Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

»

IJ 29

portefeuilles, des cartons , des livres réglés destinéspour la musique, &e.

17°. Ceux qui font négoce de chauderonneriè ,comme chaudières , chaulerons , cuves , cuvettes,poêlons, poêles a confitures, marmites , casseroles,réchaux, coquemars , caffetiéres, chandeliers , che-nets , bassins, passoires , écumoires , cuilliéres apoêlon, bassinoires, cassolettes, mains a argent,lampes, alembics, gardes-feu, platines & autressemblables ouvrages de cuivre jaune & rouge,qu’onappelle aussi Marchandise de dinanderie ; commeaussi de toutes fortes d’ouvrages de fer, tant pourla chambre que pour la cuisine, tels que font leschenets , feux ou grilles, pèles, pincettes , tenail-les, tringles h rideaux, poêles, lèchefrites, bro-ches , réchaux, trépiés, grils, cuilliéres a pot, cou-vercles de-marmites ; même des plaques ou cyntre-cœurs de cheminées, des marmites, des cloches &iplochettes, & autres marchandises de fonte.

18 0 . Les Vendeurs de toiles cirées en gros & endétail, qui vendent aussi des parapluyes, des guê-tres , casaques, porte-manteaux, chapeaux, capespour femme, & tous pareils ouvrages de toile cirée,même des guêtres de treillis & coutils.

19 0 . Les Marchands de menue Mercerie, qui ven-dent de la boutonnerie , des paéoues, galons, ru-bans & rouleaux , foie & fil a coudre , boucassins ,treillis, bougrans, crêpes , lassets, aiguilles, épin*gles, dés a coudre, &c.

20 0 . Et enfin les petits Merciers, qui vendent dela patenostrerie ou chapelets, des peignes, des li-vres d’enfans , des jambettes, des raquettes, des pa-lettes, des volans, des sabots, corniches, touoies,balles , étœufs, lanières de cuir, poupées, tambou-rins , violons, boètes de bois peintes & façonnées ,horloges de fable , jeux de quilles, étuis, sifiets,tabatières de corne, de bois & de buis, des damiers,des jeux d’échets , & de toutes fortes de colifi-chets & jouets de carte & de bois pour les enfans,ce qui fe nomme de la Bimbeloterie.

Le Corps de lA Mercerie est considéré comme leplus noble & le plus exellent de tous les CorpSdes Marchands, d’autant que ceux qui le composentne travaillent point & ne font aucun ouvrage de lamain , si ce n’est pour enjoliver les choses qui fontdéja faites & fabriquées, comme de garnir des gants& des mitaines, attacher a des habits & autres vê-temens des rubans & autres sortes de galanterie :aussi ceux qui font admis dans ce Corps fontfils re-çùs noblement, ne leur étant pas permis de faire nimanufacturer aucunes marchandises, mais seulementde les enjoliver, ce qui n’est pas des autres Corpsqui font regardés comme mixtes, c’est-a-dire, qu’ilstiennent, du Marchand & de l’Artisan. Ainsi a ce-lui de la Draperie ont été incorporés les Drapiers-Chaussetiers, qui taillent, cousent & vendent desbas de drap. Dans celui de l’Epicerie il y a desApoticaires, des Confiseurs & des Ciriers , dont lespremiers font chef-d’œuvre & travaillent k faire dessirops, cóníections, compositions, onguens, &c.les seconds a faire des dragées, massepains, pâtes &confitures de toutes sortes ; & les derniers a faire descierges, de la bougie, des flambeaux, Sc c. Enfin dansles trois Corps de la Pelleterie , Bonnéterie & Orfè-vrerie on travaille aussi de la main ; les Pelletiers fontdes manchons, aumuces, &c. les Bonnetiers des bon-nets , des bas, &c. & les Orfèvres de la vaisselle d’or& d’argent ; & dans tous les trois on est obligé a fai-re chef-d’œuvre.

On ne doit pas. être surpris de ce que le Corpsde la Mercerie est regardé avec tant de distinction ,puisque c’est lui qui a toujours foûtenu le com-merce des Pays étrangers, n’y ayant guéres decontrées dans le monde , pour reculées qu’ellespuissent être, où il n’ait pénétré pour y porter leDidAon. de Commerce. Tom. II.

ï^ô

négoce de la France , étant même certain que ctìfont les particuliers de ce Corps qui ont entreprisles premiers de faire des voyages de long cours jparticulièrement anx Indes Orientales & Occiden-tales : enforte que l’on peut dire que fans le Corpsde la Mercerie le commerce de France avec les Paysétrangers ne feroit que languir ; outre que la più-part des marchandises qui croissent dans le Royau-me ou qui y font manufacturées en si grande quan-tité , resteroient fans aucun mouvement si les Mar-chands Merciers n’en foûtenoient Sc n’en animoientla consommation & le négoce.

Pour être reçu Marchand dans le Corps de IáMercerie , il faut être né François , avoir fait ap-prentissage pendant trois ans,& servi les Marchandsdurant trois autres années fen qualité de Garçon.

Aucun Marchand de ce Corps ne peut avoirqu’un Apprentis a la fois, & cet Apprentis ne doitpoint être marié. Le tems de l’apprentissage ne doitcourir que du jour de l’enregistrement qui a été faitau Bureau de la Mercerie, du brevet passé par de-vant Notaire.

A la tête du Corps de la Mercerie font sept Maî-tres & Gardes préposés pour la conservation de sesprivilèges & de fa police. Le premier qu’on appellegrand Garde, en est comme le chef ; il préside à tou-tes les assemblées du Corps accompagné des six au-tres , qu’on nomme vulgairement petits Gardes quifont Comme fës Conseillers.

On ne peut être reçù grand Garde qu’après avoirété petit Garde.

Tous les ans au mois de Juillet, dans le Bureaudu Corps de lá Mercerie , en présence du Procu-reur du Roi du Châtelet, & de son Greffier, onprocède k sélection d’un nouveau grand Garde Ade deux autres petits Gardes, qui après leur élec-tion prêtent serment par-devant le Procureur duRoi ; ainsi chaque année il sort l’ancien grandGarde Sc les deux plus anciens des six petits Gardes.

Pour parvenir k cette élection qui fe fait a la plu-ralité des voix, les sept Maîtres Sc Gardes encharge , mandent tous ceux qui ont déja passépar la Garderie & 80 autres Marchands du Corps,a tour de rolle, de ceux qui n’ont point encorepassé par les charges.

C’est l’Agent des affaires du Bureau qui fais l’ápeldes convoqués suivant la feuille qu’il a entre lesmains, laquelle est signée des Maîtres & Gardesactuellement en charge, & les voix font recueilliespar le Greffier.

Les Gardes de la Mercerie en charge font ad-mis conjointement avec ceux du Corps de la Dra-perie, aux visites qui fe font fous la Halle aux draps& dans les Foires St. Germain, du Landy & deSt. Denis, des draps, serges & autres étoffes de lai-ne & mêlées de laine & de fil , tant de draperie'que de Mercerie , qui y arrivent ou qui y font por-tées , & cela par Arrêt du Conseil d’Etaí dù 21 Juil-let 1674.

Les Maîtres & Gardes Merciers en charge sonsen droit de porter dans toutes les cérémonies pu-bliques où ils font appellés, la robe de drap noirk colet & manches pendantes, parementée & bor-dée de velours de pareille couleur : c’est propre-ment la Robe Consulaire.

Ceux qui sortent de charge rendent leur comptepar-devant le Procureur du Roi du Châtelet.

Le Corps de la Mercerie a fa Confrérie établie en’l’Èglife du Sépulcre, & prend pour Patron S. LouisRoi de France.

Lórfqu’un Marchand Mercier qui a été Gardede son Corps, ou qui l’est encore , vient k dé-céder , les quatre derniers petits Gardes en Char-ge font obligés d’affister en robe a son convoi Stenterrement, Sc. de tenir chacun un des coins du

K k k $ poêle

MERCERIE,

S