreries, d’uneeau préparée & imprégnée de différentes drogues ,■qui sert pour purifier & rafiner les sucres, ou cequ’en terme de l’art on appelle le Vesou. La prépa-^ ration de cette Lescive est une des plus importan-tes parties de la science du Rafineur.

On fait cette Lescive dans une espèce de cuvierplus large par en-haut que par en-bas, qu’on nom-me Baril aux Lescives. 11 est troué comme le cuvierdes Blanchisseurs, se met Comme lui sur une sellet-te ou trépié, & comme a lui son trou se boucheavec de la paille neuve. Au dessous du trou on metun vaisseau pour recevoir la Lescive a mesure qu’el-le coule.

Dans les purgéries des Isles Antilles, après queîe baril aux Lescives est préparé, on. y fait au fondune couche de diverses herbes hachées ou broyéesavec la main. Ces herbes sont l’Herbe k pique, l’Her-be a blé, la Mal-nommée & la Lianne brûlante;les trois premières en égale portion 4 & beaucoupmoins de la dernière.

Le fond du cuvier étant garni de Ces quatre sor-tes d’herbes jusqu’a trois pouces de hauteur, on lescouvre d’un lit de cendres de pareille épaisseur, quidoivent être faites du meilleur bois , c’est-a-dire, dechâtaignier, de bois rouge, de bois de caraïbe, derésinier & d’oranger , qui font tous bois qui ontbeaucoup de sels. Sur Les cendres se met une cou-che de chaux vive auffi de trois pouces, & fur lachaux vive une nouvelle couche des mêmes herbes,auxquelles on ajoute une ou deux cannes d’inde oude seguine bâtarde amorties au feu, Ôz coupées parrouelles de l’épaisseur d’un écu.

Quand le baril aux Lescives est entièrement pleinde ces diverses couches qu’on repéte alternativementtant q’u’il en est besoin , en observant que la der-nière soit d’herbes bien hachées , on le remplit d’eaufroide, si les cendres font encore chaudes , & d’eauchaude, si les cendres sont froides ; & à mesure quele vaisseau qui est sous la pissote ou chantepleure seremplit de cette eau, on la rejette sor le haut dubaril, ce qu’on fait jusqu’a ce que la Lescive soit as-sez faite, c’est-a-dire, jusqu’a ce qu’on n’en puissesoufrir l’acrimonie en la mettant sur le bout de lalangue, ou qu’elle jaunisse le doigt comme si c’étoitde l’eau-forte.

Lorsque les cannes sont vertes, & par conséquent

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grasses & difficiles a purger, on ajoute aux herbesde rantimoiné crud réduit en poudre ; ce qui dé-graisse admirablement le sucre; mais cette drogueest sujette a noircir la Lescive, & a rendre le sucre unpeu gris ; auffi ne s’en sert-on ordinairement quepo ur le sucre brut. On parle ailleurs de la maniéréd’employer cette Lescive. Voyez. Sucre.

LESCIVER , ou LESSIVER. Blanchir quelquechose par le moyen de la lescive.

Lesciver les Aiguilles. C’est après qu’ellesont été polies, les nettoyer du cambouï ou çouroiqui s’y étoít attaché pendant le poliment, en les la-vant dans de l’eau de rivière ou de fontaine, danslaquelle, on a fait dissoudre du savon. Voyez Aiguil-les , à ïendroit ok il ejì parlé de la maniéré de lesfabriquer.

LESION. Voyez Lezion.

LEST. Voyez Leth.

Lest. Est auffi une certaine quantité de caillouxou de sable qu’on met dans le fond de cale des na-vires , pour les faire entrer dans l’eau, & les teniren estire ou affiette , en leur donnant leur juste pe-santeur ; c’est ce qu’on nomme en Flandre Balaftou Quintelage.

Le Lest est quelquefois le tiers , ou le quart, ou lamoitié de la charge du bâtiment ; ce qui íe régie parraport au poids ou au volume des marchandises dontil est chargé. Plus un vaisseau est bas de varengue,& plus il a besoin de Lest.

L’Ordonnance de la Marine dú mois d’Août1681. art. 1 & 6 du titre 4 du livre 4, vêtit, Que lesCapitaines ou Maîtres des navires, en arrivant de lamer fassent leur déclaration a P Amirauté de la quan-tité de Lest qu’iis ont dans leur bord ; leur étant dé-fendu de le jetter dans les ports , canaux, bassins &rades ; né pouvant être porté par les Dé lecteurs ail-leurs que dans les lieux destinés pour cela.

LESTAGE. C’est rembarquement du lest dansun navire.

LESTER UN VAISSEAU. C’est lui donner sonlest.

TESTEUR. Il se dit également des Matelots quiprennent foin de lester un navire, & des bateauxou chaloupes dans lesquels ils y portent le lest.

Voyëz pour les quatre Articles précédens l’Articledes Ordonnances , vous y trouverez dans Pextrait decelle de la Marine tout ce qui concerne le Lestage , lesLejleurs Ù le Lèjl. Voyez aujji f Article du Deles-Vage.

LETH, qu’on écrit & qu’on prononce auffiLECTH, LEST ou LÁST , suivant les différonsidiomes des peuples qui se servent de ce terme. EnFrance on dit Leth.

-j- Le riiot de Lajl est l’origine de toutes les au-tres façons de i’écrire& de íe prononcer ; il estproprement Hollandais, & veut dire la Charge, soitd’un char, d’un Bateau, d’un navire &c. soit d’unebête de somme, comme mulet, chameau , &c. IIse dit auffi figurément chez les Hollandais, quandon est chargé d’un ordre, d’un commandement,d’une commission, &c. Mais il n’est en usage enFrançois que dans la Marine. De 1Loft, on a faitLeth , oû Lest ; l’j se' prononce dans hast & dansLé/ì.

Le Leth signifie différentes choses. Tantôt il ex-prime la charge entière d’un navire, c’est-a-dire,la quantité de tonneaux de mer qu’il peut porter ;quelquefois il veut dire une certaine pesanteur dételle ou telle espèce de marchandise ; & d’autresfois il signifie une sorte de mesure ou quantité dégrains, plus ou moins forte suivant les divers Paysoù elle est en lïsâge.

En Hollande, Angleterre 4 Flandre , Allemagne,Danemarc, Suéde , Pologne & dans tout le Nord,les navires se mesurent ou s’estimenf pour leur portou charge sor le pié de tant de Leths ; le Leth pesant

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