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Tome 2.
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1157 LOUP.

velle taxation que pour les anciens & nouveaux quatrepour cent.

Loup Cervier. Animal sauvage très farouche,un peu plus grand que le renard, qui a les yeuxétincelans , la vue admirable, l’air gai, les oreillescourtes, garnies au haut d’un toupet de poil fortnoir; la barbe comme celle du chat, avec lequel il ab-aucoup de raport ; les pies fort velus, (k divi-sés comme ceux du lion ou du tigre ; le dos rouxmarqué de taches noires ; le ventre & le dedans desjambes d’un gris cendré marquetés de mêmes taches,mais plus grandes & plus écartées. Chaque poil dansfa longueur est de trois couleurs , ayant la racined’un gris-brun, fa partie du milieu tirant fur leroux, & son extrémité blanche.

11 y a des Loups cerviers de différentes espèces ôtcouleurs , suivant les Pays où ils se trouvent. Ilshabitent pour l’ordinaire les montagnes couvertesde bois, où ils ne se repaissent que de bêtes sauva-ges qu’il y surprennent ; se cachant quelquefois furdes arbres, d’où ils fe lancent à corps perdu fur plu-sieurs sortes d’animaux a quatre piés ; mais particu-lièrement fur le cerf, d’où il y a de l’apparencequ’iis ont pris leur nom de Loups cerviers.

Quelques-uns assurent que le Loup cervier est lamême chose que le Linx des Anciens, que d’autresprennent pour un animal fabuleux.

Quoi qu’il en soit, il est certain que le Loup cer-vier , tel que nous le connoissons aujourd’hui, four-nit pour le commerce de la pelleterie une peau trèsprécieuse, qui étant bien apprêtée avec tout sonpoil, s’employe a diverses sortes de fourrures.

En France on en fait des manchons très beaux :en Turquie, & particulièrement a Constantinople,on en double des vestes qui sont d’un grand prix.Ces sortes de peaux qui y sont presque toutes en-voyées de Natolie, s’y vendent depuis 10 jusqu’a

12 piastres la pièce. Celles qui ont le poil le pluslong, le plus blanc & le plus moucheté de noir sontles plus estimées.

Outre les peaux de Loups cerviers du Levant quenous tirons de Natolie par la voie de Marseille, ilen vient d’Espagne & de Moscovie. Celles de cedernier Pays nous sont apportées par les Anglois,Hollandois & Hambourgeois, qui les vont cher-cher a Archangel, où elles sont apportées de Si-bérie , Province de Moscovie qui fournit la plusgrande partie des belles fourrures qui se voyent enEurope.

Les peaux de Loups cerviers venant du Levant fontdu nombre des marchandises sujettes au droit de vingtpour cent ordonné par l Arrêt du Conseil du 1 y Août1685.

Le s peaux venant d Espagne , de Moscovie & au-tres endroits , payent 13 f. de la pièce.

A í égard des droits de sortie, les premières payent3 liv. par peau, & les autres rz /

Loup Marin. Animal amphibie, qui a la têtesemblable au Loup. Quelques-uns néanmoins luitrouvent plus de ressemblance avec celle du chien,& d’autres avec celle du veau ; d’où vient qu’on luidonne aussi le nom de Veau & de Chien marin.

Les marchandises que cet animal fournit pour lecommerce tout son huile, fa peau & ses grandesdents.

Son huile sert a brûler , & à tous les autres usa-ges où l’on employé les huiles de poisson.

Ses dents sont une espèce d’yvoire, qui sert auxouvrages de tabletterie.

Enfin fa peau, qui a un poil fort ras,sert aux Mal-letiers & Bahutiers pour couvrir des coffres de cam-pagne.

Les Portugais, qui en 143 q. découvrirent lesCôtes Occidentales d’Afrique, trouvèrent beaucoupde Loups marins, dont ils apportèrent des peaux,qui étoient alors fort rares.

Diflion. de Commerce. Tom. II,

LOUPE. ïijff

Les ìpeaux de Loups marins payent en France lesdroits d entrée à raison de 12 s la douzaine , & ceuxde sortie sur le pié de 18 s.

Loup. Se dit aussi d’une espèce de masque de ve-lours noir, ordinairement doublé de peau c.e chiengrasse , ou de toile de lin écrue, dont les Dames fefervent pour conserver leur teint, ou pour empêche!d’être connues.

II y a de deux sortes de Loups; l’un de figuréovale, qui prend depuis le front jusques sous le men-ton , lequel ne s’attache point, étant tenu par lèmoyen d’un bouton qui fe met dans la bouche ;l’autre qui est a demi rond par le haut & quarré parle bas, s’attache à la coessure avec deux petits ru-bans. Ce dernier , qu’on appelle plus souvent Mas-que que Loup, ne se porte guéres qu’a la campa-gne.

On prétend que le nom de Loup leur a été don-né , a cause qu’ils faisoient peur aux petits enfansdans le tems que les femmes ont commencé de por-ter cette espèce de masque.

Les Loups font une portion dû négoce de la Mer-cerie. Outre la consommation qui s’en fait k Paris &dans les autres Villes du Royaume, il s’en envoysaussi quantité dans les Pays étrangers, n’y ayantguéres qu’en France , & particulièrement a Paris*cù l’on ait l’ufage de les bien faire*

Loup. On donne lenbm de Dent de loup a di-vers outils ou instrumens d’Artisans, soit parce qu’eneffet ils font faits de crocs ou grosses dents de cet a-nimal, soit parce qu’ils en ont quelque ressemblance.

La.dent de Loup des Orfèvres & Graveurs íeuij»sert a polir & brùnir letirs ouvrages : elle est faited’une vraye dent de Loup attachée à un manche debois.

La dent de Loup des Relieurs est toute de bois,de forme triangulaire : elle sert a dresser le papierdes Livres.

LOUPE. Terme d’Optique, qui signifie un verrequi est ou plan convexe, ou convexe des deux cô-tés. 11 sert aux Anatomistes, Dessinateurs, Gra-veurs , & généralement a tous ceux qui veulent dé-couvrir ce que leurs yeux ne peuvent apercevoir.

Loupe de Bois. Terme d’exploitation & de mar-chandise de bois. Les Marchands de bois , lesMenuisiers, les Tourneurs & les Ebenistes nom-ment ainsi Certaines grosses bosies ou nœuds , quisont des espèces d’excrefcences qui s’é lèvent fur lasuperficie du corps des vieux arbres , & qui sont ad-hérentes à leur écorce.

Les Loupes viennent d’ordinaire vers le bas dûtronc de l’arbre. Celles du noyer, de l’érable A dûfrêne font fort estimées, étant propres a plusieurssortes de beaux ouvrages de marquetterie, de tour ,de menuiserie, ôte. On dit qu’un arbre est lou-peux, pour dire, qu’il est rempli de Loupes.

Les Loupes payent à la Douane de Lyon les droitsd’entrée à raison de 6 s. 6 . d. la tonnette pour tousdroits , & au quintal 1 <j f. d ancienne taxation , Ù lànouvelle appréciation à téquipollent.

Loupes. Terme de Monnóies. Ce sont les bri-ques & carreaux des vieux fourneaux qui ont ser-vi a la fonte de l’or & de l’argent. Ces Loupesse broyent & se concassent pciur en tirer par lemoyen du moulin aux lavures, les particules de cesdeux métaux qui peuvent s’y être attachées. VoyezLaveures.

Loupes. Se dit encore, en terme de Jopailíier ,des perles & pierres précieuses imparfaites., & dansla formation desquelles la nature est , pour ain-si dire , restée k moitié chemin.

Les pierres qui le plus ordinairement restept enLoupes sont les saphirs, les rubis & les émerau-des. A l’égard de ces dernières, il ne faut pas con-fondre' leurs Loupes avec ce qu’on appelle Prefmed’émeraudes. Voyez Emeraude.

Ccc 2 Pour