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Tome 2.
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102 7 LETO. LËTT.

pouvant employer qu’en y ajoûtant 7 livres de plombpour cent ; ce qui le rend plus doux & plus facile ktravailler.

f M. Savary dit ici que le Leton ne íe bat qu’achaud, cependant il ne peut se forger qu’à froid,en observant même que dès qu'il commence a s’é-chauffer par les coups de marteau, d’arrêter; & íl l’onveut l’étendre ou l’e'tirer davantage, il faut le re-cuire , ce qui fe fait en le mettant dans un feu decharbon, où on le fait rougir simplement ; on le fortensuite, on le met refroidir sans l’éloigner trop dufeu, parce que si l’air le surprenoit tout d’uncoup ,il le rendroit plûtôt aigre que doux J il faut doncqu’il se refroidisse lentement.

-j- II est certain que le Leton fondu & refonduplusieurs fois, n’a plus la même ductilité qu’il avoitd’abord après fa première fabrication j pour supiéerk cet inconvénient, on joint dans la nouvelle fonte8 ou io pour cent de vieux cuivre, mais non duFlomb.

On se sert de Leton dans les fontes des pièces decanon. Quelques-uns estiment que la meilleure ma-niéré est de mettre dans une fonte de 11 a 12 mil-liers de métal, 10 milliers de rosette, 900 livres d’é-tain , & 600 livres de Leton.

On tire de la Ville-Dieu en Normandie des chau-derons de cuivre jaune non bordés & a demi fa-çonnés en fourrure, assortis depuis une demi-livreles plus petites fortes, jusqu’a 12, 15, 20 & 30 li-vres les grandes fortes, qui s’envoyent dans des han-ses ou grandes manès. II vient aussi du même en-droit des bassins de cuivre jaune de différens poids,grandeurs & façons.

Nuremberg & Aix-la-Chapelle fournissent quan-tité de cuivre jaune en bandes ou en feuilles minces,gratées d’un côté & noires de l’autre ; les unes pliées,que l’on appelle Letons en 2, 3, 4, 5, 6, 7' dplis ; & les autres roulés, qu’on nomme Leton enrouleaux. Le Leton plié est plus épais que le rou-lé. Le premier s’employe a faire des boutons do-rés ; & le second, qui est très mince , sert a fairedes boutons argentés fur bois. L’un & l’autre s’em-ployent cependant à divers ouvrages.

Le Leton ouvré Û non ouvré paye les droits dé entrée& de sortie du Royaume & des Provinces réputées étran-gères , fur le pié de tant du cent pesant , plus ou moinssuivant son espèce & qualité. Voyez Cuivre.

Le Leton qu’on nomme Leton graté , les paye confor-mément au Tarif de 1664. à raison de 3 liv. 10 f lecent pesant.

On appelle Fil de Leton, ou Leton en cerceau ,du cuivre jaune tiré & passé a travers d’une filière.Voyez, F n-, à f endroit où il ejl parlé du fil de Leton.

LETTERHOUT. Espèce de bois rougeâtre ti-rant fur le violet, qu’on nomme en France Boisde la Chine. Voyez Inde Bois.

-j- Ce mot est Hollandois, & veut dire, Bois deLettre. O11 lui a donné ce nom, parce que dans cebois, il paroit des taches de couleur,, qui aprochenten quelque maniéré a des figures de Lettres.

Les Hollandois par qui il est apporté eu Euro-pe , ou même les Marchands Epiciers qui le débi-tent a Paris, font fur ce bois ( si l’on en croit M.Furetiêre') un gain bien extraordinaire, puisqu’ilsne i’achétent qu’un écu le millier pesant sur le heu ,& qu’ils le vendent jusqu’a 100 écus, & jamaismoins de 5:0.

On prétend que cette forte de bois ne se trouveen nul lieu du monde que dans le Continent de laGuyane.

Ce qui est du moins certain, c’est que les Ebé-nistes l’employent dans leurs plus beaux ouvragesde marquetterie, où il fait un très agréable effet ,& qu’il ne paye ’en France les droits d’entrée quefur le pié des autres bois qui fervent ou a la tein-ture ou a la marquetterie.

LETTRE. 102 8

LETTRE MISSIVE. C’est un écrit que l’on a-drelle & envoye à une personne absente, pour luicommuniquer les pensées.

Les Marchands & Négocians s’écrívent conti-nuellement de ces sortes de Lettres fur les différentesaffaires de leur commerce. Ils doivent savoir qu’ellesdoivent être concises & précises j que le jugement& le bon sens y ayent plus de part que l’éloquenceou la politesse du discours ; en un mot qu’elles di-sent tout ce qu’il est a propos de dire, & rien da-vantage. t

L’Ordonnance du mois de Mars 1673. art. 7 dutitre 3, veut, Que les Marchands tant en gros qu’endétail, mettent en liasse les Lettres missives qui leurfont écrites, & qu’ils enrégistrent les copies de cel-les qu’ils écrivent.

Lettre de Change. Est un petit morceau depapier volant, ordinairement de forme longue & é-troite, fur lequel est écrit un ordre ou une rescriptionsommaire que donne un Banquier, un Négociant ouun Marchand, pour faire payer a celui qui en sera lèporteur en un lieu éloigné l’argent qu’on lui a com-pté dans l’endroit de fa demeure.

Plusieurs ont cru par la manière dont on en usedans le négoce des Lettres de change, que c’est uncontrat d’echange ; néanmoins l’opinion la plus gé-nérale est que c’est un contrat d’achat & de vente ;que l’argent de celui qui donne a change, est leprix de la vente j & l’argent qu’on trouve au lieudestiné par celui qui a donné k change, est la cho-se vendue & achetée.

Les Lettres de change n’étoient point connuesdans l’ancienne Jurisprudence Romaine: ellessont rsuivant la plus commune opinion, de l’inventiondes Juifs; lesquels après avoir été bannis de Fran-ce pour les crimes énormes dont on les accusait,

.& s’être réfugiés en Lombardie fous les Régnes dePhilippe Auguste en 1181. & de Philippe le Longen 1316. trouvèrent le moyen de retirer leurs ef-fets , qu’ils avoient confiés entre les mains de leursamis, par des Lettres secrètes & des billets conçusen termes courts & précis, telles que peuvent êtreles Lettres de change d’aujourd’hui , & cela parl’entremise des Voyageurs & des Marchands étran-gers.

Les Gibelins chassés d’Italie par la faction desGuelphes, s’étant retirés k Amsterdam, se servirentdes mêmes voies que les Juifs pour retirer les biensqu’ils avoient été obligés d’abandonner en Italie ;ensorte que ce furent eux vrai-semblablement quijettérent les premières semences du négoce des Let-tres de change dans l’esprit des Marchands & Né-gocians d’Amsterdam, qui depuis Pont répandu partoute l’Europe, dans la feule vue d’apporter quel-que facilité k leurs négociations mercantilles.

On prétend que ce furent ces mêmes Gibelins 0qui trouvèrent l’invention du rechange, en prétex.-tant des dommages & intérêts, lorsque les Lettresde change ( qu’ils nommoient Polizza dt Cambio )n’étoient pas acquittées , & qu’elles revenoient kprotest.

On veut aussi que ce soit les Lyonnois qui ayentété les premiers qui ont donné en F rance le mou-vement au négoce des Lettres de change, par ra-port aux grandes félations qu’ils avoient avec ceuxd’Amsterdam & d’Italie.

Les Lettres de change font d’une très grande uti-lité dans le Commerce, pourvu qu’il ne s’y commet-te point d’abus, & que le change soit réel, d’autantque par leur moyen l’on peut sans embarras & fansrisque recevoir de l’argent dans tous les lieux où l’onen a besoin j & il est en quelque manière certain quesans le secours de ces fortes de Lettres, le négoce& les autres affaires ne feroient que languir.

Ce qui donne P être & la forme k une Lettre dechange , est une cession ou vendition d’argent que

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