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Tome 2.
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4 3 S S MIGL. MIGN.

MIGLIARO, en François Millier. Poids deVenise auquel L’huile se pèse & se vend dans la Ca-pitale Ôz dans les Etats de terre ferrie de cette Ré-publique.

Le millier est composé de 40 mirres,& la mitre de30 livres poids subtil ou leger de Venise, qui estde 34 pour cent plus foible que le poids de Mar-seille , c'est-à-dire , que les cent livres de Marseilleen font 134 du poids subtil de Venise.

ì Le Migliaro susdit fait 176 Gallons de Lon-dres, 5*8 1 Cafíìs de Messine , & 255 stoops de Hol-lande.

f MIGNATURE. C’est une pâture qui se saitordinairement en petit, sur du “lin, qu’on côiesur une planche ou sur du carton bien uni,

Avant que d’apprendre à peindre en Mignature,ìl faut travailler quelque tems a Pencre de la Chi-ne, jusqu’a-ce qu’on faste des pièces bien finies.

L’encre de la Chine est en forme de petit bâton ,qu’on délaye avec de l’eau fur un morceau de fayen-ce , ou fur une plaque d’yvoire bien unie , qu’onlaisse ensuite sécher: Quand on veut s’en servir ,on la prend avec le pinceau comme les autres cou-leurs.

II faut commencer par laver, en faisant de légèrescouches pour les ombres, ôz venir insensiblementaux teintes claires en éclaircissant la couleur. On doitensuite fortifier davantage les ombres, en remplis-sant les vuides, pour les unir ôz les faire perdre ducôté de la lumière.

Lorsque l’ouvrage est avancé par-tout également,& que les ombres ont presque la force qu’eiles doi-vent avoir, il faut adoucir le tout en pointillant lé-gèrement, plus ou moins suivant la force de som-bre j de manière que ces poinís ne parodient pasdes taches, mais qu’ils soient peu sensibles, & quel’arrangement en soit agréable â la vue.

On doit observer qu’il faut traiter ce qu’on faitsuivant sa nature. Les chairs doivent paroitre par-faitement douces & tendres , par un pointillage fin& très peu sensible ; les cheveux par des traits ôzdes points longs suivant leur tournure , en évitantde faire des traits trop noirs & secs. Les draperiesdoivent être peintes suivant leurs qualités & la na-ture des plis , mais elles ne doivent pas être autantadoucies que les chairs.

Ce travail sert comme de fondement k la Migna-ture , parce qu’on apprend a manier le pinceau, &la maniéré de coucher & d’adoucir les couleurs ; 'c’est pourquoi il est nécessaire de s’y perfectionner ;& d’ailleurs il est très aisé d’y parvenir lorsqu’onsait dessiner.

Les couleurs dont on se sert pour peindre enMignature sont : Le carmin, la lacque fine, le ver-millon , la mine de p omb , l’outremer , le bleu deBerlin, les cendres bleues, L’indigo, la pierre de fiel,l’ocre de rue, la gomme gutte , ie massicot, l’ocrejaune, le verd de vessie , le verd de montagne, iebistre , la terre d’ombre, le noir d’yvoire, l’encrede la Chine , & le blanc de plomb. II y en a d’aa-tres, mais on peut se borner a celles-ci, qui sont lesprincipales , parce que par leurs différens mélangeson peut en composer une infinité, comme on rap-prendra par la pratique.

La gomme gutte, le verd de vessie, ie bistre,

& l’encre de la Chine , se détrempent avec de l’eaupure ; les autres avec de l’eau gommée, en obser-vant que Poutremer, les cendres bleues, & le blanc,doivent l’être un peu plus.

Pour faire cette eau gommée il faut infuser dansun verre d’eau une once de gomme d’Arabie & unpeu de sucre candi.

On doit se servir de pinceaux dont le poil soitfin & bien ramassé, & qu’ils ayent une pointe courte.Les meilleurs viennent de Paris.

mignature.

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II faut d’abord commencer par dessiner exactementle íùjet qu’on veut peindre , en traçant légèrementavec du vermillon tous les contours jufqu’aux p{ uspetites parties, & forcer un peu plus les traits quise trouvent dans les endroits qu’on veut ombrer.

Après cela, il faut ébaucher légèrement les chairsavec la même couleur dont on glacera les om-bres , en éclaircissant cette couleur, a mesure qu’onviendra dans les clairs : & fi c’est un coloris de fem-me , la blancheur du velin doit être réservée pourles plus vives lumières.

Ensuite il faut repasser sur cette ébauche avec unmélange de pierre dë fiel & de carmin , & y ajou-ter un peu d’indigo pour les ombres puis avec descendres bleues, glacer légèrement le passage desombres aux teintes claires, en noyant cette couleurbleue de part & d’autre insensiblement.

Après quoi l’on repassera fur les ombres & furles teintes bleues, avec le même mélange de pierrede fiel, de carmin Ôz d’indigo , plus ou moins del’une de cés couleurs, suivant que l’exigera l’en-droit où l’on travaille.

En couchant ces couleurs, il faut s’attacher aadoucir Ôz k faire perdre les ombres insensiblementdans les teintes claires , ensorte que le travail neparoisse pas dur ôz sec, mais tendre ôc moelleux.

II faut encore renforcer les paupières des yeux& les trous des narines , avec le dernier mélangedont on vient de parler ; puis ébaucher légèrementles prunelles avec le même mélange de quelquecouleur qu’elles soient ; si elles sont bleues , il fautpasser par dessus de l’outremer ou de l’indigo, sui-vant qu’elles le seront plus ou moins ; & si elles fontnoires, ajouter un peu de noir au mélange aveclequel on les a ébauchées.

Le cristallin doit être de noir pur, a côté duquelil faut faire un point blanc pour le brillant de laprunelle.

Les sourcils doivent être de la couleur des che-veux.

II faut faire la bouche d’un mélange de carminÔz de pierre de fiel, ôz l’ombrer de carmin mêléd’un peu de bistre.

Avec ce peu de couleurs, on peut faire quelquecoloris de chair que ce soit, par le plus ou le moinsqu’on en fera entrer dans le mélange, qu’un Pein-tre intelligent saura ménager k propos. Mais ondoit prendre garde de ne pas faire ce coloris troprouge , parce qu’il ressembléroit a de la chair écor-chée.

Ii faut faire les cheveux avec un mélange decarmin , de pierre de fiel, d’iudigo & d’un peu denoir, dont on fera une couche unie , fur laquelleon dessinera les boucles avec le même mélange , &on les ombrera en suivant la nature des cheveux;pour relever les endroits éclairés, on y ajoutera unpeu de blanc. Par ce moyen on représentera lesdiverses couleurs des cheveux, selon le plus ou lemoins qu’on en fera entrer dans le mélange , ôz leplus ou te moins de force qu’on leur donnera.

Pour faire les Draperies, il faut commencer pardessiner les plis, en ayant égard au nud qui est des-sous ; ensuite coucher la couleur dont on veut lesfaire , ôz où l’on aura mis un peu de blanc pour lesclairs, mais moins dans les endroits qui ne font passi éclairés ; il n’en entrera point dans les ombres ;mais pour altérer la vivacité de la couleur & luidonner de la force , il faut.y mêler une couleur bru-ne qui lui convienne. Par exemple, si c’est une Dra-perie de carmin ou de vermillon, il faut y ajouterun peu de bistre pour sombrer : si elle est en jaune,on sombrera d’un mélange de pierre de fiel & debistre ; ou si elle est bleue, on y ajoutera un peud’indigo. Mais de quelque couleur qu’elles soient ,on doit de plus faire entrer dans les ombres un peu

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