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M A C O N.
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.tonneaux ou quarteaux , & la déduction pour lepromt payement , d’un pour cent.
MAÇON ou MASSON. Celui qui travaille enmaçonnerie.
II se dit également de ^Entrepreneur qui faiçlesmarchés des ouvrages de maçonnerie dans un bâti-ment pour les faire exécuter par d’autres, & de l’Ou-vrier qui les construit, & qui y travaille de, la mainfous ses ordres ; avec cette différence néanmoinsque l’Entrepreneur s’appelle Maître Maçon , & està Paris membre d’une Communauté considérable ;& que l’Ouvrier s’appelle simplement Maçon, &n’est qu’un Manouvrier, quelquefois a la tâche ou ala toise, mais le plus souvent a la journée. On par-lera dans la fuite des Maîtres Maçons & de leurCommunauté.
Les Maçons, Manouvriers &. Journaliers , fontde deux fortes; les uns qui ne travaillent qu’enplâtre, fe font conservé le nom de Maçons ; lesautres qui employeur le mortier & la terre Rap-pellent Limosins, d’une Province de France d’oùil en fort quantité chaque année, qui fe répandentdans tous les atteliers du Royaume , & particuliè-rement de Paris. Voyez. Limosin.
L’emploi des Maçons de l’une & l’autre espè-ce est de faire dans les bâtimens tout ce qui regardela maçonnerie , comme de construire les murs &murailles , les élever jufqu’à l’entablement, les gop-ter,crefpir & enduire ; -y employer les pierres detaille, libages,moëlons ,briques ou platras qui leurfont livrés ; construire, bander & ceintrer les voû-tes ; fcêler les poutres, sablières & íolives ; faire lesentrevouts & aires des planchers; conduire les tuy-aux de cheminée, faire les cloisons, lambris, cor-niches ,& quantité d’autres choses où l'on employéle plâtre ou le mortier , soit de simple terre, soit defable & de chaux ou de ciment.
Outre les Maçons, c’est-à-dire, ceux qui em-ployeur le plâtre & le mortier , il y a quantitéd’autres Ouvriers qui ne font»occupés que pour lesservir.
Les Appareilleurs donnent à tailler les pierres ;les Tailleurs de pierres les taillent fur les paneaux &cartons que ceux-là leur fournislent ; les Scieurs depierres les scient & les débitent ; les Poseurs les pla-cent quand elles ont été élevées & guindées avecdes engins ; les Hallebardiers portent les leviers quifervent a mettre les pierres en chantier pour les tail-ler, &à les charger fur les chariots &binards pourles conduire au pié des engins ; les Bardeurs por-tent le bar ou traînent les chariots & binards ; lesAide - maçons & Aide - limosins , qu’on nommeordinairement des Manœuvres, gâchent le plâtre,le fassent & en battent les gravoirs, ou courroyentles diverses fortes de mortier ; enfin les Goujatsportent les mortiers fur leurs épaules avec l’instru-rnent qu’ils appellent un Oiseau.
Les Piqueurs qui font travailler les Maçons ouLimosins, & qui en tiennent les rôles ; les Chaf-fe-avant qui conduisent & font marcher les Ouvriers& les chariots, & empêchent qu’on ne perde detems dans l’attelier ; enfin les Louveurs qui fontles trous dans les pierres pour y placer les louvesde fer qui fervent à attacher les cables avec les-quels on les élève, font encore des Ouvriers em-ployés dans la maçonnerie, qui auffi-bien que lesautres seront expliqués a leurs propres Articles.
Les outils, instrumens, engins & machines dont,fe fervent les Maçons & tous les autres Ouvriersemployés ales servir, sont en très grand nombre,en partie communs à d’autres arts & Métiers, &en partie propres k celui de la maçonnerie.
Les engins & machines font, f Engin proprementdh, la Chèvre, les Efcoperches, la Grue, le Gruau,le Singe , lg Vindas, les Rouleaux simples & fansfin, avec tous les cables , cordages & trousses né-
MAÇON. ,,
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cessaires pour les faire agir & mettre en mouvement.
Les outils & instrumens font, le Levier , la gran-de Régie à mouchette, la Régie commune, le Plomba régie , le Plomb k chas, l’Equerre , le Buveau,la'Sauterelle, la Fausse-équerre, la Louve avec sonesse & ses louveteaux, le Ciseau a iouver, le Ni-veau, l’Oifeau, les Rabots h courroyer le mortier,le Compas commun , le Compas k fausse-équerre ,les Truelles a plâtre, a chaux & a fable, la Truel-le bretée, les Testas , la Masse de fer, le Coin ausside fer, les Marteaux bretelés, la Langue de bœuf,le Gurlet, le Defceintroir, la Pioche & la Feuillede sauge, le ciseau a ciseler, le Fer quarré, le Mail-let , les Gouges, les Riflards bretelés, le Crochet,la Rondelle, la Râpe , le Pic, la Pêle de bois, l’Au-ge & Auget, le Baquet a mortier, le Bar , le Bou-riquet , le Binard, les Chariots, la Civière, leBrancart, les Scies ou dentelées ou fans dents, lesCouteaux k scies, la Fiche ou Couteau k mortier,la Pince , le Pié de chevre , les Poulies & les Mou-fles. Voyez toutes ces machines Ù outils à leurs Ar-ticles.
Communauté’ des Maîtres Maçonsde Paris.
Cette Communauté est ancienne, & k en jugerpar le stile des Statuts & Ordonnances dont elle fesert aujourd’hui & qu’elle a fait r’imprimer en 1721.il paroît qu’elle étoit établie avant le XIII e siécle.
Par ces Statuts qu’on va donner ici conformes àl’original, cette Communauté est composée de Ma-çons, de Tailleurs de pierre, de Plâtriers & de Mor-te Hiers. Ceux fur qui elle a inspection , sont lesChaufourniers, Carriers, Jardiniers , Préauliers &Pionniers de France. Les Jardiniers & les Préauliersen ont depuis été détachés & composent une Com-munauté k part. Voyez. Jardinier.
Vingt articles composent ces Statuts ainsi qu’ilfuit.
Art. I. II peut être Maître a Paris qui veut;pourtant- qu’il sache le métier , & qu’il œuvre auxUs & Coutumes du métier.
II. Nul ne peut avoir en leur métier qu’un ap-prentis , & s’il a apprentis il ne le peut prendre àmoins de six ans de service ; mais k plus de servicele peut-il bien prendre & argent, si avoir le peut :& s’il le prenoit k moins de six ans, il est en 20fols Parisis d’amende , a payer k la Chapelle Mr. 1Saint Biaise , si n’étoient ses fils tant seulement nésde loyal mariage.
III. Les Maçons peuvent bien prendre un autreapprentis comme l’autre aura accompli 5 ans, àquelque terme qu’il eût le premier aprentif pris.
IV. Le Roi qui ores, k qui Dieu doint bonnevie, a donné la maîtrise des Maçons a son maître-Maçon , tant comme il lui plaira , & jura par de-vant le Prévôt de Paris, qu’icelui qui k ce fera éta-bli , que celui métier dessus dit il garderoit bien, &loyalement a son pouvoir, aussi pour le pauvre quepour le riche & pour le foible comme pour le fort,tant comme il plairoit au Roi qu’il gardât le mé-tier devant dit.
V. Le Mortellier & le Plâtrier font de la mêmecondition & du même établissement des Maçons entoutes choses : le maître qui garde le métier des Ma-çons , des Plâtriers & Mortelliers de Paris de par leRoi, peut avoir deux apprentifs tant feulement enla manière dessus devisée.
VI. Les Maçons, les Plâtriers & les Mortellierspeuvent avoir tant d’aides & valets k leur métiercomme il leur plaira, pourtant qu’ils ne montrent ànul d’eux nul point de leur métier.
VII- Tous les Maçons & tous les Plâtriers doi-vent jurer fur 88. qu’icelui métier devant dit, gar-deront & feront bien & loyaument chacun en droit
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