r;6§ MIGNATURR,
la couleur des corps les plus voisins, sur-íout darlsles tournans & les endroits qui fuient.
II faut éviter d’ombrer trop fortement les plis ,íur-tout ceux qui font du côté de la lumière * par-ce qu’iís feroient paroître les membres rompus.
Il faut encore éviter, autant qu'il est possible, defaire de la même couleur deux draperies qui fe tou-chent , ou li l’on y est obligé, on doit les séparer de.maniéré qu’elles paroissiens distinctes l’une de l’au-tre, soit par ie moyen d’une ombre, soit en faisantla couleur de l'une plus vive 6c plus forte que, cellede l’autre.
Le linge se fait avec un mélange de cendres bleues,de massicot, d’un peu de carmin & de blanc. Aprèsavoir dessiné légèrement les plis avec ee mélange, ilfaut faire une couche de blanc fur les plus vives lu-mières, ensuite orabrér les plis avec le même mélan-ge , en y faisant entrer plus ou moins de blanc,suivant le plus ou le moins de lumière qu’ii fera né-cessaire de leur donner ; en observant que les plis,qui sont les plus éclairés, doivent être un peu bleuâ-tres ; & pour les plus fortes ombres on ajoutera aususdit mélange un peu de bistre.
Mais on doit íur-tout faire attention, que le lin-ge étant blanc, reçoit d’une maniéré plus sensibleque les draperies, la couleur des corps voisins, c’estpourquoi l’on en fera entrer dans les ombres, & auxautres endroits qu’il fera nécessaire. Outre cela, lelinge étant fin, laisse paroitre dans les vives lumiè-res les diverses couleurs des corps qui peuvent êtrederrière lui, fur-tout lors que le linge les touche,comme les chairs ou les draperies; il faut aussi yavoir égard.
II faut s’attacher k distribuer les couleurs de lamaniéré la plus avantageuse; pour cela l'on doit faireles remarques suivantes.
Autant qu’il fera possible, & que le sujet pourral’exiger , il faut mettre les plus belles couleurs ducôté de la lumière , 6c sor le principal sujet de lapièce.
II faut faire attention aux reflets des couleurs *c’est-a-dire , que lorfqu’une couleur est voisine d’u-ne autre , chacune doit participer à Celle qui lui eíl.opposée ; òc lorsque ces deux couleurs fe touchent,il faut les lier par une couleur qui tienne de l’ûne6c de l’autre.
Mais pour que cela fasse un bon effet, il est né-cessaire d’étudier l’accord que les couleurs ont lestines avec les autres, parce qu’il y en a qui font untrès mauvais effet étant mises prés les unes des au-tres , comme le verd 6c le rouge , la terre d’ombre6c le bleu, 6tc. Pour éviter cela , il est un moyentrès aisé ; il n’y a qu’k mêler les deux couleurs ; sice mélange fait une couleur douce 6c agréable , quitienne de l’une 6c de l’autre , c’est une marque qu’el-les fympatifent ; mais si elles fe détruisent en pro-duisant une couleur désagréable, ce sera aussi unemarque qu’elles ne s’accordent point.
II faut encore prendre garde aux couleurs quipeuvent fe mieux fondre l’une dans l’autre par leurmélange, d’avec celles qui ne fe mêlent pas si bien;par exemple, le carmin 6c le bleu de Berlin , étantmêlés fe fondent 6c fe mêlent parfaitement bien ; 6cce mélange produit un beau cramoisi ou un beauviolet, suivant le plus ou le moins de rouge ou debleu ; mais si au lieu du bleu de Berlin, on mêle del’outremer, ces deux couleurs ne se fondront pointl’une dans l’aiitre, mais elles resteront toCijours com-me séparées ; ^expérience rendra ceci sensible , com-me a l’égard des autres couleurs.
On doit encore faire attention k la distribution deía lumière & de i’ombre, qui donne la force 6c le re-lief a ce qu’on peint. Pour la faire d’une manièreavantageuse, il faut observer en général que la lu-mière soit du côté le plus important du sujet , &
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qu’elle eh occupe la plus grande partie, en évitantd’y rien mettre qui puisse íaherer.
II ne faut pas passer tout d’un coup de la lumièrea sombre ; car on doit observer que ces deux ex-trémités doivent être séparées par une demi-teintéqui tienne un milieu.
Dans les groupes de lumière 6c d’ombre, les cou-leurs claires doivent être mises du côté de la lumière,
6c les couleurs obscures du côté de l’ombre.
On doit encore observer , que plus un objet doitparoître éloigné, plus fa couleur doit être ternie 6caffaiblie par le blanc ; 6c comme ie bleu est la cou-leur de sair , on doit en faire entrer dans les objetsqui doivent paroitre éloignés, comme on le remar-que aux montagnes. Ceci regarde particulièrementles paysages , k l’égard defqúels on voit bien que laperspective est tout-a-fait essentielle.
Si son veut peindre des fleurs , il faut les copiesd’après le naturel, pour en bien imiter la couleur.
Pour peindre les blanches, il faut faire une couchede blanc aux endroits les plus éclairés * 6c en mêlerk la couleur dont on fe servira pour les ombrer;tuais pour les autres fleurs, il ne faut point de blanc*afin de conserver toute la vivacité de la couleur quele blanc altéreroit.
A quoi que ce soit qu’on travaille, il faut toûjoursavancer l’ouvrage par-tout également, parce qu’ilfaut avoir égard au raport que les parties ont en-tr’elles.
MIGNONE. Terme d’Imprimerie. C’est un descorps de caractères qu’011 nomme Corps interrom-pus.
O11 range la Mignone entre le petit texte 6c lanomçareille. Voyez Caractère. Voyez, auji Im-primerie.
MIGNONETTË. Sorte de dentelle de fil de linblanc, très fine, très claire 6c très legére, qui fe fa-brique fur l’oreiller avec des fuseaux 6c des épin-,gles , de même que les autres dentelles.
II fe fait des Mignonettes de plusieurs desseins 6shauteurs ; mais les plus hautes ne passent pas demiou trois pouces. Presque toutes celles qui fe voyenCen France fe manufacturent a Louvre en Parisis , aEontenay, a Puisieux, a Morgas, a Gizors,, k SiPierre ès Champs , k Espágny, k Doumesnil, k S.Denis en France, a Monmorency, a Vìllers-le-BeF6cc.
11 s’en fait cependant k Anvers 6c a Bruxelles, /qui sont tout au plus d’un pouce de haut, n’étanípropres qu’k rehausser d’autres dentelles des mêmesqualités & fabriques.
Quoique les Mignonettes fassent une partie dtlnégoce des Marchands Merciers, il est cependantpermis aux Marchandes Lingères d’en faire trafic.
Le s Mignonettes payent en France les droits d entréeÚf de sortie comme dentelles. Voyez Dentelles.
MIGOT. Terme Languedocien emprunté des peu-ples du Rouffiiion, avec néanmoins un peu de dé-guisement.
Les Habitaris de cette dernière Province appel-lent Migeau la plus commune de toutes leurs lai-nes, qui est la tierce des Espagnols ; mais en Lan-guedoc Migot ne marque que le rebut des laines *
6c proprement une laine qui est encore beaucoupau dessous de la troisième. Voyez. Laine d’EspA-
GNE.
MIL. Voyez. Millët.
MILAN , ou PARMESAN, qu’on nomme aussiFromage de Lodi. Voyez. Fromage , oh il ëfl parléde ceux d’Italie.
MILIORATI, òu MÈLIOKAT. Sorte de foiequi fe tire d’Italie; il y a des Miliorati de Bologne6c des Miliorati de Milan ; les Négocians d’Amster-dam en font un assez grand commerce : ceux deBologne fe vendent depuis yi jusqu’à 54. fols de gros
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